Je me souviens… Au pouvoir, citoyens!: Lire pour vivre sa liberté

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Chroniqueur dans ce journal depuis janvier 2009, j’ai eu l’opportunité de vous confier plusieurs choses sur moi, mes idées, mes valeurs et mes buts. Or, peu de monde sait que j’ai un amour envers la littérature, une passion profonde pour le livre en papier. Depuis l’été 2009, je dresse une liste des ouvrages que j’ai l’occasion de digérer avec mes yeux, soit en moyenne un livre par semaine depuis au moins six ans. Voici donc un bref retour sur certaines de mes lectures d’été.

Étudiant en philosophie (deuxième cycle) et complétant l’hiver prochain un second baccalauréat en histoire, mes préférences vont évidemment en premier vers la littérature engagée et les écrits politiques. C’est en ce sens que l’intellectuel et felquiste Pierre Vallières, avec son ouvrage Un Québec impossible (1977), m’a ouvert les yeux encore plus grands sur la nécessité de construire une solidarité québécoise et d’opérer un changement de paradigme de la redistribution des richesses nationales. Quoique vieilli de 40 ans, ce livre est troublant d’actualité considérant que nous sommes toujours embourbés dans une politique-spectacle où les banques ont préséance sur les populations et où le capitalisme ingère l’environnement à notre détriment. Il est urgent de sortir du banditisme économique si nous voulons survivre en tant que peuple et aspirer à l’autodétermination. «Nous avions besoin d’une révolution. Nous nous sommes contentés de mots», dit-il.

Ensuite, c’est grâce au prosyndicaliste et libre-penseur Michel Chartrand que j’ai pu compléter ma réflexion sur les divers enjeux (malheureusement toujours actuels) de la pauvreté. Écrit en 1999 avec Michel Bernard, et publié par les éditions de L’Aut’Journal, ce Manifeste pour un revenu de citoyenneté est toujours pertinent. Récemment, la Finlande annonçait l’instauration d’un tel revenu minimum pour chacun de ses citoyens afin de combler leurs besoins primaires (se nourrir, s’habiller, se loger). Il est primordial de comprendre que la lutte aux inégalités sociales et à l’analphabétisme passe avant tout par le combat contre la pauvreté. La justice sociale ne doit pas être qu’une formule sur un programme électoral mais bien une véritable quête commune pour rétablir le droit social.

Durant mes vacances dans mon coin de pays, dans le Bas-Saint-Laurent, j’ai également eu la chance de rencontrer M. Roméo Bouchard, pilier derrière le projet d’une Assemblée constituante citoyenne du Québec (ACCQ) qui va d’ailleurs se rassembler une première fois à Drummondville le 12-13 septembre prochain. En 2011, j’avais été cofondateur avec lui et plusieurs autres militants d’une coalition de gens qui voulaient faire élire des députés indépendants, non partisans, afin de renouveler notre vision du parlementarisme, ce qui deviendra la Coalition pour la constituante, puis enfin le Parti des Sans Partis.

«Si tu ne t’occupes pas de la politique, c’est la politique qui va s’occuper de toé».

Intitulé Constituer le Québec – pistes de solution pour une véritable démocratie, et préfacé par le fringant Gabriel Nadeau-Dubois, ce petit bijou d’une centaine de pages fait la promotion d’idées géniales pour réformer nos institutions. Abordant des thèmes tels que l’absentéisme électoral, le tirage au sort des élus, la démocratie directe, le principe de proximité et l’économie citoyenne, la mission essentielle de l’auteur est de réformer notre connaissance sur notre pseudodémocratie. Citant en exemple l’Islande, le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie, cet essai nous convainc de l’importance de transformer notre rapport aux médias et aux élus ainsi que l’urgence de réformer la démocratie et restaurer le pouvoir du peuple, seule autorité légitime. «La politique n’est pas une expertise: c’est l’art du bien commun». C’est l’affaire de tous les citoyens de se vouer à la saine gestion et aux fondements de notre régime soi-disant démocratique. Autrement, comme dit le slogan, «si tu ne t’occupes pas de la politique, c’est la politique qui va s’occuper de toé».

En dernier lieu, j’ai eu l’incroyable opportunité de rencontrer l’écrivain Victor Lévy-Beaulieu (VLB). Comme je viens de Cacouna, et qu’il habite à 15 minutes de chez moi, à Trois-Pistoles, je suis allé cogner à sa porte pour obtenir un exemplaire signé de sa dernière brique. Intitulé 666 – Nietzsche, dithyrambe beublique, l’auteur nous plonge dans l’univers impressionnant de mon philosophe préféré, au centre de mon mémoire philosophique sur la musique métal dont la soutenance aura d’ailleurs lieu à l’UQTR au début novembre.

Avec ses 1400 pages (!), VLB nous parle du contexte entourant l’œuvre nietzschéenne (les origines de l’Allemagne, les sources de l’antisémitisme, la réforme de Luther, la relation entre Wagner et Nietzsche, etc.) par l’entremise d’un récit autobiographique saupoudré de vérités fracassantes, de jeux de mots littéraires (comme Morial-Mort) et de secrets personnels entourant sa vie. La franchise et l’amour qui éclairent le lecteur au fil des pages nous poussent à reconsidérer l’héritage d’un de nos écrivains les plus prolifiques.

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Le 12 aout dernier, c’était la deuxième édition de la journée «J’achète un livre québécois». J’en ai profité pour me procurer à la COOPSCO le tout récent ouvrage de Martine Ouellet, ancienne ministre des Ressources naturelles, qui a d’ailleurs reçu mon vote lors de la course à la chefferie du PQ. Intitulé Mieux d’État, et préfacé par l’honorable progressiste Claude Béland, l’ouvrage aborde une idée que je partage sincèrement, que l’État doit retrouver son rôle et protéger le bien commun en assurant des services de qualité, n’en déplaise aux Caquistes, aux Duhaimistes et aux Libertariens de ce monde ainsi qu’à tous ces libéraux partisans de la doctrine austéritaire – loin d’être une mesure de développement économique, au contraire. Et vous, qu’avez-vous acheté?

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