
Le Sabord est une revue littéraire québécoise qui met de l’avant des œuvres littéraires, visuelles et tout ce qui se trouve à mi-chemin entre les deux. Leur plus récent numéro, « Échafaudages », s’articule sous le thème de ces constructions temporaires qui contiennent l’idée d’ascension, mais aussi d’écrasement.
Envolées littéraires
Les écrivain.e.s qui assurent les pièces littéraires de ce numéro sont Fidélie Camirand, Magaly Roy, Vanessa Berger, Vicky Bernard, Laure Henri, Chloé Bragantini, Diane Régimbald, Stéphanie Roussel et Marie-Pier Dufour. Ce qui fait la force du Sabord, c’est la diversité des voix qui sont mises de l’avant.
Le poème de Stéphanie Roussel, Charpente de l’ambition et clous du destin, a des allures de conte pour enfants, puisqu’il met en scène un chacal, une hyène et autres animaux. Il a cependant cette manière intelligente de nous donner matière à réflexion presque à notre insu. je serai déjà morte, de Marie-Pier Dufour, est une lancée anxiogène pleine de verve sans point ni virgule, qui déboule, tout simplement. Ces textes, aussi différents l’un de l’autre, trouvent chacun leur place sous le thème des échafaudages.
Compositions visuelles
Les compositions visuelles de cette édition ont été assurées par Allie Gattor, Karen Trask, Iris Häussler, Pascale Tétrault, Michael Eddy et Julie Doucet. Encore une fois, les œuvres se retrouvent aux antipodes l’une de l’autre. Les dessins colorés et aux premières allures enfantines d’Allie Gattor forment un magnifique contraste avec les œuvres poignantes en noir et blanc de Julie Doucet. Au centre, on retrouve les installations perturbantes et éclatées de Michael Eddy, qui explore la ville de Montréal sous toutes ses facettes.

La revue Le Sabord ne sépare pas ces deux types d’art, elle les accorde ensemble et parsème les textes présentés des œuvres visuelles. Le poème, encore faut-il savoir tuer, de Vanessa Berger, est donc entrecoupé et encadré des photos des performances et des œuvres de Karen Trask. Le champ lexical de la nature du poème se marie à merveille avec les photos de la performance Tresser la rive, où l’artiste, en suivant une série d’étapes répétées, a tressé des tiges et des feuilles.
Bien que certaines œuvres soient très accessibles, pour d’autres, il est plus difficile d’en révéler le sens ou le lien avec le thème du numéro, les échafaudages. Cependant, fidèle à ses habitudes, Le Sabord nous offre un mélange éclectique, mais cohésif d’œuvres littéraires et visuelles, d’artistes d’ici et d’ailleurs.
Ancrages
Dans chaque numéro de la revue, la section Ancrages nous fait découvrir une œuvre en cours et nous offre un regard privilégié sur le processus créatif de l’artiste. Dans cette édition, nous en apprenons davantage sur l’autrice et artiste visuelle Sarah Boutin et son œuvre Prendre repos par les paupières. Elle raconte son processus de création par un récit poétique, qui nous amène avec elle à la rencontre des figures et des mots qui lui servent d’inspiration.
Fils créatifs
Les Fils créatifs du Sabord sont des entrevues avec des artistes ou personnes influentes du milieu. Anne-Marie Duquette interroge Paul Kawczak, auteur et éditeur français installé à Montréal depuis plusieurs années, sur son plus récent roman, Le bonheur. On en apprend plus sur ses inspirations ; la Seconde Guerre mondiale et l’image de la grotte qui protège. Puis Noémie Fortin s’entretient avec Colin Lyons, un Ontarien qui crée des installations temporaires sur des territoires sacrificiels. Ces œuvres amènent à réfléchir sur l’héritage que les humains laissent sur la terre et dans l’environnement et sont le fruit de beaucoup de recherche et de réflexion.
À livre ouvert
Pour clore la revue, la section À livre ouvert offre des critiques de livres parus dans la dernière année. Par exemple, Les eaux d’Alphiya Joncas, Claire Moeder et Anne-Marie Proulx, marient photographie et poésie. La bande dessinée d’Amélie Dubois, La clé des bois, raconte son déménagement de Montréal à Trois-Rivières. Plusieurs premiers livres d’auteurs et d’autrices sont également explorés, tels Grosse douceur de Jean F. Boily et Je te dégoûte comme un souvenir d’enfance de Laurianne Beaudoin.




