Lu pour vous: « L’éducation à la citoyenneté guérira-t-elle la démocratie ? » d’Yvan Bordeleau

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Livre l’éducation à la citoyenneté guérira-t-elle la démocratie? Crédits: Édition XYZ

Le diagnostic est clair. Tous les auteurs et experts qui se sont rendus à son chevet mobilisent le même champ lexical pour rendre compte de son état. Elle est affaiblie, agonisante, de plus en plus impuissante. Depuis plusieurs années déjà, la mère démocratie est immergée quelque part dans les dédales de la mer des Sargasses de la mondialisation. Face à ce constat Yvan Bordeleau s’interroge :  l’éducation à la citoyenneté la guérira-t-elle ?

À propos de l’auteur

Yvan Bordeleau. Crédits: Assemblée Nationale du Québec

Né à La Sarre, le 19 février 1942, Yvan Bordeleau fait ses études au Collège Mont-Saint-Louis à Montréal de 1954 à 1963 et à l’Université de Montréal où il obtient un doctorat en psychologie industrielle et organisationnelle en 1973. Sa carrière universitaire est marquée par d’importantes responsabilités dans ladite université. Il sera également membre du conseil de la Faculté des arts et des sciences de 1980 à 1986 ainsi qu’en 1988 et en 1989. Aujourd’hui, il est membre à vie de l’Ordre des administrateurs agréés du Québec et professeur honoraire de l’Université de Montréal. Dans le domaine politique, il est élu député du Parti libéral dans l’Acadie en 1989 et réélu en 1994, en 1998 et en 2003. Il compte également à son actif plusieurs hautes responsabilités au sein de l’Assemblée nationale et du gouvernement du Québec.

L’ouvrage et son fil d’Ariane

Le livre de Yvan Bordeleau, L’éducation à la citoyenneté guérira-t-elle la démocratie ?, publié le 21 septembre 2022 et préfacé par Jean-Pierre Charbonneau, est un essai qui s’interroge sur l’état actuel de la démocratie et les causes du désengagement citoyen. L’ouvrage est divisé en trois grandes parties comportant trois chapitres par partie en dehors de la première qui compte deux chapitres pour un total de 8 chapitres.

L’analyse de l’auteur s’ouvre dans la première partie avec une présentation de la démocratie, ses idéaux et ses malaises. Les deux chapitres dédiés ici rappellent les grands principes de la démocratie à savoir: la souveraineté du peuple, le respect des droits de la personne, la séparation des pouvoirs et les élections. Ces principes sont croisés avec l’état de la démocratie dans le monde qui révèle un portrait peu attrayant avec notamment la montée des mouvements populistes, le terrorisme, la radicalisation des mouvements politiques, la xénophobie, la manipulation de l’opinion, les conflits armés, etc.

La deuxième partie de l’ouvrage est un exposé du rôle des institutions démocratiques et des divers acteurs politiques. L’auteur distingue ici trois catégories de parties prenantes dans l’animation de la vie démocratique. La première concerne les institutions démocratiques et les élus, la seconde les journalistes et les médias et enfin le citoyen comme acteur majeur.

La troisième partie de l’ouvrage, la plus importante pour nous, est également celle qui répond à la question centrale, objet et titre de l’ouvrage : comment faire pour guérir la démocratie ? Yvan Bordeleau dresse donc ici les trois voies nécessaires pour assurer la survie de la démocratie :

Le respect des valeurs de la démocratie : la liberté, l’égalité, la justice, le respect des droits de l’homme, la solidarité doivent être reconnus et appliqués pour tous. Pour l’auteur, « les valeurs orientent chaque personne dans les choix de tous les jours » (p.137).

Les responsabilités citoyennes

Les responsabilités citoyennes : « … chacun de nous, en tant que citoyen, a un rôle à jouer sur le plan du bon fonctionnement de la démocratie » (p.165) déclare l’auteur. Il faut, pour cela, inverser la courbe du désengagement et l’indifférence des citoyens, car cela entraîne la possession du pouvoir par une minorité dominante. L’auteur lance ici un appel à la responsabilité citoyenne dans la vie publique et communautaire en contribuant à l’élaboration des lois, la délibération commune sur l’avenir de leur communauté et la nation. Ces citoyens engagés et responsables doivent aussi être des modèles sociaux qui respectent la loi, l’éthique et les multiples autres devoirs qui les incombent.

« Pour souligner l’importance de l’éducation à la citoyenneté, je citerai Nelson Mandela : L’éducation est l’arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le monde… »

L’éducation à la citoyenneté guérira-t-elle la démocratie ? de Yvan Bordeleau, p.282

L’éducation à la citoyenneté : l’auteur souligne que la démocratie ne peut exister sans l’impulsion vitale des citoyens. Pour lui, le facteur le plus important pour une démocratie saine est le capital humain. Ce dernier doit donc être éduqué dans les nombreux milieux dont regorge la société à savoir : les institutions démocratiques, les écoles, les collèges, les universités, les médias, les organismes communautaires et même les familles. Enfin, l’auteur relève les axes à privilégier dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté dont : le savoir, le savoir-faire, et le savoir-être.

À lire et faire lire

L’ouvrage d’Yvan Bordeleau est une pépite qui rencontre l’un des défis de notre temps : le périssement de la démocratie. Sans vouloir être une panacée, il s’intéresse au primum movens de celle-ci: l’homme. Éduquer ce dernier c’est sauver notre démocratie. Pour vous procurer L’éducation à la citoyenneté guérira-t-elle la démocratie ?, c’est ici!

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