L’Écon’homme: Le plat à bonbons économique du fédéral

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étienne aperçu écon'homme l'écon'homme

Depuis le début de crise du Coronavirus, le fédéral nous sort des mesures d’aides économiques de son chapeau. Or, ces mesures coûtent cher et l’argent ne pousse pas dans les arbres. Mais d’où vient cet argent?

L’Écon’homme, c’est une dose bimensuelle d’économie, et aujourd’hui on parle politiques publiques et solde budgétaire!

Le 2000$ par mois est illogique.

Le gros bol à bonbon de Trudeau

Le gouvernement Trudeau a toujours été un dépensier, rien de nouveau. Toutefois, il a maintenant les bonnes raisons de le faire, mais tant qu’à le faire, fais-le comme il faut! À ce titre, j’ai deux critiques pour notre bon gouvernement fédéral:

  1. Le 2000$ par mois est illogique. Disponible pour 4 mois, il représente 8000$, soit un montant supérieur au montant minimum de l’an dernier. Donc, sans travailler, tu as accès à plus d’argent que l’an passé et ce, en 4 mois!
  2. Le 2000$ par mois, c’est 500$ par semaine… Les gens à temps partiel sont donc bien souvent perdants, car non-admissibles à cette mesure, mais gagnants des montants inférieurs. Donc, en travaillant, tu gagnes moins que ceux et celles qui ne travaillent pas.

Mais ça vient d’où, ce tas d’argent?

Représentant 82 milliards de dollars, soit près de 3% du produit intérieur brut (PIB) du Canada, ce plan est majeur. C’est avec de l’endettement que le gouvernement finance ses dépenses. Rien de magique: on va emprunter pour payer nos dépenses. Mais on emprunte à qui? Eh bien, à toi, moi et toute la planète!

Et on emprunte à qui?

Le Canada emprunte en émettant des obligations: des titres qui donnent droit à un rendement (modeste, car à peu de risque), une fois arrivé à échéance. C’est un peu comme un certificat cadeau, mais qui rapporte des intérêts et échangeable seulement à l’échéance. Ainsi, quand le gouvernement a besoin d’argent, il imprime des obligations et les vend à la banque centrale, aux banques commerciales ou même à des acteurs internationaux. Les banques les incluent par la suite dans les placements qu’elle offre, permettant ainsi de limiter un peu le risque.

En résumé, le gouvernement emprunte de l’argent à sa population (et marginalement à l’international) afin de lui offrir sa prestation d’urgence. Cela peut paraître paradoxal, pourtant!

Et c’est normal?

C’est totalement normal. Dans les années qui suivront la fin du COVID-19, le gouvernement réduira ses dépenses et dégagera des surplus, remplissant les coffres. Il avait d’ailleurs opéré de manière semblable en 2008, comme le montre le présent graphique de l’Institut Fraser:

fédéral finances fraser
Crédits: William Watson et Jason Clemens, Institut Fraser.

On peut remarquer le mécanisme: avant 1997, on effectuait des déficits (vert pâle), se remettant d’une petite crise économique. Dès 1998, on peut apercevoir le début des remboursements via des surplus (vert foncé), diminuant la dette (en rouge). C’est en 2008 avec la crise des subprimes que l’on retournera faire des déficits afin de relancer l’économie, ainsi on voit la dette qui remonte.

Et notre situation est comment?

Eh bien, notre endettement est bon. L’endettement du Canada est considéré comme bas, ce qui fait que les organismes de cotations donne une cote AAA au Canada. Cette cote est excellente, notamment en raison du ratio dette-PIB du pays qui est très bas, soit 27,6% contre 42,9% pour les autres pays de l’Organisation de Coopération et Développement Économique (OCDE). Ainsi, rien à craindre, on est capables de prendre d’autres dépenses et le temps y est opportun, toutefois on aurait intérêt à penser nos mesures avant de les annoncer. Personnellement, je ne crois pas en la Prestation d’Urgence du Canada (PUC), car elle a été pensée à la va-vite et contient plein de failles, créant des injustices. La forme idéale? On en rediscute!

-L’Écon’homme

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