Nüshu, Rorqual et Destruction Derby: Chevreuil, parfum et hydrazine!

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C’est par une pluie verglaçante et sous l’étendard de TallxRottenxBastards que s’est déroulé vendredi 13 décembre à la Taverne Royale, les 31 ans de Simon Ouellette, un des organisateurs phares de la scène underground trifluvienne. Voulant s’offrir une petite soirée noise rock, les invité.e.s étaient Nüshu, Rorqual et Destruction Derby, tous d’excellents actes qui rayonnent avec leurs musiques lourdes et leurs paroles francophones.

Gaz de fusée

C’est avec peu de gens que vers 22h le concert commence avec les Montréalais de Destruction Derby. Venu quelques semaines auparavant lors d’une tournée pour le lancement de leur deuxième EP Top Speed, le groupe était passé sous les radars. Décrit comme étant des gros riffs de lumière de check engine allumée, le power duo composé de Jimmy St-Amand à la guitare et de François Makin à la batterie, joue à 300 miles à l’heure. C’est sous les riffs alliant à la fois trash métal, grunge, et D-Beat que les deux musiciens nous sortent un son bien old school sorti de l’âge d’or du métal.  Ponctués d’échantillons de bécycle et de voitures, le duo arrache tout avec une énergie entre Slayer et Soundgarden, des solos énergiques et un drum punk à souhait, au diable la basse! Certainement, Destruction Derby n’en a pas besoin pour sonner bien.

Emo cosmique

Rorqual: Jean Luc Daigle (guitare), Pierre Brouillette Hamelin (basse) et Gabriel Lefebvre (batterie).
Crédit photo: Alexis Lambert

Né des cendres de Charrue, Pierre Brouillette Hamelin et Jean-Luc Daigle se sont alliés à Gabriel Lefebvre pour nous présenter leurs atmosphères océaniques et rêves positifs avec Rorqual. Ayant sorti leur album 1.0 durant l’été 2019, le trio est déjà passé à autre chose et nous présente ce soir ses nouvelles compositions.

Les membres de Rorqual nous prouvent qu’ils sont des maîtres à la fois de la lourdeur et de la légèreté.

Les spectateurs sont déjà bien éméchés (après quelques tournées payées par les habitués du bar) et la popularité de Rorqual au sein de la scène locale est déjà bien installée. En alliant parfaitement la résonance et les jeux d’instruments, les membres de Rorqual nous prouvent qu’ils sont des maîtres à la fois de la lourdeur et de la légèreté, alliant arpèges dissonants et paroles émotives. Le son des Trifluviens est caractérisé par ses puissants crescendos, appuyés par la voix éthérée de Daigle, contrastant avec le tonnerre de cymbales que nous offre Lefebvre. C’est à travers ses montées langoureuses, ses parties de guitare expérimentales et le contraste de Daigle avec la voix puissante et gutturale d’Hamelin que Rorqual nous prouve qu’il n’a absolument rien à envier aux géants du genre. Pour célébrer l’anniversaire de Simon, Rorqual propose même une reprise de Sonic Youth, très appréciée par le public.

Math punk et plancher sale

Nüshu: Jerry Lee Boucher (guitare), Lydia Champagne (batterie), Jessica Pion (basse) et Navet Confit (guitare).
Crédit photo: Alexis Lambert

C’est après un épisode de transport ambulancier d’un des clients du bar que les Montréalais.es. de Nüshu montent sur les planches. Les vétéran.te.s de la scène underground nous présentent leur nouvel opus Sexe étranger. C’est avec assurance que la chanteuse Jessica Pion mène la valse avec ses tirades énormes de basse, accompagnée par les rythmes spatiaux, joyeux et saccadés des guitaristes Jerry Lee Boucher et Navet Confit. La musique n’en est pas moins violente, mesurée patiemment par le jeu intense et fin de la batteuse Lydia Champagne.

C’est sous les sonorités math punk et les jeux de guitares stroboscopiques que Nüshu enflamme la taverne…

C’est sous les sonorités math punk et les jeux de guitares stroboscopiques que Nüshu enflamme la taverne avec son titre Chevreuil qui pousse les spectateur.trice.s dans un superbe moshpit, durant lequel le plancher se retrouve couvert de bière en un temps record, arrachant un sourire au visage des membres du groupe. Au travers de tous ces sons venus d’univers multiples, Nüshu résonne par leur présence, leurs expérimentations et leurs originalités.

La scène rock de Trois-Rivières n’a décidément rien à envier à celle des grandes villes. L’esthétique DIY et la musique de qualité ne manquent pas, le tout arrosé par une foule énergique. Encore une fois, bonne fête Simon!

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