Lettre d’opinion: Bye bye « bonjour / hi » !

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NOTE: Puisqu’il s’agit d’une lettre d’opinion émise par un étudiant ne travaillant pas pour le Zone Campus, l’auteur est entièrement responsable du contenu de sa lettre. 


Par Alexander Brett

OK, premier jour au Québec. Se concentrer. Ils parlent français ici, et pas le genre de français qu’on vous a enseigné. Le français du Québec est différent. Mais ça ne peut sûrement pas être si difficile?

— « Bonjouré », lance l’homme au comptoir quand je paie pour ma copie de La Presse.

— « Bonjour …? » je réponds timidement. Je suppose que c’est ce qu’il faillait dire.

Wow, donc mes professeurs n’avaient pas tort alors. C’est vraiment un genre différent de français ici.

Mais, après bien d’autres « bonjourés » à Ottawa, dans les aéroports et dans les autres lieux bilingues, et confirmés par le débat houleux il y a quelques semaines, il s’avère que ce qu’il essaye de dire n’était pas une forme accentuée de « bonjour », mais « bonjour / hi », une tentative précipitée pour que les anglophones comme moi se sentent confortables.

Donc, merci, mais non merci.

Le Québec est une province francophone avec des lois parmi les plus strictes au monde en matière de protection linguistique : même en France, ils achètent leurs cafés au « Starbucks Coffee », pas au « Café Starbucks », leur nourriture rapide au « KFC », pas « PFK ». Nous, les Anglophones au Québec, sommes plus qu’heureux d’arrêter à un « Café Starbucks », de « magasiner » pour Noël, voire de payer nos impôts, d’aller chez le médecin et d’éduquer nos enfants en français. Parce que la grande majorité d’entre nous acceptons que la langue du Québec soit le français.

Parce que la grande majorité d’entre nous acceptons que la langue du Québec soit le français…

Pour être juste, il semble que les partisans de l’interdiction plutôt inutile de « bonjour / hi » (la loi ne comporte aucune sanction) par l’Assemblée nationale sont concentrés spécifiquement à Montréal. Cela a du sens. Montréal est l’une des villes les plus visitées au Canada par les touristes étrangers et évidemment — et à mon grand regret — l’anglais est la langue internationale la plus connue, donc la langue que ces touristes utilisent le plus aisément. Mais je vous assure que les touristes à Paris auront beaucoup de mal à se débrouiller en anglais, parce que les Parisiens ne supportent pas l’usage de l’anglais. Et les Montréalais ne devraient pas non plus.

J’ai un ami qui étudie à McGill présentement et j’ai été choqué quand nous sommes allés prendre un café au Starbucks où il a commandé tout spontanément « a caffè latte and a muffin to eat in ». Pas même une tentative de français.

« Certainly sir, coming right up », a répondu la fille au comptoir.

Non, certainement pas, sir !

Mon ami habite à Montréal où la langue officielle est le français ; il devrait parler français. Vous aussi, madame la serveuse, vous travaillez à Montréal où la langue officielle est le français ; vous devriez répondre en français. Même s’il parle en anglais.

Bien sûr, 48 pour cent des Montréalais parlent une autre langue que le français. Mais moins de la moitié de ce nombre parle l’anglais comme langue première. Ceux qui ne parlent pas le français parlent principalement l’espagnol, l’italien, le chinois et l’arabe. Donc, si on veut vraiment que tous les Montréalais se sentent chez eux, pourquoi ne pas commencer la conversation avec « bonjour, hi, hola, ciao, ni-hao, marhabaan » ? Un peu long ?

Pourquoi ne pas commencer la conversation avec « bonjour, hi, hola, ciao, ni-hao, marhabaan »?

Et si Montréal peut s’enorgueillir à juste titre de son cosmopolitisme, il ne faut pas oublier qu’elle n’est pas seule. 62 pour cent de la population de Richmond, en Ontario, est née à l’étranger; 51,5 pour cent des habitants de Toronto appartiennent à un groupe ethnique autre que celui des Canadiens à la peau blanche, et ceux qui ont des origines ethniques différentes à Vancouver représentent environ 50 pour cent de la population dans tous les quartiers.

Dans mon pays aussi, la Grande-Bretagne, je me suis souvent retrouvé dans des quartiers de Londres où la langue de la rue est l’hindi, le russe ou le français. Mais alors que la plupart des vendeurs dans la région ont probablement une bonne connaissance de ces langues, je n’ai jamais été accueilli avec un « hello / priveet », un « hello / namaste » ou un « hello / bonjour ». Parce que la langue officielle de l’Angleterre est l’anglais.

À Montréal, près de la moitié des habitants parlent une autre langue. Mais la langue officielle du Québec serait toujours le français. Les immigrants et les touristes doivent simplement reconnaitre cela.

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