Les Botuliques au TGP : tendresses et querelles d’une famille fonctionnelle

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Le Théâtre des Gens de la Place présentait le jeudi 8 février la première de sa nouvelle pièce : Les Botuliques. Il s’agit d’une création originale d’Annye Villemure (texte et mise en scène), une artiste de Shawinigan, présentée jusqu’au 17 février à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. Laissez-moi tout de suite vous confier que cette pièce est l’une des meilleures que j’ai eu la chance de voir à Trois-Rivières dans les dernières années, et qu’il s’agit d’un incontournable pour les amateurs des arts de la scène.

Visuel officiel de la pièce. Crédits : Théâtre des Gens de la Place.

Le botulisme

La pièce met en scène cinq femmes de la famille Beaulieu qui se retrouvent pour le traditionnel « cannage de sauce à spag ». Après ces quelques lignes, vous cherchez toujours probablement ce que sont les botuliques, non? Comme la plupart des spectateurs j’imagine. Pour satisfaire nos envies d’érudition, la troupe a inséré une définition dans son synopsis.

Botulisme : maladie causée par une toxine créée lors de la mise en conserve de produits alimentaires, si la méthode est inadéquate.

Synopsis de la pièce Les Botuliques

Je vous rassures immédiatement : personne ne sera malade lors de cette représentation. À tout le moins, pour des causes alimentaires. Mais l’on peut tout de même se questionner sur la méthode de ces cinq femmes, car leur entreprise ne sera pas de tout repos. En effet, faute de malaise gastrique, elle mettront pourtant toutes leurs tripes sur la table.

Un texte cinglant et touchant

Parions que cette création originale de Villemure parlera à nombre de spectateurs, mais surtout de spectatrices. Que ce soit les querelles et les fatigues de la maternité, les relations mère-fille, la monoparentalité ou la dépression, tous les sujets sont abordés avec l’aplomb nécessaire à leur gravité.

Mais Les Botuliques n’a rien d’une tragédie grave et sans issue : l’on rit, de rires sonores et généreux, alors que les cinq personnages se confrontent à elles-mêmes et aux autres dans des scènes de drames ordinaires, drames auxquels il est aisé de s’identifier.

Le seul reproche que l’on puisse faire à la pièce est peut-être son caractère convenu, son manque d’originalité. Mais tout est si efficace du début à la fin que l’on se laisse prendre au jeu ; l’on a vu ces scènes cent fois, mais l’on ne boude pas le plaisir de les revoir tant elles sont écrites avec brio. Vous pouvez être certains de revenir chez vous avec quelques perles de dialogue.

Une distribution hors de l’ordinaire

En plus du caractère maitrisé du texte, l’on peut souligner le jeu magistrale de toutes les comédiennes. Encore une fois, c’est là l’une des meilleurs distributions qu’il m’ait été donné à voir dans la région ces derniers mois.

Chacune de ces artistes habite son personnage et le rend avec naturel ; l’on en oublie quelques instants la facticité du jeu pour se retrouver avec elles dans leur cuisine. Elles sont toutes tantôt drôles, tantôt émouvantes et le remarquable du texte de Villemure et de leur accorder à chacune une profondeur et un arc narratif abouti. Aucun personnage-fonction ici : que des femmes de chair et d’os aux prises avec les embarras du réel.

Texte et mise en scène Annye Villemure
Mentor (mise en scène) Andréanne Cossette
Conseillère à la dramaturgie Brigitte Caron

Éclairages Jérémy Carrier-Lévesque
Décors Simon Brouillette-Gélinas, Alexis Cantin
Accessoires Geneviève Pilon

Avec Frédérick Labonté-Beaulac, Rollande Lambert, Marie-Andrée Leduc, Cindy Rousseau, Nathalie Whelan

Les cinq comédiennes de la pièce. De gauche à droite : Frédérick Labonté-Beaulac, Cindy Rousseau, Nathalie Whelan, Rollande Lambert, Marie-Andrée Leduc. Crédits : Page Facebook du TGP.

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