Les mésaventures d’un père espiègle, d’Étienne Langevin: Humour de banlieue et «mères modernes»

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L’ancien membre du duo Les Machines de l’humour, Étienne Langevin. Photo: Courtoisie
L’ancien membre du duo Les Machines de l’humour, Étienne Langevin.
Photo: Courtoisie

Le 15 février dernier, le Théâtre du Cégep de Trois-Rivières a accueilli le tout premier one-man-show d’Étienne Langevin, Les mésaventures d’un père espiègle. Ce spectacle est une mise en scène de François Chénier.

Étienne Langevin, contrairement à bien des humoristes québécois, offre un spectacle qui pourra plaire à un public de tous âges. Ne se laissant pas tenter par la vulgarité, Langevin qualifie même son style actuel comme étant de l’humour de banlieue. En effet, les sujets exploités, comme peut le laisser deviner le titre Les mésaventures d’un père espiègle, tournent autour des enfants, mais aussi de la relation homme/femme. Le tout est traité avec une certaine prévisibilité, tombant même à l’occasion dans le cliché ou la banalité. Certains propos m’ont même parus saupoudrés de sexisme, me laissant à quelques reprises un gout amer. Les idées sont peut-être bonnes, mais pas exploitées à leur plein potentiel.

Même avec certaines anecdotes sympathiques autour du comportement des mères surprotectrices, surnommées les «mères modernes», aucun moment du spectacle n’a réellement été marquant. Après avoir été témoin de textes humoristiques rédigés avec une rigueur palpable, celui d’Étienne Langevin semblait… mou. Des textes qui s’étirent en mots superflus ou en histoires bancales, difficiles à suivre ou très peu imagées.

Le tout est traité avec une certaine prévisibilité, tombant même à l’occasion dans le cliché ou la banalité.

Point positif, Étienne Langevin garde toujours un contact serré avec son public et partage avec lui. Que se soit par les habituels applaudissements en guise de réponse ou par des échanges directs, ce lien étroit apporte une proximité agréable. Par contre, on sent parfois ce lien brisé par de nombreux «faux échanges» alors que Langevin parle à un membre du public imaginaire, comme si celui-ci avait réagi de vive voix à ses propos. Le tout étant bien entendu rédigé à l’avance, le public pourrait croire qu’on se joue de lui. L’humoriste s’est aussi lancé dans «l’improvisation» de poèmes destinés à des femmes spécifiques du public, basés sur leur nom. Dès que le nom était un tant soit peu hors du commun, on sentait Langevin déstabilisé devant la situation.

Cependant, c’est lors des quelques chansons qui ont ponctué le one-man-show qu’Étienne Langevin m’a totalement perdue. Même si cela peut le rendre attachant à certains regards, c’est d’un autre côté tomber dans la facilité en ne faisant que rimer les mots sur des airs connus du public. Il faut dire que les comédies musicales ne sont pas ma tasse de thé non plus.

L’humour d’Étienne Langevin plaira tout de même à la majorité des gens, car il reste un personnage attachant. Par contre, pour les férus d’humour, il s’agit peut-être d’un spectacle trop peu étoffé.

Un habitué de l’humour

Diplômé de l’École nationale de l’humour, Étienne Langevin n’est pas tout nouveau dans le domaine. Il est récipiendaire du Nez d’Or Révélation du Festival Grand Rire de Québec de 2009. Il a aussi collaboré aux textes des spectacles de grands noms de l’humour, dont Anthony Kavanagh, Jean-Marc Parent, Stéphane Rousseau, Marc Dupré, Franck Dubosc, Dieudonné, Patrick Huard et Martin Petit. Il a aussi fait partie du duo Les Machines de l’humour aux côtés de François Valade.

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