On jase, là! : Spotted, « Spotted l’UQTR »

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Photo: Johanie Piette

Parce que parler et commenter la vie sexuelle des femmes, c’est tellement hot.

Non, ce n’est pas drôle. Non, ce n’est pas approprié. Non, ce ne sont pas seulement des « blagues ». Non, non, et re-non.

La semaine dernière, Elizabeth Leblanc-Michaud et Rosalie Riopel dénonçaient les propos tenus depuis plusieurs mois, sur une page se voulant « humoristique » associée par son nom à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Cette page, c’est Spotted l’UQTR, pour ne pas la nommer. Il suffit de survoler ses publications pour s’apercevoir que la principale source d’ « humour » de l’administrateur est ni plus ni moins la vie sexuelle des étudiantes. Spotted l’UQTR fait du slutshaming et c’est intolérable tant dans un contexte universitaire que dans notre société soi-disant « égalitaire ».

Des memes assez douteux.

Le slutshaming, pour ceux et celles un peu moins familiers avec les concepts féministes, c’est l’utilisation de l’habillement ou des comportements sexuels des femmes pour les humilier et les réduire au statut d’objet. Le slutshaming est d’ailleurs pratiquement indissociable de la culture du viol qui elle, remet la faute d’une agression sexuelle sur la victime. Une fois que ceci est expliqué, passons aux faits.

Spotted l’UQTR fait du slutshaming et c’est intolérable tant dans un contexte universitaire que dans notre société soi-disant « égalitaire ».

Depuis plus d’un an, la page Spotted l’UQTR crée des memes assez douteux. Bien que certains d’entre eux peuvent nous faire rigoler de temps à autre, la majorité de ces créations – malgré que c’est honteux pour les vrais créateurs de parler de « créations » ici – m’a laissé perplexe à plus d’une reprise. Les étudiantes en administration ou celles au baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire (BEPEP) ont souvent été la cible du gestionnaire de la page. Non seulement on invente et véhicule un stéréotype basé sur la vie sexuelle de ces étudiantes, mais en plus, on les ridiculise et on les humilie. Sans cesse. À répétition. Constamment. Encore et encore. Des étudiantes m’ont même confié qu’elles n’indiquaient plus leurs programmes d’étude sur les réseaux sociaux par peur de s’afficher et d’être visées par cet humour rétrograde. Si ce n’est pas une aberration!

Parce que mettons qu’on jase là

À quel point ta vie est ennuyante et triste, si ton principal objectif avec ta page de memes, c’est de slutshamer les étudiantes et par le fait même, les femmes? À quel point, en tant qu’ex-étudiant (oui oui, il n’est même plus étudiant à l’université!), tu as besoin de cette page pour te valoriser? À quel point tu ne réfléchis pas aux conséquences de tes propos entre un appel à ton travail et tes randonnées dans le bois? À quel point t’es pathétique et ton humour complètement désuet ? Parce que mettons qu’on jase là, à quel point t’es inconscient.

Des étudiantes m’ont même confié qu’elles n’indiquaient plus leurs programmes d’étude sur les réseaux sociaux par peur de s’afficher et d’être visées.

Cette situation nous invite, en tant que société, à se questionner. On se targue d’être égalitaire. Certains prônent même que le féminisme ne devrait plus exister. Force est de constater que le féminisme a toujours sa raison d’être. Que le gros bon sens est absent chez plusieurs. Et que les mouvements de dénonciation de ces propos doivent se poursuivre. De toute manière, ce ne sont pas les tentatives d’insultes comme « snowflakes » ou « féministes frustrées » qui vont nous arrêter. Dans notre combat, on est habitué.

La vie sexuelle des femmes ne regarde qu’elles-mêmes. Elles sont libres de fréquenter qui elles le désirent. Le nombre qu’elles désirent. Personne, et encore moins une page publique à l’effigie de l’UQTR n’a son mot à dire. Si ton humour se base sur ça, c’est que tu manques visiblement de créativité et d’originalité. Il serait peut-être temps que tu te remettes en question.

La vie sexuelle des femmes ne regarde qu’elles-mêmes. Elles sont libres de fréquenter qui elles le désirent. Le nombre qu’elles désirent.

Maintenant, mobilisons-nous. Dénonçons. Signalons. Parce que le respect, ça, c’est l’affaire de toutes et de tous.

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