La p’tite vite: Pornographie, femme et érotisme!

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Marie-Lou Denis. Photo: David Ferron
Marie-Lou Denis. Photo: David Ferron

La bretelle du soutien-gorge tombe délicatement de son épaule, les pinces de la jarretelle paraissent au milieu de sa cuisse, tandis que la lisière de dentelle de son mi-bas se laisse voir à travers les textures de sa robe… L’imagination se met en action et ainsi le désir est provoqué. 

La pudeur de l’être féminin

Pendant plusieurs décennies, les femmes ne pouvaient pas parler ouvertement de leur corps, de leur sensualité et de leur sexualité. Pourtant, on peut s’attendre à ce qu’elles eussent un désir bien présent.  Celles qui n’arrivaient pas à se contenir étaient considérées comme immorales et impudiques. Selon les écrits de Sylvie Massé et Anne Peyrousse dans l’article «L’érotisme au féminin, écrire l’impudeur»,, la pression culturelle d’autrefois aurait imprégné la femme d’une image d’honnête décence qui influencerait encore son épanouissement sexuel.

La sexologue et psychanalyste Catherine Blanc confirme ces faits et mentionne qu’il n’est pas étonnant que certaines femmes soient si empressées de taire leur appétit sexuel, par crainte des regards dévalorisants qui pourraient leur être portés. Apparemment, rares sont les femmes d’aujourd’hui qui osent aborder ouvertement les sujets qui tournent autour de la sexualité, dont la masturbation et les autres pratiques sexuelles.

De ce fait, de nombreuses femmes se retrouvent coincées dans une société où l’ouverture à la sexualité est de plus en plus présente et une image féminine un peu controversée.

L’idéal amoureux et l’idéal érotique se confondent dans les rêveries et les fantasmes.

Inégalité entre les sexes

Contrairement aux femmes, les hommes ont presque toujours parlé allègrement de sexualité sans gêne ni sanction, et ce, peu importe les propos utilisés.  Catherine Blanc conceptualise par «“je bande donc je suis!’’» la vision que les hommes ont généralement de leur sexualité. Effectivement, dans la pensée populaire, le genre masculin est caractérisé par un besoin plus pressant de sexualité que le genre féminin…

L’une des raisons abordées par la professionnelle pour expliquer ces croyances serait de nature physiologique. En effet, les hommes témoignent de leur excitation par l’érection et l’éjaculation, c’est visible et reconnaissable par tous, donc pourquoi ne pas en parler? Pour ce qui est de l’excitation des femmes, cela se passe intérieurement et au niveau du bas-ventre. C’est discret et presque invisible, on n’en parle que très peu.

Pourtant, les femmes ressentent pour la plupart les mêmes besoins que les hommes. La différence est que les désirs ne sont pas toujours exprimés de la même manière par les deux sexes…

Séparer la pornographie de l’érotisme

De prime abord, la pornographie s’adressait principalement aux hommes, était faite par des hommes pour des hommes, créant ainsi une lacune auprès des femmes. Une enquête réalisée en 2012 par l’IFOP, pour le producteur français de films X Marc Dorcel, révélerait que 18% des femmes visionnaient de la pornographie, contre 63% des hommes. Parmi les femmes interrogées, deux sur trois (72%) jugent la porno «très dégradante» pour l’image de la femme. Le genre féminin ne démontre pas avoir autant d’intérêt pour la conception pornographique. Dans ces mises en scènes, la sexualité met l’accent sur la génitalité et omet les notions d’amour, tendresse et affection visant une clientèle plus féminine.

Deux femmes sur trois (72%) jugent la porno «très dégradante» pour l’image de la femme.

Les femmes sembleraient vouloir davantage de sensualité et de réalisme. En effet, 35% d’entre elles préfèrent voir des scènes ressemblant à ce qui pourrait se passer dans leur propre chambre, et 40% choisissent des scènes où les acteurs ont des physiques d’aspect naturel.

L’image que souhaite projeter une femme n’est certainement pas celle d’une soumise au corps de rêve qui répond au désir de son (sa) partenaire sans se poser de question! Un peu de considération, tout de même!

Ce ne sont là que des concepts généraux, mais le principe est similaire en ce qui concerne la diversité de genre et les couples homosexuels. Rien n’est coulé dans le béton! La sensualité et la sexualité vont de pair!

L’érotisme

Presque tout le monde a déjà rêvé d’une histoire d’amour comme celle que l’on voit dans les contes.  L’amour physique, sensuel, intense et romantique.

L’érotisme possède d’innombrables aspects qui tend à faire rêver les demoiselles. Prenons par exemple la grande popularité de la trilogie Cinquante nuances de Grey de E. L James. Selon son éditeur JC Lattès, 125 millions d’exemplaires (en date d’août 2015) ont été vendus à travers le monde, et 80% du public était constitué de femmes. Il y a quelque chose dans cette façon de présenter l’acte sexuel dans un contexte émotionnel qui atteint principalement les femmes.

L’idéal amoureux et l’idéal érotique se confondent dans les rêveries et les fantasmes. Le plaisir n’est pas principalement l’objectif, mais le désir et l’intensité deviennent des priorités. L’intensité du désir dans l’érotisme!

Les émotions entremêlées qui nouent l’estomac semblent être recherchées par ceux et celles qui désirent du romantisme torride. Se sentir désiré dans son entièreté, les sens s’aiguisent et le sensoriel est aussi sensuel! L’érotisme suggère le charme envoûtant de l’acte sexuel dans toute sa sensualité. Ce n’est pas seulement question d’accessoires et de lingerie, c’est aussi les attitudes, les sens, la créativité, la dominance et encore tout ce qui éveille le désir…. La combinaison de l’imaginaire et des suggestions implicites!

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