
Le jeudi 8 janvier dernier avait lieu le vernissage de l’exposition Les perfides banalités par l’artiste Luce Dumont à l’Atelier Presse Papier. Cette exposition remplie de délicatesse et de poésie explorait la façon dont les déchets sont gérés dans notre société en les mariant à la nature qui nous entoure.
Dès 17h, les visiteurs ont pu se réunir à l’Atelier Presse Papier pour admirer l’installation et profiter des rafraichissements offerts. L’artiste, Luce Dumont, était sur place pour discuter de ses œuvres.
Des dessins monochromes

Le mur de droite était couvert de la série Ravissement et indignation, des dessins en graphite et en aquarelle. Les dessins étaient principalement en noir et blanc, et mettaient en scène un gros plan de différentes plantes. Chaque dessin portait une couleur différente qui venait teinter les fleurs ainsi que les déchets qui se cachaient au travers. À première vue, les déchets étaient presque invisibles et il fallait s’y attarder pour reconnaitre un masque ou un emballage. L’artiste a débuté cette série en décembre 2019, mais elle n’a vu le jour que récemment. Chaque dessin a nécessité environ 200 heures de travail, ce fut donc un projet de longue haleine.
Une fresque impressionnante
Le mur de gauche était entièrement recouvert de 120 carrés de linoléum créant une immense fresque. Les linogravures en noir et blanc d’arbres, de plantes et de fleurs étaient parsemées de couleurs. Cachés dans la nature, des déchets et des logos colorés étaient placés de sorte à former un dégradé de rouge, jaune, vert, bleu et rose.

Ces images d’objets étaient en fait découpées dans des circulaires d’épicerie reçues dans les Publisacs. On pouvait reconnaitre des sacs de croustilles Lays, des emballages de Pepsi, des boites de Ritz et bien d’autres produits et marques de la vie courante. L’artiste a passé des semaines à épurer les circulaires pour choisir ses produits et ses couleurs. Luce Dumont affirme que l’exercice est vite devenu une sorte d’étude sociale. Elle a constaté que les mêmes produits reviennent à répétition, nous avons en fait peu de choix dans les produits que l’on consomme.
Elle a ensuite passé des heures à choisir comment agencer ses différentes matrices de linogravure et ses découpages pour former le dégradé de couleur et rendre le tout harmonieux. « Même si je traite de choses moins rigolotes, moins agréables, comme les déchets dans l’environnement, j’aimais beaucoup l’idée d’avoir de l’harmonie, comme dans mes dessins, dans mes couleurs, une douceur. », affirme l’artiste.
Luce Dumont a commencé sa carrière en arts après un retour aux études à 45 ans, lorsqu’elle a débuté un baccalauréat en arts visuels. Elle était à l’origine botaniste et c’est cette vision environnementaliste qui a inspiré ce corpus. Pendant la pandémie, elle a remarqué un gros relâchement au niveau environnemental, car des déchets et des masques trainaient partout.
« Je suis une ancienne botaniste, mon mari est biologiste, donc on est très à l’affut de ce qui se passe en environnement. »
Luce Dumont, artiste
L’Atelier Presse Papier, situé à Trois-Rivières, est un atelier destiné aux artistes pratiquant des techniques en estampe. Leur espace de diffusion accueille chaque année plusieurs expositions d’artistes pratiquant diverses techniques.
Le corpus Les perfides banalités de Luce Dumont est en exposition jusqu’au 8 février, il est donc encore temps d’aller admirer ces œuvres. Les heures d’ouverture de l’Atelier Presse Papier sont disponibles sur leur site internet.



