Les oiseaux ivres : un bonbon visuel qui laisse sur sa faim

0
L’affiche du film les oiseaux ivres d’Ivan Grbovic.

Les oiseaux ivres, le dernier film d’Ivan Grbovic est en salle depuis près d’un mois. Reconnu pour ses ambiances lyriques et sa cinématographie léchée, le dernier Grbovic était plus qu’attendu. Mais ce long-métrage est-il à la hauteur de ses critiques dithyrambiques? Découvrons ensemble ce qui se cache derrière ce succès acclamé. 

Un délice visuel…

Les oiseaux ivres a déjà été invité dans une dizaine de festivals à travers le monde.  D’ailleurs, il représentera le Canda dans le cadre du processus de nomination pour le meilleur film international de la 94e cérémonie des Oscars. De plus, il inaugurera le Festival internacional de Cine de Los Cabos qui se tient du 10 au 18 novembre au Mexique. De quoi faire rêver. Mais cela n’a rien de surprenant, car ce film utilise le langage universel de l’image.

En effet, chaque plan est distinctif et sait allier le tangible et le lyrique. La campagne québécoise n’a jamais sembler aussi luxuriante et le désert mexicain, aussi inhospitalier. De plus, la lumière est l’un des points fort. Celle-ci traverse sans cesse la lentille pour éblouir le spectateur, donnant un accent réaliste aux prises de vue. Le plus intelligent de la part du réalisateur est qu’il laisse le temps aux images de parler. En effet, les silences sont souvent présents pour laisser le temps à l’œil de saisir sa propre histoire.

Hélène Florent joue à la perfection dans ce film. Malheureusement, son personnage est un peu effacé. Crédit : CTVM.

…Sans effet de satiété

Rien à redire sur l’aspect formel du film. Cependant, je dois admettre avoir trouvé sa trame narrative confuse. Évidemment, il serait absurde de dire que celle-ci est pauvre ou foncièrement mal écrite. Plutôt, elle semble manquer l’espace nécessaire pour respirer et se développer convenablement.

Les oiseaux ivres raconte l’histoire de Willy (Jorge Antonio Guerrero), travailleur saisonnier mexicain, venu au Canada pour retrouver sa flamme qu’il croit être à Montréal. Son destin croisera celui de ses employeurs, interprétés par Claude Legault et Hélène Florent. Déjà, mentionnons que le jeu des acteurs est incroyable. En effet, qu’il s’agisse des employeurs canadiens, ou des travailleurs mexicains s’exprimant en espagnol, tout le monde joue bien et juste. L’émotion n’a aucun mal à traverser l’écran et le silence joue un rôle clé pour laisser les talents des acteurs et actrices s’exprimer.

Ivan Grbovic avait Les oiseaux ivres dans ses tiroirs depuis 15 ans. Crédit : Latribune.ca

Le problème est que de nombreuses trames narratives s’entremêlent : La quête de Willy, les difficulté du couple canadien, les embarras de leur fille (interprétée par Marine Johnson). Cependant, si plusieurs trames sont ouvertes, rien n’est réglé. Au final, la conclusion arrive comme un cheveux sur la soupe, et ce sans clore les autres histoires. Sans vouloir rien divulgâcher, disons que les deux personnages féminins auraient bien plus à raconter que ce qui est présenté à l’écran au final.

Besoin de décompression

Je dois admettre avoir l’habitude des très longs-métrages. Disons qu’un film de cinq heure, comme Novecento (1976) de Bertolucci, cela ne me fait pas peur. Sans vouloir pousser à l’extrême, je crois que Les oiseaux ivres aurait mérité un plus long temps d’écran. En effet, Grbovic ne fait aucun compromis concernant la contemplation visuelle. Mais, cela a pour contrainte de lui laisser peu d’espace pour développer son récit et ses personnages.

L’on ressort donc du cinéma contenté par les images, mais laissé sur notre faim quant aux motivations des protagonistes et à la conclusion de leurs péripéties. Le film aurait mérité plus que son (relativement court dans le cas présent) 105 minutes. Tout de même, un film à voir pour en faire votre propre avis, ainsi que pour le plaisir des yeux.

Les plans sont tous incontestablement à couper le souffle. Crédit : Le septième art.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here