Le revers de la médaille : Démocratie et éducation

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Si le lien ne vous apparaît pas évident entre le fonctionnement d’une démocratie et le niveau d’éducation moyen d’une population, vous n’avez rien compris à la politique, à la société et à la culture, et vous méritez de subir les injustices dont vous serez vous-mêmes responsables si vous avez l’audace d’utiliser malgré tout votre droit de vote et votre liberté d’expression. Si ce lien est clair à votre esprit, tirez-vous une bûche, ouvrez-vous une bière, allumez un cigare, on va pouvoir parler des vraies affaires, et je respecterai votre opinion.

Le «débat» de l’heure, c’est la hausse des droits (frais) de scolarité, avec en arrière-plan un certain renouveau du questionnement sur la souveraineté québécoise. À l’intérieur de ces deux questionnements, il n’y a aucune place pour le «oui mais moi» : ce sont des débats de société dont les enjeux dépassent de loin les réalités individuelles et les particularités de chacun(e). On parle ici de l’avenir du peuple dont nous faisons partie comme chacune des gouttes d’eau d’un océan, chacune des fleurs d’un jardin.

Il ne s’agit pas de savoir qui a raison ou tort, mais de prendre une décision commune et sans certitude a priori : où voulons-nous investir, et que sommes-nous prêts à sacrifier. Le fameux 99% devrait donc se réjouir d’être dans une démocratie, car techniquement, le pouvoir est à eux. Encore doit-il, afin de prendre les décisions appropriées, être éduqué plutôt que médiatisé.

Je vous offre ma position et vous laisse bien aise de l’attaquer, de la défendre, de vous en approprier une part et de vous défaire du reste : gratuité scolaire avec exigence d’un bon rendement académique. Comment payerons-nous la chose? Par la nationalisation des ressources naturelles, ne taxant pas le profit des entreprises, mais les faisant payer en fonction de la quantité de ressources qu’elles tirent de notre sol. Être maître chez nous, c’est reproduire l’investissement qu’à représenté Hydro-Québec, sur chacune de nos ressources. Mieux encore, ne vendons pas toutes nos ressources aux entreprises extérieures, et exploitons-en quelques-unes nous-mêmes!

Le premier effet d’une éducation populaire (accessible), c’est le développement d’un regard critique envers les médias qui sont aujourd’hui, trop souvent, l’unique source d’information du citoyen moyen.

Le deuxième, c’est permettre (et non promettre) à chacun, indépendamment de son capital héréditaire, d’accéder à l’emploi qui le motivera à donner le meilleur de lui-même (engendrant logiquement une baisse du taux de criminalité et de travail «au noir»).

Un troisième et dernier effet (mais il y en a beaucoup d’autres) est une bonne réputation internationale, pas nécessairement une réputation académique (comme pour tout ce qui s’achète aujourd’hui, trop de gens croient qu’un prix élevé implique une qualité supérieure), mais la réputation d’un peuple occidental qui aura refusé de perpétrer un système où il est aussi possible d’être trop riche que trop pauvre.

Maintenant, à propos de la démocratie, voici deux idées qui m’apparaissent essentielle à sa viabilité : le scrutin proportionnel (pour que chaque vote compte) et un test obligatoire renouvelable aux quatre ans pour avoir le droit de vote. Le scrutin proportionnel, je ne crois pas avoir besoin de le défendre : presque tous les partis politiques l’ont eu dans leur plateforme électorale initiale, et aucun ne l’a réalisé (il serait temps). Le test, c’est pour que plus jamais je n’entende parler d’une tante qui a voté pour la moustache de feu Jack Layton, ou parce que la femme de Harper a l’air gentille. C’est élitiste? Non. Tout(e) citoyen(ne) majeur(e) aura le droit de passer ce test et devra au préalable avoir acquis suffisamment de connaissances sur la gauche, la droite et les plateformes des partis représentés. Permis de conduire? Permis de voter (gratuit)!

Je ne peux pas m’empêcher de souligner que tous ces projets seraient plus facilement réalisables après être devenu un état souverain qui ne soit pas dirigé par une culture (mentalité, idéologies) différente qui, sans être mauvaise, ne nous convient manifestement pas. La souveraineté, ce serait être responsable du succès ou de l’échec de nos projets de société. Ça fait peur, mais ça en vaut la peine.

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