Journée internationale des droits des femmes 

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En ce vendredi 8 mars, nous célébrons les femmes et leurs droits. Plus que tout, nous célébrons la lutte qui ne doit sous aucun prétexte cesser, car comme l’a dit une grande dame «  il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits soient remis en question. »

Bannière de la page Facebook du Collectif 8 mars. Crédits :
Collectif 8 mars. Visuel : Marianne Chevalier et Natalie-Ann Roy. Agence : Belvédère coop.

Une célébration désuète ?

Pour tous les sceptiques ou celleux qui ont tendance à oublier, laissez-moi vous rappeler quelques-unes des raisons pour lesquelles cette journée du 8 mars est toujours d’actualité. Imaginez-vous : toute votre enfance, on vous a appris que le genre opposé l’emporte toujours sur le vôtre. Imaginez, que lorsque vous vous faites embêter à l’adolescence, par le genre opposé, les responsables ne sont pas punis parce que « boys will be boys ». Imaginez que toute l’histoire que l’on vous a enseignée ne s’intéresse qu’aux enjeux (problématiques : dominateurs, coloniaux) du genre opposé. Toute votre histoire à vous a été omise. Pire, volontairement balayé sous le tapis, et ce, des siècles durant.

Imaginez qu’au cours de votre vie, vous ayez 1 chance sur 3 d’être violé. Pensez que dans d’autres endroits du monde, certaines personnes, pour la seule raison qu’elles sont du même genre que le vôtre, se font brûler vives. Imaginez que toutes ces injustices se multiplient si vous faites partie d’une minorité ethnique, êtes en situation de handicap, n’êtes pas hétérosexuel ou cisgenre… Et se démultiplient si vous cumulez plusieurs de ces particularités. Vous n’avez pas besoin d’imaginer. Il n’y a qu’à voir : aujourd’hui encore, c’est notre réalité, à nous les femmes, et minorités visibles.  

Histoire et langage, l’oppression de génération en génération

Est-ce que vous aussi vous avez rétorqué et crié à l’injustice quand, au primaire, votre enseignant.e vous apprenait cette fameuse règle du masculin qui l’emporte sur le féminin ? Si oui, la discussion s’est-elle terminée, par un « oui, mais malheureusement c’est comme ça » ? Cela vous a-t-il laissé un gout amer de « c’est ça, cela a toujours été et ce sera toujours comme ça » ?  Moi oui. Pourtant j’ai récemment appris que cette règle ne date que du XVIIe siècle. L’Académie française avait alors décidé de mettre fin à la règle de l’accord de proximité. Cela pour prouver la supériorité du masculin sur le féminin, de l’homme sur la femme. Finalement, cela ne prouve rien du tout. Mais cela structure notre façon de penser dans un rapport de domination/soumission dès le plus jeune âge. 

Cette règle-là n’a même pas la moitié d’un millénaire. L’humain existe sur terre depuis plus de 2 millions d’années. Pensez un peu à tout ce que l’on ignore. Pensez aussi à la façon dont un regard dominateur et colonisateur a façonné nos différents savoirs, les tournant à son avantage. 

il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits soient remis en question.

Simone de Beauvoir

Les sciences sous le regard des hommes

Par exemple, l’éthologie (l’étude des comportements animaux), aux mains des hommes, a forgé le mythe du mâle alpha. L’archéologie quant à elle, a expliqué la préhistoire de façon à justifier l’attitude des hommes de leur époque. Les hommes chassent, les femmes s’occupent des enfants. Or, de récentes études ont démontré que les humains préhistoriques contrôlaient les natalités. De cette façon, les femmes étaient elles aussi actives. Et non pas passives comme on nous l’a fait croire si longtemps. Toutes ces conceptions ont forgé nos sociétés, nos langages, nos façons de penser… Tout ce que nous acceptons comme étant la norme, mais rien n’est coulé dans le marbre. Les femmes n’ont pas toujours été réduites au rôle de femme au foyer. Et ce n’est pas un « progrès » au sens d’innovant et inédit que les femmes aient du pouvoir dans les sociétés où elles vivent.  

Des victoires et un héritage culturel à portée de main

Toutefois, il ne s’agit pas d’être défaitiste. Aujourd’hui, on célèbre notamment l’entrée du droit à l’avortement dans la constitution française ! Puis, on célèbre toutes les femmes qui pavent la route pour nous depuis des siècles, de nos idoles à celles que l’on ignore encore. On célèbre toutes les autrices qui nous permettent de toucher enfin à notre histoire, à notre héritage culturel. Je pense notamment à Titiou Lecoq et son délicieux Les grandes oubliées, à Lucile Peytavin et son essai Le coût de la virilité. À Christelle Murhula et ses révolutionnaires Amours silenciées. À Murielle Szac qui nous permet enfin de nous retrouver dans les mythes grecs avec Le feuilleton d’Artemis et L’Odyssée des femmes. Mais aussi aux pionnières Vandana Shiva et son mythique Restons vivantes et Angela Davis et son inclusif Femmes, races et classe

Couverture du livre de Titiou Lecoq, 2018. Crédits: Site des libraires

Bref, de nombreuses chercheuses, autrices et artistes se sont battues et luttent encore pour que nous puissions grandir en tant que personne et comme société. Pour que nous puissions savoir d’où l’on vient et comment nous avons résisté. À nous d’en prendre conscience et de partager tout ce savoir qui nous revient enfin. À nous d’être résilients.es pour qu’aucun combat n’ait été vain. Bonne célébration de la journée internationale des droits des femmes ! 

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