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La zone grise: Big Brother Célébrités et les causes sociales

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La zone grise: Big Brother Célébrités et les causes sociales

métavers, zone grise, bock-côtéDimanche dernier, jour de Pâques, était diffusé le dernier épisode de la deuxième saison de la téléréalité québécoise Big Brother Célébrités.

Diffusée sur les ondes de Noovo, cette dernière saison a mis en scène, encore une fois, un assemblage hétéroclite d’individus; composé de quelques célébrités et de plusieurs pseudo-célébrités que le public connaissait à peine, la distribution était somme toute suffisamment variée pour intéresser ceux et celles qui se cherchaient quelque chose à se mettre sous la dent à l’heure du souper.

Lors du dernier confessionnal, après avoir élu Stéphanie Harvey grande gagnante de la saison, les « célébrités » se sont retrouvéEs dans la maison de Big Brother pour discuter des moments croustillants et pour mettre certaines choses au clair. À travers les mensonges, les trahisons et autres frivolités, ce dernier épisode a aussi mis en évidence ce qui unit la réalité à l’intérieur de la maison BBC et celle vécue à l’extérieur.

Les volontés féministes et la tentation masculine

Bien qu’ils et elles soient isoléEs, il reste que les participantEs de l’émission forment une réplique miniature de la société dans laquelle nous évoluons. Autrement dit, même s’il s’agit avant tout d’une émission de télévision, il serait faux de penser que tout ce qui y est présenté est idéal, voire souhaitable. Ainsi, j’ai été déçue, mais pas surprise, de voir la façon dont certaines candidates interagissaient entre elles. J’avoue avoir été touchée par les larmes de Tranna, la seule candidate transgenre de l’histoire de l’émission, lors de cet ultime épisode.

« Je suis extrêmement [influencée] par les gars forts qui me disent quoi faire » – Éléonore lagacé

Tandis que la saison a permis à de nombreuses alliances d’être créées, il y avait toujours une division sous-entendue entre les hommes et les femmes, division entretenue par les femmes qui désiraient faire briller le « girl power ». Ainsi, les participantes s’étaient promis de s’aider et de tout faire pour que ce soit une femme qui gagne. Chose qu’elles ont réussie. Or, malgré toutes ces belles volontés féministes, les participantes ont souvent tourné le dos à leurs consoeurs afin de s’allier à des joueurs plus forts.

Ce phénomène s’est répété semaine après semaine lorsqu’Éléonore, plutôt que de faire une action stratégique pour développer une nouvelle alliance avec Tranna, continuait de jouer en fonction des décisions prises par les mâles de la maison. C’est ainsi que, lors du dernier confessionnal, lorsque Tranna discute avec Éléonore de ses mensonges répétés et de son incapacité de jouer sans écouter les joueurs masculins, cette dernière avoue qu’elle se laisse trop souvent influencer par « les gars forts qui me disent quoi faire ».

Le racisme, l’âgisme et autres formes de discrimination

Malgré leurs belles paroles d’inclusivité, plusieurs des candidatEs posaient des actions qui laissaient supposer qu’ils et elles avaient tout de même certains biais. Par exemple, dès la première semaine, Seb du groupe Les Respectables a été évincé. Il ne semblait pas y avoir de motif particulier derrière cette éviction, sauf peut-être le fait que celui-ci ne cadrait pas bien avec le reste des candidatEs en raison de son âge.

À mon avis, le moment le plus choquant de la saison est l’éviction de Karl. En effet, si Karl, l’un des deux seuls candidats noirs a été évincé, c’est parce qu’il était trop menaçant pour les autres. Cependant, c’était de très mauvais goût de l’éliminer après que celui-ci ait choisi de jouer pour remplacer Stéphanie, alors atteinte de la Covid-19. Pourquoi ne pas l’avoir intégré à une alliance s’il était aussi bon?

Je ne dirais pas que les candidatEs de la saison ont fait preuve de racisme ou d’âgisme, mais dès qu’ils et elles en avaient l’opportunité, ils et elles suivaient toujours la volonté des hommes blancs d’âge moyen. Je pense qu’il aurait été possible de jouer de façon à montrer que l’inclusivité n’est pas qu’un joli mot, mais plutôt une volonté réelle de faire changer les choses.

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