
La Galerie R3 a accueilli jeudi dernier, le 15 janvier, le vernissage de l’exposition BÂTI de l’artiste Morgan Légaré. Installée dans un espace qui mêle architecture intérieure et dispositif scénographique, l’exposition propose une expérience perceptive centrée sur les gestes lents et le travail de l’espace comme matériau artistique.

Une pratique figurative
Pour l’artiste Morgan Légaré, cette exposition marque un retour aux sources significatif, puisqu’il s’agit de la première fois qu’il expose au sein de sa ville natale, Trois-Rivières. L’idée germe de loin, depuis son parcours qui a débuté en 2016 au Cégep de Trois-Rivières en arts visuels. À l’origine, l’artiste envisageait l’enseignement, mais souhaitait d’abord explorer quelque chose de stimulant. L’artiste confie:
« Je me suis inscrit en arts visuels sans m’attendre à rien, puis finalement, j’ai eu la piqûre »
Après sept années de pratique cumulées, dont un passage à Montréal et un baccalauréat entamé, mais non complété, sa carrière s’est construite de fil en aiguille. Cette sixième exposition solo, la première ayant eu lieu à Berlin en mars 2021, aborde le patrimoine familial et bâti, un thème personnel pour lui.
« C’est ce qui se rapproche le plus d’un autoportrait pour moi », explique légaré

Son père, étant entrepreneur général, lui a transmis les rudiments de la construction durant son enfance. En conjuguant ses deux passions, l’art et le bâtiment, Légaré propose des images volontairement dénudées de personnalité, parsemées de symboles des années 1990, invitant chacun à s’y reconnaître. « C’est de la nostalgie, ça peut être le reflet de nous tous », résume–t-il.
Une entrée révélatrice

Dès l’entrée, les gens sont confrontés à une série d’éléments. Des fragments, tels qu’ils apparaissent dans le texte curatorial, sont présentés comme des sédiments de mémoire: pièces de bois, surfaces peintes, maquettes et imprimés qui cohabitent dans un espace où la lumière joue un rôle déterminant. Cette mise en scène rappelle que l’espace d’exposition peut naître de la perception.
BÂTI ne se contente pas d’exposer des objets; elle organise une expérience qui sollicite le regard et le toucher, tout en ouvrant des pistes de compréhension sur la manière dont les objets et les lieux racontent une histoire. D’ailleurs, les gens étaient invités à marcher sur la plaque de toiture en métal.
À la maison
La pratique présentée dans cette exposition est le résultat d’un travail pluridisciplinaire. Des éléments sculpturaux coexistent avec des pièces photographiques et de véritables pièces de constructions.
« je veux que les gens se sentent comme s’ils étaient à la maison » , affirme-t-il
L’installation invite à une lecture croisée entre matérialité et mémoire, entre production contemporaine et traces du passé. Le public est encouragé à circuler, et à établir ses propres liens, sans imposer une trajectoire unique de compréhension.

Du point de vue curatorial, la mise en espace privilégie une cohabitation entre le travail sculptural et les dispositifs d’exposition, en préservant des zones d’interstice où les œuvres « respirent ». Cette organisation met en lumière l’idée de l’artiste envers son public: faire du lieu un interlocuteur actif, capable de générer des interprétations multiples et personnelles.
Prochainement, l’artiste Morgan Légaré sera de retour à la Galerie R3 pour une conférence photo ouverte au public le 23 février en journée, l’heure restant à confirmer.



