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La plume de travers : Brassens, le pornographe sentimental

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La plume de travers : Brassens, le pornographe sentimental
Étienne Gélinas : La plume de travers. Crédit : Sarah Gardner.
Étienne Gélinas : La plume de travers. Crédit : Sarah Gardner.

Encore une fois cette semaine, je me fais plaisir avec ma chronique littéraire. En effet j’ose à nouveau sortir de la littérature traditionnelle pour vous parler d’un chansonnier qui m’est cher. Je traiterai de Georges Brassens, un chansonnier français qui n’a rien à envier aux plus grands poètes de langue française. Mettez de côté vos soucis, ouvrez grand les oreilles et préparez-vous à une bonne dose d’humour irrévérencieux, d’esprit brillant et de romance à l’ancienne. 

Georges Brassens et sa fidèle guitare. Crédit : L’Express.

Le jeune bachelier

Georges Brassens est né le 22 octobre 1921 à Sète, dans le sud de la France. Loin d’être un élève studieux, Brassens est plutôt décrit comme un rêveur en classe. C’est la découverte des poètes français et du jazz américain qui lui donneront le goût de la musique et de l’écriture. En effet, il semble qu’il avait toujours sur lui un petit cahier et qu’il y griffonnait sans cesse.

Non seulement Brassens n’était pas bon élève, mais l’on ne peut pas dire qu’il était non plus bon citoyen. Ii aimait faire les « quatre cents coups » avec sa bande de copains, et, adolescent, il commença même à commettre de petits larcins. Après avoir été amené au poste pour vol, et évitant une peine de prison avec sursis, il décide de quitter pour Paris, sa réputation sètoise étant ternie. Alors, débuta une longue aventure qui l’amena de cabaret en cabaret, jusqu’aux plus grands succès populaires.

L’humour polisson

Georges Brassens. Crédit : L’internaute.

C’est d’abord par son humour que Brassens nous séduit. Mais j’ose croire que celui-ci aurait bien du mal à être accepté aujourd’hui. En effet, pensons à une chanson comme Le Gorille où un macaque s’en prend à un juge. L’affaire réside dans le fait que le gorille doit choisir entrer violer la centenaire ou le juge. Et Brassens commente que le gorille fait un bien mauvais choix en ne choisissant pas la vieille. Mais les propos de Brassens ne sont pas gratuits. En effet, il teinte sans cesse ses chanson d’un mépris pour les pouvoirs en place, s’affirmant bien souvent lui-même comme un anarchiste de la chanson

« tous les samedis j’vais à confesse / m’accuser d’avoir parlé d’fesses / et j’promets ferme au marabout / de les mettre tabou… / mais craignant, si je n’en parle plus, / d’finir à l’armée du salut, / je remets bientôt sur le tapis / les fesses impies. » – Georges brassens, le pornographe, disque 5

Cet humour refait surface lorsque Brassens traite des problèmes directement liés à sa célébrité. Il pointe et s’amuse du fait d’être considéré comme un déviant, un corrupteur des mœurs ou un anti-chrétien. Dans le Trompettes de la renommée, il se demande s’il devra dévoiler tous ses « petits secrets » intimes pour pouvoir être accepté de son public. Pourtant, Brassens aura été l’amoureux fidèle d’une seule femme durant toute sa vie. Mais les médias en ont fait un tombeur boulimique, à causes de ses chanson grivoises traitant plus souvent qu’autrement de femmes et de relations déchues. Il décida de prendre cette réputation à bras le corps avec sa chanson Le Pornographe, où il se moque lui-même de cet aura immérité.

Crédit : Le Parisien.

Un amoureux d’abord et avant tout

Certes, Brassens est surtout connu pour ses chanson lancées comme des flèches à ces dames. Pensons à Putain de toi, Lèche-cocu ou Misogynie à part. Mais pourtant, Brassens a sur écrire ce qu’il nous reste des plus belles chansons d’amour de langue française. Dans La non-demande en mariage, Brassens s’adresses à douce en lui disant que leur amour n’a pas besoin de procédures légales pour subsister. En effet, il souhaite conserver cet amour jeune et frais, et remarquant la longévité du couple, il semblerait que Brassens ait raison.

Également, dans Saturne, le chanteur se met à la place du dieu du temps. Il parle des amours perdus pas lassitude et par habitude. Mais il affirme que rien ne saurait le séparer de sa mie, qui est sans cesses plus belle à ses yeux et dont la flamme ne s’affaiblit pas avec le temps.

« C’est pas vilain, les fleurs d’automne, / et tous les poètes l’ont dit. / Je te regarde et je te donne / mon billet qu’ils n’ont pas menti. » – Georges Brassens, saturne, Disque 8.

Anarchiste engagé : retour aux premières flammes

Crédit : Studio Harcourt.

Brassens est également connu pour ses prises de position politiques. En effet, il ne cachait pas son anarchisme et son dédain pour les autorités en place, quelles qu’elles soient. Dans ce registre, sa pièce la plus remarquable est sans conteste Mourir pour des idées. Il dit en effet, « Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente. » Brassens, était un amoureux de la vie, un homme libre et libertaire qui ne souhaitait mourir au nom d’aucune idéologie.

 

 

 

« Et quand, prenant ma butte en guise d’oreiller, / une ondine viendra gentiment sommeiller / Avec moins que rien de costume, / j’en demande pardon par avance à jésus, / si l’ombre de ma croix s’y couche un peu dessus / pour un petit bonheur posthume. » – Georges brassens, supplique pour être enterré sur la plage de sète, disque 9.

Le fin mot de sa carrière sera son Supplique pour être enterré sur la plage de Sète. D’abord, il faut savoir qu’à Sète, il existe deux cimetières : le cimetière des marins, celui des riches, surplombant la ville, mais aussi le cimetière commun, en retrait, celui pour le peuple. Ne voulant pas s’inscrire dans cette dichotomie, voulant simplement retourner à la nature, Brassens voulait être enterré à même le sable de sa ville natale. Pourtant, il sera finalement enterré au cimetière commun en 1981. Il semble que même ce chansonnier anarchiste n’aura pas su échapper au sort réservé à sa classe.

 

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