Off-FPTR 2019: Caractères II de Sébastien Dulude

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Vue de l’exposition | Crédit: Ariane Lebeau

Le 10 octobre dernier, Sébastien Dulude ouvrait l’Off-festival de poésie de Trois-Rivières (Off-Fptr) au Café Frida avec le vernissage de l’exposition «Caractères II». En formule cinq à sept, les spectateur.trice.s sont venu.e.s découvrir les récentes œuvres de poésie visuelle réalisées à la machine à écrire. 

L’Off-festival de poésie de Trois-Rivières est née est 2007 en réponse au Festival international de poésie de Trois-Rivières. Il permet d’accueillir une poésie émergente et différente pour tous.tes les écrivain.e.s et les maisons d’édition indépendantes qui souhaitent faire entendre leur voix dans un micro-ouvert. L’Off-Fptr représente ainsi une alternative au Festival international de poésie de Trois-Rivières où une pluralité de voix, parfois dans l’ombre, se fait entendre.

Caractères II

Après avoir présenté «Caractères I» en 2016, Sébastien Dulude nous présente «Caractères II». Dans le cas présent, le mot «caractères», utilisé au pluriel, semble ambivalent. D’une part, au niveau typographique,  il renvoie à un signe graphique d’un système d’écriture. D’autre part, au niveau biologique, il renvoie à un élément descriptif d’un être vivant. Or, l’artiste souligne que chaque machine a sa propre «personnalité» et sa propre «humeur». Il s’intéresse ainsi aux différentes machines à écrire. L’artiste en collectionne depuis 2014, mais c’est depuis sa résidence «Caractères I» qu’il a commencé à les utiliser dans sa pratique artistique.

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Sébastien Dulude, Sans titre, lancement revue PLI, 27 octobre 2018 | Crédit: Jean-Michael Seminaro

Performer l’objet

En utilisant différentes machines à écrire, il les performe chacune à leur façon en étant sensible et attentif à leur humeur distincte. Dans certaines de ses poésies visuelles exposées, nous pouvons voir l’épuisement mécanique des machines. À certains endroits, il manque de l’encre. Il laisse ainsi place à «l’erreur». Sébastien Dulude s’intéresse au rapport entre l’humain et la machine, plus particulièrement à la «trace de l’écrivain écrivant». Il met entre une à deux heures pour produire ses poésies visuelles. Ses «poésies-actions» révèlent la trace physique du corps, de la personne et du sentiment vécu. Sébastien Dulude nous présente des œuvres de poésie visuelle où les formes sont créées par le texte, plus précisément par les caractères. 

Sébastien Dulude s’intéresse au rapport entre l’humain et la machine, plus particulièrement à la «trace de l’écrivain écrivant». 

Cela fait déjà plusieurs années qu’il est familier avec le «typewriter art». D’un point de vue général, cela consiste à produire des réalisations visuelles à l’aide de lettres et de caractères spéciaux. Dans «Caractères II», il développe une «poésie autonome et non-littéraire». Selon lui, la littérature «n’a pas le monopole du texte». Il s’intéresse davantage à l’acte performatif qu’au texte littéraire. Il affirme que ses œuvres sont «asémantiques», qu’il s’est intéressé au signifiant et non au signifié. 

Sébastien Dulude porte une attention particulière à l’expérience du lecteur.trice, et ce, que ce soit dans ses livres ou dans ses poésies visuelles. Selon lui, les deux offrent une matérialité, «un espace de la page commun». Dans cette exposition comme dans sa pratique artistique, il tente de réconcilier deux «solitudes» : la littérature et les arts visuels. 

Sébastien Dulude: une pratique multi/pluri/indi/disciplinaire

Dans «Caractères II», l’artiste affirme présenter ses «travaux en cours». Ayant complété ses études universitaires, il se concentre désormais sur sa carrière professionnelle d’éditeur, d’écrivain, de performeur, d’artiste. Il a soumis sa thèse de doctorat en 2015 à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a pour titre : «Performativité des dispositifs typographiques du livre de poésie de contre-culture québécoise: regards culturels et littéraires». Il est éditeur à La Mèche et pigiste. En mai dernier, il a publié «Divisible par zéro» chez Le lézard amoureux.

Le 11 octobre dernier, La Mèche a lancé «Baloney suicide» de VioleTT Pi, œuvre tapée à la machine à écrire, à l’Escogriffe. Sébastien Dulude affirme avoir tout de suite été séduit par l’œuvre. La Mèche remet sur pied «Les doigts ont soif», collection dédiée aux livres hybrides du texte et du visuel.

Du 10 au 30 octobre, les spectateur.trice.s pourront voir l’exposition «Caractères II» au Café Frida.

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