Le touriste trifluvien: Quand proximité devient banalité

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Antoine Gervais

Vous ne le saviez probablement pas, mais je suis un grand amateur d’émissions de télévision à caractère culturel. Mes intérêts télévisuels sont aussi vastes que l’offre de programmes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Canal D, ICI ARTtv, Historia, TV5 et même Télé-Québec, tous des canaux qui offrent du contenu de qualité à haute teneur en culture. Certains trouveront leur compte dans des séries plus ou moins futiles ou même encore sur Netflix, où la culture semble asséchée par la chaleur de Riverdale, de Lucifer ou encore enfermée dans le grenier de La Maison de Papier. Donnons tout de même à Netflix un peu de mérite… Sa plus récente série, Notre Planète, semble avoir tout pour me plaire. J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à visionner les documentaires Formula 1 et Losers, mais là n’est pas la question. Toujours est-il que, compte tenu de ma passion du voyage, l’une de mes chaînes favorites a toujours été le Canal Évasion. Comme son nom l’indique, elle me permet de m’évader dans le doux confort de mon salon.

Si vous êtes, vous aussi, amants de voyages, vous devez sans doute connaitre cette chaîne. Si ce n’est pas le cas, je vous encourage à la syntoniser. Croisières de rêve est probablement l’un des titres qui me fait le plus facilement rêver les yeux grand ouverts. Récemment, je suis tombé sur l’émission Chiller au Québec avec Felipe. J’ai visionné deux épisodes en direct, puis certains autres en rafale. C’est d’ailleurs de cette émission que m’est venue l’idée de cette septième chronique. Après avoir écouté Felipe me vendre les attraits de notre belle province, j’ai eu envie de faire la même chose. Je me suis ainsi rendu compte qu’il n’était pas nécessaire de partir bien loin pour vivre des expériences formidables, que notre fleurdelysé possède des richesses que les modes et les tendances ignorent. Dans cette chronique, je vous invite donc à aller contre le courant. Tandis que la masse traverse les lignes, je veux que vous traversiez le Québec à travers les miennes. Explorons ensemble, si vous le voulez bien, les beautés de là où le fleuve rétrécit.

 Le Québec est une province remplie d’histoire. Derrière ce drapeau bleu et blanc se cache le récit d’un peuple vaincu, d’un peuple qui a souffert, d’un peuple qui a résisté à sa dénaturation par la résilience. Ce drapeau témoigne de la fierté des gens qui l’ont tatoué sur le cœur. Le Québec offre autant d’attraits que les exils plus exotiques auxquels j’ai fait référence à maintes reprises.

Explorons ensemble, si vous le voulez bien, les beautés de là où le fleuve rétrécit.

Différentes, certes, mais est-ce cette proximité qui fait en sorte que nous les ignorions? Un peu comme le jeune garçon qui voudrait tellement fréquenter sa meilleure amie. Celle-ci, en le côtoyant tous les jours sur des notes d’amitié, ne considère même plus à changer les partitions et à réorienter l’harmonie entre elle et lui. C’est un peu la même chose pour le touriste qui sommeille en nous. Nous voyons le Québec comme une cage que nous désirons quitter. Le gazon n’est pas toujours plus vert chez le voisin, je sais de quoi je parle.

La belle province, qui porte bien son surnom, est divisée en 17 régions administratives. Vous comprendrez qu’en deux chroniques, afin de maximiser votre intérêt, je ne m’éterniserai pas sur la totalité de celles-ci. J’ai donc dû, un peu comme Claude Julien la veille d’un certain match contre les Sharks de San Jose, prendre des décisions importantes. C’est pourquoi j’ai décidé de vous parler davantage de notre Mauricie pour sa proximité et de la Gaspésie pour son éloignement.

La Mauricie

On connait tous quelqu’un qui y est allé. Peut-être y êtes-vous déjà allé vous-même. Il s’agit sans doute d’une escapade où la distance parcourue va de pair avec la beauté du territoire. Avant de prendre la route 132 direction Sainte-Flavie dans ma prochaine chronique, penchons-nous sur notre territoire; la Mauricie, celle qui regroupe Trois-Rivières, Shawinigan et leurs charmantes voisines. Je vais par ailleurs me concentrer sur notre ville pendant que j’ai toute votre attention.

Le gazon n’est pas toujours plus vert chez le voisin, je sais de quoi je parle.

D’abord, c’est peut-être parce que nous sommes trop habitués.es de voguer dans les ancrages routiniers de la « trifluvie » que nous y avons perdu nos repères, notre phare. Nous en sommes venus à oublier tout ce que la ville a à nous offrir. Nous avons tendance à tenir notre ville pour acquise comme une conjointe alors qu’elle peut susciter, chez nous, de belles découvertes, comme une amante. Dans un article qu’elle a publié sur la plateforme Tourisme Trois-Rivières[1], Émilie Sirois dresse la liste de ses dix coups de cœur dans notre belle ville trifluvienne. J’ai décidé d’y aller avec mon cœur et, de vous parler, de quelques-uns des miens. J’ai donc dû faire des choix déchirants. La complexité à faire ces choix est par ailleurs venue me prouver toute l’étendue de notre tourisme local.

