La pièce de Michel Tremblay par le TNC : Le vrai monde?

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Photo : Mario Groleau

Le 8 novembre dernier, le Théâtre des Nouveaux Compagnons (TNC) présentait la première de Le vrai monde? Jusqu’au 17 novembre, à raison de sept représentations, la pièce de Michel Tremblay aura été partagée avec émotions.

Dures réalités des années 60

Le vrai monde?, texte écrit par le dramaturge en 1987, expose les réalités familiales des années 60. Adultère, inceste, père absent et dépendance de la femme : ces réalités autrefois bien cachées sont exposées au grand jour et ce, tout au long de la pièce.

La pièce de théâtre raconte l’histoire de Claude, 25 ans, qui rêve de devenir écrivain. À travers la pièce qu’il a écrite, il ranime de vieux souvenirs familiaux. Des scènes bien enfouies, que sa propre famille avait préféré oublier, chose que Claude n’avait pu faire. À travers le personnage de sa mère, Madeleine, il décharge tout le mépris qu’il éprouve à l’endroit de son père pour les souffrances intérieures qu’il a fait vivre à sa famille.

À travers ses personnages, Claude propose une vision des situations telles qu’elles auraient dû être vécues. Dans les textes de son fils, Madeleine, ayant gardé le silence toute sa vie, critique ici son mari. Mariette, «danseuse à gogo», y confronte son père sur le presque viol qu’il a perpétré sur elle. La pièce de Claude se termine exactement comme leur réalité : le père nie et refuse de porter le fardeau de sa culpabilité.

Durant Le vrai monde?, la pièce du personnage Claude, nommée du même titre, est jouée en alternance avec la réalité de la famille. À cet effet, la scène était scindée en deux au moyen d’un miroir. On y retrouvait donc deux scènes partiellement identiques et chaque personnages étaient joués par deux comédiens : l’un pour la pièce de Claude et l’autre pour la réalité.

Les comédiens, dévoués

Pendant toute la durée de la pièce, soit près de deux heures sans intermission, les comédiens ont su toucher le public en rendant avec émotion cette pièce typiquement québécoise. La salle, presque comble, comportait un public de tous âges. Le public a su rire au franc-parler des comédiens dans leurs dialogues parsemés de jurons québécois.

Adultère, inceste, père absent et dépendance de la femme : ces réalités autrefois bien cachées sont exposées au grand jour et ce, tout au long de la pièce.

Pour les comédiens Claude Rioux et Colombe Déziel, qui jouent ensemble depuis des années, la première constitue la récompense de tous leurs efforts. Près de trois mois, soit d’août à octobre, se sont écoulés pour la préparation du grand soir. «C’est toujours plaisant de voir la perception des gens», raconte Claude Rioux, qui jouait le rôle du «vrai père». Ces comédiens, nourris par la passion, ne peuvent qu’être gratifiés de toucher à ce point le public.

Un public reconnaissant

Le moment émouvant de la soirée a été lorsque cette dame, âgée de 65 ans, est venue remercier les comédiens à la toute fin de la pièce. La dame avait ri aux éclats toute la soirée, parce que c’était son histoire. Elle avait vécu ce que Madeleine vivait : être «un oiseau en cage» à cause d’une dépendance affective la rendant vulnérable. Heureusement, aujourd’hui, elle est de nouveau un oiseau libre.

Oui, c’est réellement du vrai monde qu’on retrouve dans la pièce de Michel Tremblay…

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