Le tour du monde en une soirée: Orkestar Kriminal au Zénob

0
Orkestar Kriminal chantant le crime dans la noirceur du Zénob. Photo: A. Vaillant-Gamache
Orkestar Kriminal chantant le crime dans la noirceur du Zénob. Photo: A. Vaillant-Gamache

C’est lors d’une soirée douce d’hiver que le groupe Orkestar Kriminal s’est arrêté à Trois-Rivières. Le Zénob fut l’hôte de cette soirée inhabituelle et éclectique. Le groupe originaire de Montréal est venu y jouer un répertoire de musique de partout à travers le monde.

Orkestar Kriminal est un collectif de musiciens jouant des chansons traditionnelles des années 20 et 30. Fouillant dans le répertoire d’une foule de pays, le groupe s’approprie la musique et transforme le tout en une performance disjonctée. Ce sont huit musiciens qui étaient entassés dans le Zénob. Parmi les instruments utilisés lors du concert, une clarinette, un accordéon, une batterie, une guitare, un bouzouki, des tambourins, une trompette, des maracas, une égoïne et un tuba. Tout ça et la chanteuse Giselle Claudia Webber qui réussit tout de même à être à l’avant-plan de cette troupe en bougeant de tous les côtés, même en étant ennuyée de maux d’estomac, disait-elle, et en ayant l’air d’être en totale maîtrise des paroles. En général, maîtriser ses paroles peut sembler être la base pour un vocaliste, mais l’obstacle dans la musique d’Orkestar Kriminal est le nombre de langues dans lesquelles la chanteuse s’essouffle. Huit langues en tout y ont passé. L’origine des chansons venait de partout à travers le monde. Cambodge, Mexique, Grèce, Ukraine, Russie et Maroc sont quelques-unes des nations représentées dans la musique du groupe.

C’est dans une ambiance de cirque que les premières pièces jouées nous transportent. Des chansons rapides qui donnent l’impression d’être au beau milieu d’un numéro où un tigre passe à travers des anneaux de feu au même moment qu’un funambule feint de trébucher et qu’un acrobate fait des culbutes sur le dos d’un éléphant. Ce n’est qu’un des milliers d’endroits où le groupe nous emmène. À d’autres moments, Orkestar Kriminal donne même l’impression d’être au beau milieu d’un troupeau de caravanes gitanes, dans une Bar Mitzvah ou encore sous le soleil chaud du Mexique.

Fouillant dans le répertoire d’une foule de pays, le groupe s’approprie la musique et transforme le tout en une performance disjonctée.

La musique souvent très festive du rassemblement de virtuoses est très près du jazz et du klezmer, le klezmer étant une musique traditionnelle juive. L’attitude carnavalesque se faisait ressentir dans le plaisir que les musiciens avaient à conduire cette immense machine dans tous les coins du globe. Le tuba et la batterie assuraient la section rythmique alors que les autres instruments prenaient en charge les mélodies. Un tuba dans le Zénob, cela peut sembler inconcevable pour plusieurs, à se demander comment ce cuivre de grande taille a pu passer la porte, mais touchant presque au plafond, le tuba a pu donner le rythme aux chansons. Le tuba assurait les tonalités basses des chansons allant même jusqu’à jouer ce qui, à l’oreille, aurait pu ressembler à des partitions de contrebasse ou de basse électrique. Pour ce qui est de l’égoïne, ou plutôt de la scie musicale, elle produisait des sons s’apparentant à une voix humaine féminine et était toujours en parfaite harmonie avec la musique.

Le groupe a séparé sa prestation en deux, la ponctuant ainsi d’une pause, pour ensuite reprendre le tout. D’après la chanteuse, les textes des chansons traitent tous de criminalité, de là le nom d’Orkestar Kriminal. Le groupe a remporté l’année dernière le prix de l’album Roots de l’année au Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec (GAMIQ).

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here