Mères étudiantes: Un filet social qui se dérobe sous leurs pieds

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mères étudiantes
Les mères étudiantes ont à se préoccuper à la fois de leurs études, de leur propre santé ainsi de la santé de leur(s) enfant(s).

La population étudiante vit beaucoup de stress en temps normal, car la performance occupe une place importante dans leur vie. Depuis un an, le niveau de stress a augmenté avec l’arrivée du Coronavirus. Or, il y a une catégorie de personnes pour qui le stress atteint des niveaux vertigineux: les mères étudiantes.

Selon une enquête menée par Léger en partenariat avec l’Association d’études canadiennes (AEC) le 2 et 3 janvier 2021, «les femmes de 18 à 34 ans ont des auto-évaluations négatives de la santé mentale beaucoup plus élevées que les hommes de la même tranche d’âge» et «plus de 30% des étudiants de 18 à 34 ans déclarent avoir une mauvaise santé mentale». Les statistiques ne mentent pas; les témoignages recueillis auprès de mères étudiantes sont également sans équivoque.

Des mères étudiantes prises au dépourvu

Gabrielle Lagacé, étudiante en enseignement des Arts à l’UQTR, parle de son expérience: «J’ai vécu un début de session assez stressant, car j’ai appris la veille du début de la session d’hiver 2021 que la halte-garderie de l’université était fermée jusqu’à nouvel ordre dû à la pandémie. Je me retrouvais donc sans garderie à valser entre les Zoom, les cours en présentiel et les travaux sans endroit où déposer mon fils le temps de mes cours».

De son côté, Mélissa Alarie, étudiante au Baccalauréat en études françaises, profil langue et études littéraires à l’UQTR, confie avoir du mal à établir la communication avec le personnel enseignant. «J’ai beaucoup de misère à contacter les enseignants, ce qui fait que lors de mes questionnements, souvent, je demeure sans réponse. J’ai également un manque de concentration sur Zoom. Les finances ont beaucoup diminué, car c’est plus compliqué de trouver un emploi, quand on est mère monoparentale, qu’on enseigne à son fils et qu’on suit des études également».

Elle ajoute qu’elle a pris la décision de faire l’école à la maison pour son fils de 15 ans au début de la pandémie en 2020. Il est asthmatique et fréquente le Séminaire St-Joseph, en pensionnat, où les élèves proviennent de partout au Québec. Elle observe également un manque de confiance en elle, car elle a l’impression de recevoir moins d’aide. Elle note aussi une augmentation de ses tâches parce qu’elle enseigne à son fils à la maison en plus de ses cours universitaires.

Un filet social inaccessible

De ces deux témoignages, l’isolement est également vécu par l’absence de relations pouvant être tissées par vidéoconférence autant avec les étudiantEs qu’avec le corps professoral. Aussi, la solitude est d’autant plus marquée que la population doit éviter de fréquenter la famille et les amiEs. Notamment, elles ne peuvent demander de l’aide à leur famille en raison des règles sanitaires mises en place par le gouvernement. D’ailleurs, «les cours en ligne sont en soi un très grand changement à la vie étudiante. On fraternise beaucoup moins avec notre cohorte, on tisse moins de lien entre nous, comme avec nos enseignants, c’est dommage», selon Gabrielle Lagacé.

Lors de sondages effectués du 22 janvier au 3 février 2021 par l’Institut de santé publique du Québec (INSPQ), 18% des étudiantEs au collégial et 16% des étudiantEs universitaires perçoivent leur santé mentale comme «passable» ou «mauvaise» selon des caractéristiques sociodémographiques de la scolarité. Selon le sexe, c’est 20% des femmes et 18% des hommes. Selon l’âge, c’est 34% des 18-24 ans et 25% des 25-44 ans qui ont cette perception de leur santé mentale.

Selon une enquête éclair de l’Union étudiante du Québec, ce serait même 81% d’un peu plus de mille personnes étudiantes sondées qui vivraient une détresse psychologique considérée comme élevée. Ces chiffres préoccupants font réitérer le besoin d’aide psychologique et pédagogique supplémentaire auprès des étudiantEs, aide d’autant plus vitale pour les mères étudiantes, qui doivent également se préoccuper de la santé psychologique de leur famille.

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