L’avortement : Une question de Femme

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Le 8 mars 2024, de nombreuses voix s’élevaient pour souligner les conditions de vie de la femme d’aujourd’hui. La Journée internationale des droits des femmes est ainsi l’occasion de dresser des constats sur les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes, mais aussi et surtout de mettre en lumière les défis persistants auxquels les femmes sont confrontées. Au cœur de ces enjeux, on retrouve l’interruption de grossesse (IG), un sujet complexe dont le statut légal reste controversé dans la plupart des pays. Mais entre injonction à la maternité et culpabilité, c’est toute une réalité de femme qui se cache derrière l’avortement.

L’avortement, un droit en danger

Au Québec, l’avortement est reconnu comme un droit fondamental garanti des femmes depuis 1989. Mais même s’il est inscrit dans la loi, il n’en demeure pas moins que son accès dans toutes les régions du Québec est loin d’être assuré. Ainsi, même quand elles en ont le droit, les femmes n’ont pas forcément la possibilité d’avorter. Encore aujourd’hui, cette intervention demeure un parcours du combattant, qui n’est pas facilité par le manque de garantie d’accès aux soins.

Une manifestation organisée pour l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française. Crédits : Ludovic Marin, AFP.

Mais le droit à l’avortement reste en danger, même dans les endroits où il a été légalisé. Aux États-Unis, la Cour suprême adoptait l’arrêt Roe v. Wade qui légalisait l’interruption de grossesse en janvier 1973. Pourtant, en 2022, le revirement de situation est total : l’arrêt est invalidé. C’est ainsi que les États du pays ont obtenu le pouvoir de légiférer indépendamment sur l’interruption de grossesse dans leur territoire. Depuis, l’interdiction de l’avortement ne cesse de s’étendre dans le pays.

Il faut noter que des progrès donnent tout de même une lueur d’espoir aux femmes. En mars 2024, la France devenait le premier pays à inscrire la liberté garantie de recourir à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) dans sa Constitution. Cet évènement historique pour le droit des femmes vient rappeler le caractère fondamental de cette liberté. Mais au-delà de la dimension politique de l’avortement, il ne faut pas oublier que l’on parle du vécu de milliers de femmes.

Femme, maternité et avortement

L’avortement est inévitablement lié à une injonction sociale à la maternité. La femme est constamment associée à cette sorte de destinée inévitable : devenir mère. Cette attente sociétale crée des dilemmes personnels pesants pour les femmes, surtout lorsqu’il est question de recourir à l’interruption de grossesse. Car la société juge et stigmatise celles qui ne veulent pas d’enfants. Dès lors, peut-on vraiment parler de liberté totale des femmes à avorter, même dans les pays où cela est légal ?

Campagne pour l’accès à l’IVG en France. Crédits : Gouvernement français.

Il faut être conscients qu’avorter n’est pas un acte anodin et que les conséquences psychologiques sur les femmes sont réelles. Elles portent généralement à elles seules la charge mentale et morale de la décision. La culpabilité s’installe donc bien souvent pendant des années. Et celle-ci est alimentée, exacerbée par les normes sociales et les pressions culturelles. D’où l’importance de faire tendre la société vers davantage d’empathie et d’accompagnement des femmes. Certes, il est primordial de légiférer en faveur de l’interruption de grossesse. Mais il faut aussi et surtout transformer profondément la société afin que les femmes soient entièrement libres de leur choix.

Ressources et informations importantes

De nombreuses ressources existent pour celles qui seraient concernées directement ou indirectement par un avortement. Le site de la Fédération du Québec pour le planning des naissances met à disposition sur son site tout ce qu’il faut savoir sur l’avortement. Il est possible d’y trouver une carte interactive permettant de localiser le centre d’avortement le plus proche de chez soi.

Il existe aussi plusieurs lignes d’écoute mises en place par les trois ressources communautaires pro-choix du Québec. S.O.S Grossesse, Grossesse-Secours et S.O.S Grossesse Estrie écoutent et accompagnent les personnes enceintes confrontées à une grossesse afin de les aider à prendre une décision libre et éclairée sur la poursuite ou non de la grossesse. Ces lignes gratuites et confidentielles orientent les femmes vers les ressources appropriées et demeurent neutres.

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