Premièrement, il est essentiel de parler du centre-Ville. Trois-Rivières a la chance de pouvoir compter sur un centre-ville rempli d’histoire et de richesses. D’excellents restaurants et de plaisants bars y sont installés. Vous pourrez vous y assoir, le temps d’une pinte. Ma chaîne de restauration préférée, le Houston Grill & Bar, y a d’ailleurs implanté une succursale sur les anciens nénuphars de la Petite Grenouille, ma favorite. C’est pourquoi je m’en réjouis et m’en attriste en même temps. Heureusement, les oiseaux de nuit ont encore une panoplie d’options pour sortir en boîte.  Le temple trône sans doute en tête de liste. Quelle meilleure façon de meubler une soirée que d’utiliser les boîtes de nuit? Les étudiants.es qui déménagent souvent savent de quoi je parle.

Si l’appétit vous a déserté ou que vous en avez ras-le-bol des boîtes, vous pourriez très bien aller marcher près du fleuve, main dans la main avec votre dulcinée ou les deux mains sur votre cellulaire, c’est selon. Les amateurs.rices de culture pourront se donner rendez-vous à la Salle J-A Thompson. La programmation est très intéressante et diversifiée, un peu à l’image de l’offre touristique de la ville. Quoi de mieux que se dilater la rate au chaud par une douce soirée pluvieuse? Pour en finir avec le culturel, je me dois de parler de l’Amphithéâtre Cogeco. Situé au bord du fleuve, il présente souvent des spectacles à plus grand déploiement. Depuis quelques années déjà, le Cirque du Soleil y prépare un spectacle hommage, lors de la saison estivale. L’an dernier, l’hommage aux Colocs avait été une réussite totale. Cette année, la troupe a décidé de souligner l’œuvre des Cowboys Fringants. Dès le moment où j’ai eu écho de cette annonce, je suis tombé en très joyeux calvaire. Elle va être bonne, ce soir-là, dans le Shack à Hector. Si l’assoiffé de culture que vous êtes a toujours soif après le spectacle, vous pourrez toujours allonger votre séjour de quelques heures et faire un arrêt au Musée Pop. Ce musée, pour des sommes dérisoires, vous fera voir des expositions exceptionnelles. Par exemple, pour rester dans le domaine du houblon, la très intéressante exposition Autour d’une broue présente l’évolution de l’industrie brassicole au fil les années.

Trois-Rivières a la chance de pouvoir compter sur un centre-ville rempli d’histoire et de richesses.

Finalement, concernant Trois-Rivières, je me dois également d’élaborer concernant le site de l’exposition et de quelques attraits qui y siègent. Premièrement, ce site tient son nom de l’exposition agricole qui s’y installe habituellement au début du mois de juillet. Du plaisir garanti et de l’argent bien investi. Manèges, animaux et produits du terroir. Petits.es y trouveront leur compte. Outre cet événement,  le nid des Aigles de Trois-Rivières est aussi installé sur le site de l’exposition. Pour ceux qui l’ignoraient, une équipe de baseball professionnelle évolue à Trois-Rivières dans le plus haut circuit du Québec. Pour environ 15$, il vous sera possible d’assister à une joute de baseball de très haut calibre. Des matchs sont disputés autant durant l’après-midi qu’en soirée. Vous n’avez plus d’excuse, n’essayez même pas!

Pour conclure ce tour de piste trifluvien, je me dois de parler de l’événement qui apporte, sans doute, le plus d’engouement et de frénésie dans la ville durant l’été : le Grand Prix de Trois-Rivières. En effet, pendant une fin de semaine du mois d’août, certains des meilleurs pilotes automobiles viennent faire leurs preuves sur le circuit entourant l’hippodrome et la piscine municipale. Même ceux.celles qui ne sont pas amateurs.rices de bolides peuvent ressentir la frénésie et l’ambiance dans l’enthousiasme de ceux.celles qui le sont, dans le bruit strident des pneus et le rugissement des moteurs. Vous serez engourdis par cette effervescence contagieuse. Je crois qu’il faut assister à ce genre d’expérience au moins une fois dans sa vie. Peut-être attraperez-vous, vous aussi, la piqure effervescente? Celle-là, personne n’en est immunisé.

Comme nous avons pu le constater. Je n’ai parlé que de très peu de choses. Je me devais d’être concis et sélectif. Être bon vendeur sans abuser de vous et de votre précieux temps. Rien ne vous empêche, toutefois, d’utiliser ce précieux temps pour aller voir ce qu’Émilie Sirois considère comme ses incontournables. Le mot ne le dit-il pas au fond, il serait un peu ridicule de contourner ses idées. Je vous laisse donc le lien de l’article savoureux de Madame Sirois : https://www.tourismetroisrivieres.com/fr/blogue/top-10-des-incontournables Je terminerai en vous disant que la beauté d’un voyage ou d’une sortie ne se calcule pas par la distance parcourue pour parvenir à destination. Elle ne se calcule pas, non plus, au nombre de « j’aime » lorsque vous annoncerez votre présence à tel ou tel endroit via Facebook. La beauté du voyage, ce sera votre cœur qui la calculera. Les facteurs qu’il utilisera, au travers ses artères et ses ventricules, s’articulent habituellement autour de la joie ressentie, des gens autour de vous et des sentiments profonds auxquels vous le soumettrez, ceux que vous ressentez vraiment. Pour une fois, laissez passer le courant et bravez les vagues, naviguez au cœur des Trois-Rivières.


[1] SIROIS, Émilie. Top 10 des incontournables. Tourisme Trois-Rivières. 3 mai 2017

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