L’économie du pays : Que retenir de 2023 sur le plan économique

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Crédit : Camille Limoges

L’année 2023 qui s’achève dans quelques jours n’a pas été de tout repos sur le plan économique. Comme l’avaient déjà annoncé la Banque mondiale et le FMI, 2023 n’a été que le prolongement de 2022. L’inflation s’est renforcée, réduisant le pouvoir d’achat, tandis que l’immobilier crée des tensions sérieuses, surtout au Canada. Entre temps, le contexte international est devenu plus turbulent que jamais. L’Ukraine semble perdre la guerre et le conflit Israélo-palestinien s’installe dans une dynamique très inquiétante. Par ailleurs, de nouveaux joueurs tels que les BRICS ont de plus en plus le vent en poupe. Tous ces événements internationaux ont perturbé les prix du pétrole et des matières premières, affectant divers secteurs d’activité.

Cette chronique finale de l’année résume l’économie de 2023 au Québec, au Canada et dans le monde.

Situation au Québec

Crédit : Les Cégeps du Québec

La dernière mise à jour économique du gouvernement du Québec reconnaît les difficultés de l’année 2023, marquée par des hausses de taux d’intérêt nuisibles, ayant entraîné un déclin dans la construction immobilière et une baisse de la demande des consommateurs. Malgré une prévision de croissance du PIB de 0,6 % pour 2023, la province semble entrer en récession, avec une prévision de croissance de -0,7 % pour 2024. L’inflation persistante, les taux d’intérêt mondiaux élevés ainsi que des projections pessimistes sur la consommation et l’investissement expliquent cette tendance.

Sur le plan financier, le gouvernement connaitrait des revenus légèrement inférieurs à ceux prévus, soit environ 144,3 milliards de dollars, et des dépenses plus élevées, atteignant environ 147,4 milliards de dollars pour l’exercice fiscal de l’automne. Ce qui va créer un léger déficit opérationnel de plus de 3 milliards de dollars d’ici la fin d’année. Ce chiffre augmentera pour dépasser 6,1 milliards de dollars après les paiements au fonds de réduction de la dette à long terme de la province, alors que le déficit initialement estimé dans le budget de printemps était de 1,67 milliard de dollars.

Tout au long de l’année, le marché du travail a connu une tension dépassant les simples pénuries de main-d’œuvre. Cela a provoqué des grèves parmi les fonctionnaires, engendrant des risques pour les dépenses gouvernementales prévues. Bien que le gouvernement s’engage à équilibrer le budget d’ici 2027-2028, les contributions moindres au Fonds des générations et les mesures de précaution réduites accroissent les risques pour les perspectives financières de la province, notamment en termes de croissance des revenus et de stabilité budgétaire.

Situation au Canada

Crédit : Esty

La reprise économique du Canada après la pandémie a été la plus rapide parmi les quatre dernières récessions, soutenue par les dépenses fédérales d’urgence, telles que la Subvention salariale d’urgence et les aides aux PME. Malgré une période d’inflation élevée et de taux d’intérêt en hausse, l’économie canadienne a affiché la croissance la plus rapide du G7 en 2023.

Ce dynamisme économique a été favorisé par une forte croissance démographique. La population ayant plus que doublé son rythme pré-pandémique. L’intégration croissante des immigrants sur le marché du travail a été bénéfique pour la prospérité à long terme du Canada, offrant un avantage économique significatif par rapport à d’autres pays confrontés à des défis démographiques.

Le marché du travail canadien s’est également renforcé avec la reprise rapide des emplois, dépassant celle des autres pays du G7. Une augmentation de la main-d’œuvre, en particulier chez les femmes, combinée à une augmentation du nombre de Canadiens en âge de travailler et ayant un emploi a satisfait la demande croissante de main-d’œuvre à travers le pays, augmentant ainsi les revenus des Canadiens.

Depuis l’automne 2023, une hausse des taux d’intérêt et une faible activité économique mondiale ont ralenti la croissance économique du Canada. Bien que cette baisse ait été partiellement due à des facteurs temporaires, tels qu’une saison record de feux de forêt et une augmentation inhabituelle de grèves, les taux d’intérêt plus élevés ont également freiné la demande de logements et d’autres achats importants.

Malgré ce ralentissement, le marché du travail canadien reste solide, avec des niveaux de chômage actuellement inférieurs à ceux d’avant la pandémie depuis 21 mois consécutifs. La croissance salariale reste soutenue, dépassant l’inflation, et le revenu disponible des ménages, ainsi que la richesse ajustée pour l’inflation ont connu des augmentations substantielles, particulièrement chez les revenus les plus modestes.

Situation dans le monde

Crédit : FMI

Dans son dernier rapport d’automne dernier, le FMI maintient la prévision de croissance mondiale du PIB réel en 2023 à 3,0 %, mais révise celle de 2024 à 2,9 %, abaissant ainsi les prévisions antérieures de 3,0 %. La croissance de la production mondiale a été de 3,5 % en 2022.

L’économiste en Chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, a indiqué que malgré la récupération post-COVID-19, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la crise énergétique de l’année dernière, des disparités de croissance entraînent des perspectives à moyen terme qualifiées de « médiocres ». Il a souligné que certains risques persistent, notamment la crise immobilière en Chine, la volatilité des prix des matières premières, la fragmentation géopolitique et une résurgence de l’inflation, ainsi que le nouveau risque du conflit israélo-palestinien.

Le FMI surveille de près l’augmentation récente des prix du pétrole, les tensions géopolitiques et leurs répercussions sur la production et le transport du pétrole. Il estime qu’une hausse de 10 % des prix du pétrole réduirait la production mondiale de 0,2 % l’année suivante et augmenterait l’inflation de 0,4 %.

Les marchés du travail ont tout de même montré une dynamique positive. Cependant, malgré une baisse prévue de l’inflation, elle demeure élevée, exhortant les banques centrales à éviter un assouplissement prématuré. Dès lors, il est nécessaire pour les pays de reconstruire leurs réserves fiscales en raison des incertitudes futures, dont l’une des plus inquiétantes est l’aggravation des déficits fiscaux aux États-Unis.

Références

https://www.imf.org/fr/Publications/WEO/Issues/2023/10/10/world-economic-outlook-october-2023

https://www.budget.canada.ca/fes-eea/2023/report-rapport/overview-apercu-en.html#a1

https://www.finances.gouv.qc.ca/budget_and_update/maj/index.asp

https://www.oecd.org/economic-outlook/september-2023/

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