La zone grise: L’intolérance face aux personnes non-vaccinées

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La zone grise, c’est le nouvel éditorial de Laura Lafrance, journaliste vétérante du Zone Campus. Chaque semaine, elle traitera de sujet plus abrasif les uns que les autres… tout en nuance!

La semaine dernière, en surfant sur le web, je suis tombée sur un article du Toronto Star qui traitait des personnes non-vaccinées. Même si, comme la plupart des gens, je suis plus que tannée d’entendre parler de la pandémie et de tout ce qui y est relié, j’ai tout de même cliqué sur le texte en question.

J’ai été un peu ébranlée en lisant les premières lignes où la journaliste partage des tweets émis par des internautes à ce sujet. L’un de ces tweets, d’une violence sans nom, dit que « Je n’ai plus d’empathie pour les personnes volontairement non-vaccinées. Laissons-les mourir » [traduction libre]. Si de tels propos avaient été publiés il y a deux ou trois ans, cela n’aurait aucunement été acceptable. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui?

À go, on se défoule!

Comprenez-moi bien, ce phénomène n’est pas uniquement réservé à la twittosphère; il est possible de lire des commentaires de ce genre un peu partout sur les médias sociaux. Je comprends que les gens aient hâte que l’on revienne à une vie plus normale: les 18 derniers mois ont été difficiles sur le moral. Cependant, il me semble certain que ce n’est pas en ayant une attitude haineuse envers les personnes non-vaccinées que la situation s’améliorera.

« La discussion peut contribuer à bien des choses, dont susciter des réflexions. »

Faisons une expérience de pensée ensemble pour essayer de voir les choses d’un autre angle: vous vous promenez paisiblement dans votre quartier, question de décompresser un peu. Après une dizaine de minutes, vous tombez face à face avec votre nouveau voisin, celui qui vient d’emménager hier dans la maison en face de la vôtre. Vous le saluez poliment, il vous rend la pareille. Vous vous apprêtez à continuer votre chemin lorsqu’il vous arrête pour vous demander si vous désirez aller boire un verre avec lui au bar du coin. Vous lui dites que vous aimeriez vraiment beaucoup y aller, mais que cela sera impossible, car vous n’êtes pas vacciné et n’avez pas de passeport vaccinal. Tout à coup, le visage de votre voisin devient rouge et il se met à vous insulter en sacrant en raison de votre refus vaccinal. Vous retournez à la maison. Fin de l’expérience de pensée.

De l’empathie ou de l’ouverture d’esprit?

En supposant que vous êtes capable de ressentir de l’empathie, comment pensez-vous que vous vous seriez sentiE dans une telle situation? Pensez-vous que, dans ce scénario-ci, la réaction du voisin donne envie à la personne non-vaccinée d’aller se faire inoculer soudainement? Pensez-vous qu’il est possible pour celle-ci d’être ouverte à l’opinion du voisin ?

Là où je veux en venir avec cette mise en scène, c’est que, que ce soit sur Internet ou dans la vraie vie, déposer sa colère sur les personnes non-vaccinées ne les convaincra ni d’aller se faire vacciner, ni d’être ouvertes à entendre des informations qui pourraient leur être bénéfiques. Sans oublier que cela ne renforce pas la cohésion de la société, mais contribue plutôt à sa division. Ça crée l’illusion que c’est les vaccinéEs contre les non-vaccinéEs quand, au final, ces deux groupes partagent le même objectif: en finir au plus vite avec cette pandémie.

« La haine n’a jamais contribué à quoi que ce soit, sauf à créer encore plus de haine. »

Tout comme il n’est pas vrai de penser que toutes les personnes vaccinées sont des « moutons », il n’est pas réaliste de penser que toutes les personnes non-vaccinées sont égoïstes et/ou complotistes. Si l’on désire sortir de cette situation de crise mondiale, il faut, soit en faisant preuve d’empathie, soit en étant suffisamment ouvertE d’esprit, chercher à dialoguer dans le calme et dans le respect. La communication est ce qui permet de se positionner face à une problématique. La discussion peut contribuer à bien des choses, dont susciter des réflexions.

Le vaccin, le vaccin, c’est pas une raison pour se faire mal!

Lors de mon (très) bref parcours au sein de l’organisation Amnistie internationale au secondaire, on disait souvent qu’un être humain, peu importe le crime qu’il a commis, ne mérite pas d’être torturé. Je pense que la même logique peut être appliquée dans ce cas-ci. Peut-être suis-je utopiste, mais il me semble que la haine n’a jamais contribué à quoi que ce soit, sauf à créer encore plus de haine.

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