La p’tite vite: Le sexe masculin et ses mythes

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La p'tite vite!
Crédit: Sarah Gardner

Récemment, Charles d’Occupation double a fait une vidéo pour démentir des mythes sur le pénis, d’une manière assez maladroite. Cependant, je crois qu’il avait une intention noble, qui a été malencontreusement déviée et oubliée. Ainsi, je souhaite réitérer sur le fait qu’effectivement, beaucoup de mythes circulent sur la sexualité, peu importe le sexe.

Même s’il est vrai que la sexualité des hommes est souvent mise de l’avant dans notre société (dans les vidéos pornographiques par exemple), cela ne veut pas dire que tout est parfait de leur côté. Puisque j’ai déjà écrit une chronique sur le clitoris et le plaisir au féminin, j’ai décidé d’aller voir de l’autre côté. Voici donc certains mythes très tenaces qui ne tiennent pas la route, sur le sexe masculin plus particulièrement.

Connaitre sa taille… sans le mesurer

Même si cela fait fantasmer plusieurs personnes, aucune étude scientifique n’a démontré un lien causal entre la grandeur de quoique ce soit de l’anatomie (les mains, les pieds, l’avant-bras, etc.) et la longueur du pénis. Certaines études ont trouvé certaines corrélations, comme une étude coréenne publiée en 2011, qui a trouvé une corrélation entre la taille des doigts et celle du pénis sur un échantillon de 144 hommes. En effet, si l’index est plus court que l’annulaire, cela sera associé au fait d’avoir un pénis plus grand. Cela n’est cependant que corrélationnel et ne stipule pas une cause à effet pour chaque personne. La meilleure manière de connaitre la longueur du pénis sans se tromper restera toujours de le mesurer directement, aussi simple et banal que cela puisse paraitre.

Cette importance accordée à la taille est probablement due à la pornographie.

Oui mais, est-ce qu’il est trop petit?

La taille du pénis est également un sujet très sensible chez plusieurs personnes. Cette importance accordée à la taille est probablement due au fait que la pornographie nous renvoie une image d’homme avec des «engins» qui sont souvent plus gros que la moyenne, pouvant amener des attentes irréalistes quant à la taille. Pour votre information, selon des nomogrammes basés sur 17 études et 15 500 hommes, des chercheurs du King’s College de Londres ont déterminé que la taille moyenne du pénis en érection est de 13,12 cm, avec des extrêmes allant de 4,8 cm à 21,2 cm.

Fait intéressant, une étude réalisée sur 52 031 hommes et femmes hétérosexuelLEs en 2006 révèle que 85 % des femmes sont satisfaites de la taille du pénis de leur partenaire, alors que l’homme est satisfait de sa taille à seulement 55 %. Comme quoi les personnes de sexe masculin sont peut-être trop dures envers elles-mêmes!

L’érection a le dos large

Dans notre société où le pénis en érection est un symbole de la sexualité, il peut être difficile de séparer érection, désir et consentement. Il est vrai qu’en général, l’érection peut être associée au désir sexuel. En revanche, cela ne fait pas gage de consentement, loin de là.

[L’érection] n’est pas un consentement ou une manière de dire qu’une relation sexuelle est souhaitée.

Il peut être assez contre-intuitif de penser qu’une personne ayant une érection ne peut pas se faire agresser sexuellement. En effet, il est facile de se dire que le fait de maintenir une érection et même d’éjaculer ne se peut pas dans un contexte d’agression sexuelle, puisque si la personne n’a pas de désir, elle n’aura pas d’érection et cela règle le problème. Ainsi, on pourrait même dire qu’il est plus «difficile» de forcer une érection, voire impossible.

Cependant, cette manière de penser est dangereuse. En effet, tout comme la lubrification du vagin, l’érection et l’éjaculation sont des réponses physiologiques et mécaniques qui peuvent survenir d’une manière tout aussi inusitée, d’autant plus en situation de stress. Dans un autre contexte, l’érection matinale n’est pas nécessairement un signal pour aller plus loin. Ainsi, ce n’est pas un consentement ou une manière de dire qu’une relation sexuelle est souhaitée. En cas de doute, il est préférable de demander verbalement et de ne pas supposer que l’érection signifie un consentement de la personne. Aussi, toute cette méconnaissance sur l’érection peut freiner les dénonciations des victimes de sexe masculin, puisque la peur du ridicule peut prendre le dessus, considérant ce mythe très répandu.

Il est important d’en parler, peu importe si l’on parle des organes génitaux féminins ou masculins.

Pour terminer, il est possible de constater que les mythes sur le sexe masculin ne sont pas anodins… Certains peuvent venir influencer beaucoup d’aspects, comme l’estime de soi, l’incompréhension, et même banaliser la détresse que certaines personnes peuvent vivre à la suite d’attouchements non souhaités.

Il est donc important d’en parler et de démystifier la réalité du faux, peu importe si l’on parle des organes génitaux féminins ou masculins. En effet, tout le monde bénéficierait de vraies conversations sur la sexualité, puisque les multiples stéréotypes n’aident personne. Nous avons tous et toutes une sexualité, mais presque personne n’ose en parler. Ça serait le temps que ça change.

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