La p’tite vite: La pornographie et ses nuances de gris

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La p'tite vite!Avec le scandale entourant le site web de vidéos pornographiques Pornhub, je ne pouvais pas passer à côté de ce sujet, puisque l’utilisation de la pornographie est maintenant chose courante dans notre société. Existe-t-il encore des personnes n’ayant jamais utilisé de la pornographie, même pas une seule et unique fois, par simple curiosité? Si tel est le cas, qu’on me jette la première pierre.

En plus de tout cela, je m’intéresse à ce sujet pour mon travail de recherche de fin de baccalauréat en psychologie, tout comme pour mon mémoire à la maitrise en sexologie. Plus précisément, je m’intéresse à savoir de quelle(s) façon(s) la pornographie affecte la sexualité dans le couple, car le contraire serait très surprenant.

La pornographie, c’est quoi?

En recherche, le concept de «pornographie» est très polarisé et la communauté scientifique n’utilise pas toute la même définition pour l’évaluer. Pour cette chronique, la définition du logiciel Antidote sera utilisée puisqu’elle va à l’essentiel. Celle-ci définit la pornographie comme un «ensemble de produits commerciaux consistant en des représentations d’ordre sexuel et conçus spécialement pour exciter sexuellement les consommateurs». Cette définition inclut par extension ce qui peut se retrouver dans les œuvres littéraires, artistiques ou cinématographiques.

Existe-t-il encore des personnes n’ayant jamais utilisé de la pornographie? Si tel est le cas, qu’on me jette la première pierre.

De ce fait, nous considérons souvent seulement les vidéos ou les photos à caractère sexuel comme de la pornographie, puisque ceux-ci sont les médias les plus utilisés. Néanmoins, nous pouvons aussi prendre en compte tout autre type de média qui dépeint des actes sexuels ou des personnes nues, comme les livres érotiques, et même les livres audio érotiques, car ils existent et sont également utilisés aux mêmes fins que les vidéos ou photos, soit d’exciter sexuellement la personne l’utilisant.

Imaginaire sexuel, fantasmes et pornographie

Même s’il est vrai que la pornographie peut amener du positif, comme de découvrir de nouvelles idées à expérimenter, celle-ci peut également amener des aspects plus négatifs. En effet, la pornographie, surtout les vidéos, ne laissent peu ou pas de place à l’imaginaire de la personne. Ainsi, l’accent est mis sur le visuel, souvent très intense, au détriment des sensations du corps. Il n’est donc pas rare que les personnes regardant de la pornographie pour se masturber disent atteindre l’orgasme beaucoup plus rapidement de cette façon, sans vraiment avoir senti la montée de l’excitation. Cela devient donc pour certaines personnes une façon de décharger.

Il est donc préférable de varier les sources d’excitation sexuelle et les façons dont on se masturbe. En effet, avoir des relations sexuelles avec un partenaire demande de la flexibilité, puisque tout ne sera pas parfaitement calculé, comparativement à lorsque nous sommes seul.e.s avec nous-mêmes et en contrôle de tout. Ainsi, il vaut mieux ne pas toujours se masturber en utilisant de la pornographie, car les sensations ressenties avec son partenaire ne seront jamais vraiment les mêmes. C’est pour cette raison que travailler son imaginaire sexuel, donc d’être seul avec ses pensées et ses fantasmes, aide énormément à atteindre cette flexibilité.

Il n’est donc pas rare que les personnes regardant de la pornographie pour se masturber disent atteindre l’orgasme beaucoup plus rapidement.

Et les livres érotiques?

Personnellement, je crois que d’utiliser de la littérature érotique, de même que des livres audio érotiques, est un juste milieu entre des vidéos pornographiques très intenses et l’imaginaire sexuel. En effet, la lecture ou l’écoute d’une histoire n’est souvent pas aussi rapide qu’une vidéo, faisant en sorte que la montée de l’excitation peut se faire plus lentement. Aussi, le fait de lire ou d’écouter une histoire est en soi une production d’images mentales. De cette façon, cela pourrait être un «coup de pouce» pour augmenter son imaginaire sexuel et être à l’aise plus tard pour s’exciter uniquement avec ses pensées.

En conclusion, je crois que les personnes utilisant occasionnellement ou régulièrement des sites contenant des vidéos et des photos pornographiques doivent prendre conscience de l’importance d’entretenir leur imaginaire sexuel, surtout s’ils veulent avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes. Ce n’est pas mauvais en soi d’utiliser de la pornographie, mais le faire constamment et que cela devienne un «besoin» pour se masturber peut amener une désensibilisation à ce qui est «moins stimulant». Il est donc important de varier ses pratiques pour avoir un imaginaire sexuel plus flexible et enrichi.

[Lire ou écouter des livres érotiques] pourrait être un «coup de pouce» pour augmenter son imaginaire sexuel.

Sinon, mon projet de recherche de fin de baccalauréat porte sur les différents types de médias pornographiques et leurs associations avec la satisfaction sexuelle et conjugale des couples. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à m’écrire (elsa.villeneuve@uqtr.ca) et je pourrai vous donner plus d’informations. Il y aura aussi la journée scientifique du Département de psychologie de l’UQTR, où je vais y présenter ce projet à l’aide d’une affiche scientifique, si jamais cela vous intéresse également.

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