Le monde en questions: L’objectivité scientifique : mythe ou mensonge?

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L’article qui suit s’adresse à tous ceux qui ont des croyances non scientifiques. Eh oui, cette chronique s’adresse bel et bien à vous, cher lecteur!

Minute là…, me direz-vous, Tu m’insultes tu? T’es tu en train de dire que mon opinion n’est pas scientifique?

Non. Et oui. J’énonce un fait : votre vision du monde est nécessairement fondée sur des croyances qui ne peuvent être attestées par la science. Toutefois, je ne vous en tiens point rigueur. C’est un sort qui nous est commun, à vous et à moi.

Votre esprit circonspect vous met probablement déjà en garde. Une telle affirmation («toutes les opinions sont non scientifiques») est trop simpliste et tranchante pour ne pas cacher un esprit régressif. Par ailleurs, nous savons, bien entendu, que certaines choses relèvent de la subjectivité (p. ex. la religion) alors que d’autres relèvent de l’objectivité (par exemple la science). Ainsi, croire en Dieu est un acte de foi qui requiert de la part du croyant une ignorance (volontaire ou non) des preuves scientifiques démontrant l’inexistence de Dieu, alors que les philosophies se basant sur la science (comme le matérialisme) requièrent un esprit objectif de la part de leurs défenseurs… N’est-ce pas?

Croire en Dieu est un acte de foi qui requiert de la part du croyant une ignorance (volontaire ou non) des preuves scientifiques démontrant l’inexistence de Dieu, alors que les philosophies se basant sur la science (comme le matérialisme) requièrent un esprit objectif de la part de leurs défenseurs… N’est-ce pas?

La foi : un mal nécessaire?

Face à ces affirmations, une question se pose d’emblée : le surnaturel et la science sont-ils mutuellement exclusifs? Peut-on croire à l’un et à l’autre tout en étant conséquents dans son raisonnement? Peut-être, peut-être pas. Une chose est certaine : la science elle-même n’est pas en mesure de nous le dire. Pour le savoir, on doit avoir recours à un ensemble de présupposés qui ne s’appuient pas sur la science – un ensemble qu’on pourrait légitimement appeler croyance.

Qu’est-ce que je veux dire par là?

Pour illustrer mon propos, je vais mettre en contraste le raisonnement de certains athées matérialistes et celui de certains théistes :

Certains matérialistes prétendent que la science prouve l’inexistence de Dieu.Or, pour en arriver à affirmer une telle chose, il faut suivre un raisonnement qui s’appuie sur des présupposés extra-scientifiques. Autrement dit, il faut avoir recours à une croyance.

Le raisonnement d’un matérialiste pourrait ressembler à ceci : 1) Le monde est matériel; 2) La science observe la matière; 3) La science est en mesure d’observer tout ce qui constitue le monde. Par conséquent, 4) Puisqu’on ne peut établir son existence par la science, Dieu n’existe pas.

Quel est le principal écueil de ce raisonnement? On tient pour acquis que le monde se limite à la matière. Ce ne serait pas un problème si on admettait que la première prémisse est un présupposé extra-scientifique et que le rejet de Dieu auquel il mène est le produit d’une croyance. Toutefois, si on affirme que la science elle-même prouve que le matérialisme est la seule opinion viable, on fait faux pas.

Comment donc un théiste «raisonne-t-il raisonnablement» à cette question?

Le théiste présuppose que : 1) La matière n’est qu’une partie de la réalité; 2) La science observe la matière; 3) La science n’est en mesure d’observer qu’une partie dece qui constitue le monde. Conclusion : 4) Le croyant ne s’attend pas à ce que la science seule puisse établir l’existence de Dieu, puisque ce dernier est, par définition, au-dessus de la nature (surnaturel, c’est-à-dire en dehors du monde matériel).

Ainsi, l’impossibilité de prouver l’existence de Dieu par la science démontre soit l’inexistence de Dieu, soit les limitations de la science. Pour le déterminer, il faut faire appel à un présupposé extérieur aux données que nous fournit la science : il faut recourir à une croyance/paradigme/idéologie/vision du monde.

La science elle-même ne cautionne ni le matérialisme ni le théiste. C’est plutôt à la lumière de ces croyances que nous interprétons les données scientifiques.

En effet, la science est un instrument qui nous aide à observer le monde. Mais pour être d’une quelconque utilité, cet instrument doit impérativement être manié par un être humain subjectif, lequel doit également interpréter ses observations à la lumière de croyances. L’expérience humaine ne saurait échapper à la subjectivité. Même le scientifique ne peut s’y soustraire.

Mon but ici n’est pas de piéger les athées en réussissant un tour de force pour leur accoler l’épithète «croyants». Néanmoins, je suis persuadée que, tant et aussi longtemps que nous ne reconnaîtrons pas tous que les opinions philosophiques et religieuses qui nous permettent d’interpréter le monde sont basées sur des croyances extrascientifiques, nous entretiendrons un dialogue de sourds.

Est-ce que croire au surnatureldemande de la foi? Oui. Est-ce que croire au matérialisme demande de la foi? Aussi. Est-ce que croire au matérialisme est antiscientifique? Non.

Est-ce que croire dans le surnaturel est antiscientifique? Non plus. Les deux sont simplement des visions du monde extrascientifiques.

À bas la raison…?

Maintenant, je crois qu’il existe bel et bien une vérité et que certaines pistes peuvent nous aider à la trouver si on la cherche vraiment. C’est d’ailleurs de ces pistes dont il sera question dans les prochains articles.

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