L’Écon’homme : L’inflation pointe du nez et ça effraie!

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éconhommeLes pronostics économiques actuels prévoient un retour de l’inflation d’ici peu, ce qui habituellement ne se produit qu’en cas de surchauffe économique. Ce retour de l’inflation ne sera pas sans conséquences sur les placements, l’hypothèque et le marché de l’emploi. Et bien malheureusement, les banques centrales auront une mince marge de manœuvre.

Selon plusieurs diagnostics, l’inflation reprendra bientôt. Alors que l’inflation s’était retirée le temps de la pandémie, elle semble être prête à revenir. L’inflation, augmentation généralisée des prix, est un des deux fléaux économiques, si l’on pense aussi au chômage. Alors que le chômage est présent lorsque l’économie tourne au ralenti, l’inflation est plutôt un surchauffement de l’économie. Ainsi, l’inflation entre en jeu lorsque l’économie roule trop vite, comme une voiture dont le moteur chauffe pour cause de vitesse.

Un compromis est généralement fait dans les pays développés concernant l’inflation, fixant son taux souhaité à 2 %. Ainsi, les banques centrales canadiennes, américaines et européennes visent un taux de 2 %, le considérant comme un compromis entre la prospérité économique et la perte de pouvoir d’achat.

L’inflation: un mal à plusieurs sources

L’inflation est une surchauffe de l’économie, mais en vérité, c’est plus concret que cela. Lorsque les gens tentent de consommer davantage que les entreprises peuvent produire, une rareté se crée. Or, la rareté a un prix; le diamant est plus cher que l’eau, par exemple. Ainsi, les prix tendent à monter de manière générale face à cette demande grandissante et l’offre qui ne veut pas bouger. Ainsi, l’inflation apparait lorsque l’économie dépasse son potentiel à long terme.

À l’inverse, lorsque l’économie roule sous son potentiel, l’inflation laisse place au chômage. Dans le cas présent, l’inflation est une inflation de prix. Ainsi, contrairement à l’inflation de rareté, l’inflation actuelle est due aux coûts que les entreprises doivent absorber à cause de la crise. Il s’agit donc de deux raisons possibles, mais avec une seule conséquence bien réelle: l’inflation.

Les conséquences de l’inflation

Or, l’inflation a de biens mauvaises conséquences dans nos vies. L’inflation diminue notre capacité d’achat, ce qui est probablement la plus connue de ses conséquences. Si un paquet de gomme ne vaut plus 25 sous, mais bien quelques dollars, c’est à cause de l’inflation. C’est un mal important, car ça influe aussi nos placements! Nos placements, lorsque le rendement est assez élevé, combattent l’inflation.

Une augmentation de l’inflation veut donc dire que nos rendements réels diminueront. Pour un placement avec un rendement affiché de 7 % par exemple, une inflation de 2 % voudra dire que l’on aura réellement une augmentation de notre capacité d’achats de 5 %. Dès lors, une augmentation de l’inflation créera des rendements réels et on devra travailler plus pour notre argent.

Un domaine où l’inflation a un impact positif est l’immobilier. En effet, avec l’inflation, le terrain prend de la valeur, alors que le taux hypothécaire reste fixe. Ainsi, pour un même prix, on possède un terrain qui vaut plus cher à terme. Ceci est encore plus vrai dans une période comme celle que l’on traverse, car les banques centrales ne peuvent pas se permettre de rehausser le taux directeur, qui lui aussi influe les taux hypothécaires. D’ailleurs, l’immobilier est considéré comme un bon placement afin de se protéger de l’impact de l’inflation.

L’impact dévastateur sur le marché de l’emploi

Au niveau du marché de l’emploi, la peine des employeurs n’est pas finie. Si une économie au ralenti vit du chômage, l’inflation à l’inverse crée une augmentation des salaires demandés. Cette augmentation mène graduellement à une pénurie de main-d’œuvre. Avant la pandémie, une pénurie de main-d’œuvre était déjà en cours, mais celle-ci sera encore plus criante dans les prochaines années. Combiné aux nouvelles habitudes qu’a amenées la pandémie, on peut croire à une période d’amélioration considérable des conditions de travail au cours des prochaines années. La pénurie de main-d’œuvre forcera les employeurs à pourvoir des conditions de travail incluant notamment du télétravail, car les employéEs y ont gouté et certainEs l’exigeront. En contexte de pandémie, les employeurs devront plier à ces exigences s’ils souhaitent avoir un personnel.

En bref, l’inflation revient et ce n’est pas que pour le meilleur. L’inflation aura un impact sur le marché de l’emploi, mais aussi sur nos hypothèques et nos placements. Avec la période sanitaire que nous traversons actuellement, les banques centrales ne pourront intervenir de manière conventionnelle, elles devront donc faire preuve d’imagination afin d’opérer autrement afin de battre cette inflation. Comme toutes les crises, nous traverserons celle-ci et en ressortirons avec beaucoup d’apprentissages.

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