L’Écon’homme : Et si Greta rencontrait l’économie

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Étienne Desfossés – Chroniqueur économique

27 septembre : passage de Greta Thunberg dans les rues de Montréal. Environnement, environnement et environnement, mot présent sur toutes les lèvres, même celles de notre beau Justin, le roi du pipeline qui est descendu dans les rues pour manifester… Suite à cette sortie historique, plusieurs articles sont parus dans les principales presses financières et non-financières, les premières ayant plus grandement attiré mon attention.

Je pense que certains sujets rapportés méritent de l’attention et je tenais à les reprendre dans une chronique, tout en exprimant mon opinion sur le sujet. L’Écon’homme, c’est une dose régulière d’économie, souvent pigée dans l’actualité. Aujourd’hui, on parle environnement!

Certains prônent une baisse de la consommation, ce qui risque fortement d’influencer la qualité de vie. Toutefois, je ne crois pas que la décroissance soit la solution. En effet, les combustibles fossiles comptent pour plus de 77% de notre consommation globale d’énergie au Canada (donnée de 2018, Statistique Canada), ce qui demanderait une énorme baisse de notre consommation rapidement et diminuerait notre qualité de vie drastiquement, rendant notre niveau de vie équivalent à celui de la Turquie.

Je prône plutôt un investissement dans les technologies vertes.

Je prône plutôt un investissement dans les technologies vertes, ce qui par un processus de destruction créatrice, doublé d’un mécanisme de marché, saura effectuer une transition verte efficace et sans compromis sur la qualité de vie. Eh… quoi? Déconstruisons le tout en 2 mouvements.

En premier lieu, il faut passer par un processus de destruction créatrice, soit la création de nouvelles technologies rendant les précédentes obsolètes (par exemple la création d’automobiles, rendant inutiles les calèches). L’innovation, tout simplement.

En second lieu, tout cela doit être jumelé à un mécanisme de marché (ce que l’on appelle l’offre et la demande), soit la mise en vente libre des produits ainsi créés en évitant le contrôle des produits (les cartels et brevets). Il faut éviter ces types de contrôles simplement car ceux-ci nuisent à l’innovation et sa diffusion, cette barrière nuisant elle-même à l’innovation sur les innovations, telle une boule de neige (par exemple, le vélo a pris plus de 200 modèles avant d’apparaître sous la forme dans laquelle nous le connaissons).

De plus, un système de marché bien intégré permet d’intégrer les coûts environnementaux des biens. C’est d’ailleurs ce que souligne François Delorme, professeur de l’Université de Sherbrooke et économiste membre du GIEC lors de son passage à Unpointcinq, média pour l’action climatique, en disant que «Certains outils de l’économie de marché sont intéressants (…) on pourrait donc taxer la viande rouge pour limiter la production de méthane (…). Comme les steaks coûteraient plus cher, les consommateurs changeraient leurs habitudes et en achèteraient moins. Ce qui nous mènerait collectivement vers une diète plus soutenable.»

Or, toute cette innovation nécessite de l’argent. Et de l’argent public afin de permettre la diffusion de cette innovation.

Or, toute cette innovation nécessite de l’argent. Et de l’argent public afin de permettre la diffusion de cette innovation, car rendre publique cette innovation nécessite de l’argent sans obligation de retour sur investissement. Une solution à ce besoin criant de capitaux? Steven Poloz! Steven Poloz est directeur de la banque centrale du Canada. A ce titre, la création de monnaie est de son créneau, soit par la baisse des taux d’intérêts ou la prise en pension (achat de titre gouvernementaux, finançant ainsi le gouvernement). La banque centrale est le seul acteur permettant une création massive de capitaux de cette échelle. L’impact d’une telle mesure? Une baisse de notre dollar canadien à l’international tout au plus, suivi d’une perturbation des importations.

En outre, loin de moi l’idée de tomber dans le négationnisme, mais les innovations technologiques pourraient bien nous sauver d’une plongée dans le précipice. En effet, en 1798, Thomas Malthus, prêtre anglican et économiste, publiait l’Essai sur le principe de la population en tant qu’il influe sur le progrès futur de la société avec des remarques sur les théories de M. Godwin, de M. Condorcet et d’autres auteurs. Bon… c’est quoi le lien? Eh bien, il se trouve que Malthus avait prévu une fin du monde, car les populations grimpaient exponentiellement (2, 4, 16, 256…) alors que les ressources ne grimpaient qu’arithmétiquement (1, 2, 3, 4…), menaçant l’espèce humaine. Malthus, de par ces prédictions, oubliait le progrès technologique ou du moins le sous-estimait. Peut-être le sous-estimons nous à notre tour? Il s’agit de favoriser ce progrès en créant un environnement propice à l’innovation et à l’émergence de solutions novatrices au problème climatique.

En outre, loin de moi l’idée de tomber dans le négationnisme, mais…

Une belle innovation, proposée par le Bloc Québécois, les élections étant passées, je peux me permettre d’en parler, visait une péréquation verte. En effet, le Bloc proposait de créer une simili-compétition entre les provinces : celles qui dépassent la cible canadienne d’émissions doivent payer et celles qui sont sous la cible reçoivent. Ainsi, on a un incitatif double : une punition et un bonbon! Belle idée du Bloc Québécois!

Sources:

Statistiques Canada

https://www.cer-rec.gc.ca/nrg/ntgrtd/mrkt/nrgsstmprfls/cda-fra.html?=undefined&wbdisable=true

Perspective Monde – UdeS

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/stats/0/2013/fr/6/carte/EG.USE.PCAP.KG.OE/x.html

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