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Lapin lapin au Théâtre des nouveaux compagnons: Un joyeux chaos

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Les accessoires et les acteurs s'entassent sur scène à mesure que la pièce avance, jusqu'à créer un joyeux chaos. Photo: Mario Groleau
Les accessoires et les acteurs s’entassent sur scène à mesure que la pièce avance, jusqu’à créer un joyeux chaos. Photo: Mario Groleau

Du 10 au 19 avril dernier, le Théâtre des nouveaux compagnons présentait la comédie Lapin lapin à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières. Cette pièce est écrite par l’auteure française Coline Serreau et mise en scène par Martin Bergeron.

La famille Lapin est à première vue banale, provenant d’un milieu modeste avec un papa qui rentre du boulot, des enfants qui révisent et une maman qui fait les courses, l’espoir accroché à la réussite sociale de ses enfants. Premiers signes d’une dégringolade aux enfers: le dernier, as des mathématiques et accro de science-fiction, est renvoyé de l’école. Puis, Papa n’a plus de travail, Marie divorce, Jeannot est recherché par la police, Bébert passe des valises chargées d’armes et Lucie refuse de se marier… Comme le dit si bien Jacques Brunet dans le rôle de Papa: «Tout se déglingue!».

La mise en scène donnant lieu à des images cocasses ainsi que les touchants monologues ont offert des moments tendres au public.

La figure centrale de cette pièce est certainement Maman, autour de qui s’organise l’écroulement familial. Les accessoires et les acteurs s’entassent sur scène à mesure que la pièce avance jusqu’à créer un joyeux chaos.

Martin Bergeron a visiblement voulu laisser place au jeu d’acteur avec un décor blanc, tout en simplicité. Dans ce lieu irréel, le metteur en scène a misé sur une variété de jeux d’éclairage pour mettre en relief des moments choisis. Les changements de scènes sont ponctués par la musique d’un accordéon.

Photo: Mario Groleau
Photo: Mario Groleau

Dans cette pièce où l’esprit de famille est bien présent, l’accent français a été conservé pour permettre le rythme nécessaire à la comédie. «Le propos est typiquement français, on n’aurait pas pu l’adapter aux Québécois», explique Bergeron.

Le niveau de jeu est somme toute équilibré et l’accent uniforme. Toutefois, quelques détails nord-américains dans les costumes et dans les accessoires, comme le pain tranché POM et les tranches Singles de Kraft en guise de fromage, ont peut-être dérangé l’œil des spectateurs les plus avertis.

Malgré les quelques accrochages dans le texte au soir de première, la mise en scène donnant lieu à des images cocasses ainsi que les touchants monologues ont offert des moments tendres au public, en particulier de la part de Rollande Lambert qui incarnait l’exquis personnage de la vieille voisine Madame Dupéry.

Cette pièce signée Coline Serreau offre une finale surréaliste et absurde. Martin Bergeron propose une intrusion dans l’esprit de Lapin, le plus jeune, fervent lecteur de science-fiction. On y voit aussi une critique de la société où les dirigeants rappellent à la classe ouvrière que tout va pour le mieux.

Martin Bergeron, qui apprécie beaucoup le travail de l’auteure, se disait enthousiaste de mettre en scène cette pièce. «En la lisant, j’ai vu que je pourrais y apporter ma touche. J’aime beaucoup le théâtre rythmé, ce qui constituait le principal défi de ce projet».

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