La p’tite vite : La diversité corporelle à Occupation double

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La p'tite vite!
Crédit image: Sarah Gardner

Ce n’est pas la première fois (et fort probablement pas la dernière) qu’Occupation double m’inspire un sujet de chronique, puisque j’ai toujours trouvé que cette émission nous renvoie, comme un miroir, nos problèmes de société.

Si vous suivez moindrement l’émission, vous savez probablement qu’il y a une candidate «atypique» par rapport aux autres. En effet, Julie est une fille dynamique, énergique et vraiment attachante. Cependant, puisqu’elle ne correspond pas aux standards de minceur, elle se sent rejetée par les candidats masculins. Et pourtant, ce sont les premiers à dire à quel point elle est «belle à sa façon».

C’est à un point tel que la production de l’émission a permis à Julie de s’exprimer sur la diversité corporelle dans une lettre envoyée au journal La Presse, même si elle n’a pas encore été éliminée (pour nous du moins, puisque le tournage est fait trois semaines à l’avance de la diffusion).

Tout le monde adore Julie, mais… il y a quelque chose qui persiste. Elle écrit dans sa lettre: «Je me suis inscrite à Occupation double pour passer un message clair: voyez plus loin que le physique, esti

Malheureusement, on ne peut pas trop en vouloir aux candidats masculins de faire de même. Nous avons été élevéEs dans un monde qui nous rend moins ouverts et ouvertes aux différences, peu importe lesquelles.

Voir le poids comme étant un comportement contrôlable est dommageable, puisque cela va bien au-delà que du simple déséquilibre énergétique.

Grosso-quoi?

Selon l’Office québécois de la langue française, la grossophobie est un «ensemble de comportements individuels ou collectifs visant à discriminer les personnes dont le poids est supérieur à la moyenne, et/ou à les dénigrer, à les humilier ou à les culpabiliser». On peut penser par exemple aux multiples préjugés du fait que ces personnes ne font pas de sport, mangent mal ou sont «paresseuses».

Pourtant, selon plusieurs études, il est estimé qu’entre 25% à 40% de la variation de poids est reliée à la génétique, ce qui est quelque chose sur lequel nous n’avons aucun contrôle. De plus, l’environnement dans lequel on vit a aussi une influence considérable, tout comme notre personnalité. Ainsi, voir le poids comme étant un comportement contrôlable est dommageable, puisque cela va bien au-delà que du simple déséquilibre énergétique (plus d’énergie consommée que dépensée). Enfin, un surplus de poids ne veut pas nécessairement dire ne pas être en santé.

De ce fait, les personnes ayant un surplus de poids doivent faire face à beaucoup de préjugés, ce qui peut affecter plusieurs sphères de leur vie. Plusieurs études scientifiques ont trouvé que cela pouvait amener une diminution de l’estime de soi et de la qualité de vie, ainsi que du découragement, des signes de dépression et d’anxiété.

Même si la beauté correspond à des préférences personnelles, celles-ci sont quand même influencées par ce qui nous entoure et nos apprentissages.

Le modèle parfait irréaliste

Il est facile d’oublier que la beauté est un construit social. En effet, même si elle correspond à des préférences personnelles, celles-ci sont quand même influencées par ce qui nous entoure et nos apprentissages. Dans ce sens, c’était prévisible que l’aventure soit difficile pour Julie…

Andrée-Ann Dufour, nutritionniste de formation et cheffe de projets chez ÉquiLibre, explique en complément à la lettre de Julie: «De nombreux préjugés à l’égard du poids sont encore socialement acceptés. Une personne mince part dans la société avec une certaine longueur d’avance, car on associe beaucoup la minceur avec le succès, la séduction». C’est donc assez difficile pour une personne ayant un surplus de poids de faire sa place dans un monde comme celui-ci.

Aussi, même si cette chronique parle principalement du poids, il y a encore de la pression reliée à d’autres idéaux de beauté (par exemple pour les femmes: ne pas être trop petite ni trop grande, avoir une morphologie de type sablier, avoir de gros seins et grosses fesses, etc.) Cependant, il est assez difficile, sinon impossible, d’atteindre ces standards, puisque nous n’avons pas un contrôle absolu sur notre corps, même si les chirurgies esthétiques existent. En effet, à part Julie, toutEs les candidatEs rentrent dans ces idéaux à atteindre, alors qu’ils et elles représentent une infime minorité de la population québécoise.

Occupation double commence à montrer de la diversité corporelle, mais où sont ces hommes? J’attends toujours de voir notre société la prôner, peu importe le genre.

Et les hommes?

Même si l’on pense que les standards de beauté affectent majoritairement les femmes, les hommes sont également touchés par cette pression de la beauté. En effet, Andrée-Ann Dufour explique qu’ils vivent également de l’insatisfaction corporelle, puisqu’ils ont des modèles à suivre d’hommes virils grands et musclés. Qui n’a jamais entendu une fille dire qu’elle s’intéresse seulement aux hommes de six pieds et plus? Occupation double commence à montrer de la diversité corporelle, mais où sont ces hommes? J’attends toujours de voir notre société la prôner, peu importe le genre.

Ainsi, il devient important de parler de ces représentations irréalistes dans nos médias, et de susciter discussions et réflexions. Peut-être qu’en comprenant davantage d’où nos préjugés viennent, notre perception de la beauté pourra s’améliorer pour le mieux.

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