Plein potentiel: L’ego, ennemi de la performance?

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francis lapointe plein potentiel chronique
Crédit: Sarah Gardner

Qu’est-ce que l’ego ? Ce terme est tellement rendu utilisé qu’on en oublie parfois sa signification. L’ego consiste en «la représentation et la conscience que tout individu a de lui-même». En d’autres termes, votre ego est la façon dont vous vous percevez; faible ou fort, confiant ou non, bon ou non dans telle ou telle chose, etc. Tout ça fait partie de l’ego.

L’ego est souvent perçu de façon négative, mais il est aussi possible de l’utiliser à bon escient. Tentons d’abord de mieux comprendre les impacts négatifs que peut avoir l’ego avant de sauter au côté positif de celui-ci.

Le mauvais côté

On emploie souvent le mot «ego» en compagnie du terme «surdimensionné». On dit de certaines personnes qu’elles se pensent meilleures que les autres, qu’elles sont arrogantes ou qu’elles sont incapables de prendre la critique. Les gens qui ont un ego surdimensionné s’offusquent et se sentent menacés de tout ce qui ne représente pas leurs opinions, leur vision ou leurs valeurs. Ils ont aussi beaucoup de difficulté à vivre des échecs et à perdre.

Les gens qui ont un ego surdimensionné s’offusquent et se sentent menacés de tout ce qui ne représente pas leur opinion, leur vision ou leurs valeurs.

Dans le domaine de la psychologie sportive, la théorie des buts d’accomplissement explique qu’il est possible d’orienter nos objectifs dans deux directions : vers la tâche ou vers l’ego. Les athlètes qui sont davantage orientés vers l’ego veulent surtout démontrer qu’ils sont meilleurEs que les autres, veulent éviter la défaite et ce sont souvent celleux qui vont «show-off» leurs compétences et vouloir faire un spectacle. Ils vont généralement se comparer aux autres plutôt que de se comparer à eux-mêmes. (1)

Vous l’aurez peut-être compris, mais il ne s’agit généralement pas d’une bonne chose. Plusieurs dangers existent avec ce type d’athlètes : des risques de blessures ou de surentrainement, une tendance à éviter les situations d’échec en se concentrant sur les acquis qu’ils contrôlent, de l’anxiété et de la déprime lorsqu’ils ne performent pas à un bon niveau, etc. Aussi, ce type d’individu sera plus enclin à abandonner la pratique de leur sport.

Une certaine dose d’ego peut aussi être positive dans le sport.

Le bon côté

Une certaine dose d’ego peut aussi être positive dans le sport. L’ego peut faire en sorte qu’on travaille plus fort vers la réalisation de nos objectifs. Prenons en exemple deux coéquipiers qui s’affrontent dans une compétition amicale. L’athlète A pourrait se percevoir comme étant meilleurE que l’athlète B. S’il ou elle perd la confrontation, cela pourrait faire mal à son ego, mais tout dépendra de sa façon de réagir. S’il ou elle est en mesure de percevoir cette défaite comme une source d’apprentissage ou comme une source de motivation à travailler plus, cela ne posera pas de problème. Cependant, si la personne laisse son ego prendre toute la place, elle pourrait être frustrée et demander une revanche immédiate à son adversaire. Sa seule motivation serait alors de battre son adversaire et de reprendre l’avantage dans cette guerre d’ego.

Le fait de vouloir gagner ou battre un adversaire n’est pas nécessairement problématique en soi si tu places ensuite ton énergie pour atteindre un objectif.

Ce que nous apprend la théorie des buts d’accomplissement est que de s’orienter sur la tâche (vouloir s’améliorer et développer ses compétences dans un souci de réalisation de soi) tout en ayant une certaine dose d’ego est idéal. Concrètement, cela pourrait signifier que ton objectif principal est de vouloir devenir le ou la meilleure athlète possible en fonction de ton potentiel. En plus, tu as comme objectif secondaire de battre un certain adversaire qui t’a ridiculiséE lors d’une dernière compétition.

S’il est utilisé à bon escient, cet objectif secondaire pourrait te motiver à travailler plus fort. Il peut t’aider à diriger tes entrainements vers certaines facettes que tu souhaites améliorer pour gagner contre ce dit adversaire. En d’autres mots, le fait de vouloir gagner ou battre un adversaire n’est pas nécessairement problématique en soi. Il devient un moteur si tu places ensuite ton énergie vers les tâches à faire pour atteindre cet objectif.

Utiliser l’ego à son avantage

L’ego devient problématique lorsque tu te crois tellement supérieurE aux autres que tu ne mets pas les efforts nécessaires au travail ou à l’entrainement. Dans ce scénario-là, une défaite sera la pire chose qui pourra t’arriver, car tu seras persuadéE d’être le ou la meilleurE.

L’important est d’utiliser ton ego à ton avantage et de te concentrer sur tes gains en comparaison à toi-même. Une «défaite» peut aussi être perçue comme une petite victoire si tu as amélioré ta performance par rapport à la dernière fois. Pour continuer à t’améliorer et à devenir meilleurE, apprends à maitriser ton ego et à l’utiliser à ton avantage.

Sources

 1. Lochbaum, M., Kazak Çetinkalp, Z., Graham, K. A., Wright, T., & Zazo, R. (2016). Task and ego goal orientations in competitive sport: A quantitative review of the literature from 1989 to 2016. Kinesiology: International journal of fundamental and applied kinesiology48(1), 3-29.

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