Passionnée de sports cherche explications: Un recruteur de la LNH à l’UQTR

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Jessyca Marchand. Photo: Mathieu Plante
Jessyca Marchand. Photo: Mathieu Plante

J’ai beau adorer le sport, je n’en pratique pas. Ça me permet alors de réfléchir différemment sur la manière de le faire. Je m’intéresse aux coulisses, à l’envers de la médaille.

Tous les joueurs de hockey que je connais ont à un moment ou un autre rêvé de jouer dans la Ligue nationale de hockey. Pourtant, savent-ils comment y arriver? Quelles sont les étapes nécessaires pour se rendre dans la grande ligue? Moi je l’ignore, alors je suis allée rencontrer quelqu’un qui s’y connaît un peu mieux que moi. Saviez-vous qu’il y avait un recruteur d’une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui travaille à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)?

Quelles sont les étapes nécessaires pour se rendre dans la Ligue nationale de hockey?

Jean-Philippe Glaude travaille au Bureau de l’international et du recrutement (BIR), comme agent de recrutement étudiant, mais il est aussi recruteur à temps partiel pour les Predators de Nashville. Il couvre le territoire du Québec et a permis à plusieurs joueurs de faire le bond dans les grandes ligues.

Pour ceux qui ne connaissent pas le système des ligues, il y en a trois professionnelles qui regroupent le Canada et les États-Unis. On connaît la LNH, qui est tout en haut. Vient ensuite la Ligue américaine de hockey (LAH), avec le Rocket de Laval au Québec ou dans le cas de Nashville, les Amirals de Milwaukee. C’est la ligue des clubs-écoles, là où les équipes repêchent quand ils ont des blessés ou encore quand un joueur performe et pourrait être utile à l’équipe. La East Coast Hockey League (ECHL) est la ligue en dessous. Elle est considérée comme la troisième ligue professionnelle d’importance. Elle permet de garder un œil sur les joueurs et de les faire jouer de manière professionnelle si désiré.

Pour en revenir avec Jean-Philippe, il a permis à six joueurs de monter dans les rangs professionnels depuis son entrée en fonction, il y a bientôt cinq ans. Cinq sont issus de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ): Frédéric Allard des Saguenéens de Chicoutimi, Anthony Richard des Foreurs de Val-d’Or, Alexandre Carrier des Olympiques de Gatineau, Samuel Girard et Frédérick Gaudreau des Cataractes de Shawinigan, et enfin Martin Lefebvre… des Patriotes de l’UQTR! Ce dernier a joué une saison avec les Cyclones de Cincinnati, dans la ECHL.

Jean-Philippe a permis à six joueurs de monter dans les rangs professionnels depuis son entrée en fonction.

Avant d’être recruteur pour les Predators, il s’est échauffé avec les Wildcats de Moncton dans la LHJMQ. C’est en étant dépisteur pour eux qu’il a entendu parler du poste offert par Nashville.

Ce qui m’intéressait vraiment pendant cette entrevue, c’était de démystifier les mythes de la réalité sur son emploi. Va-t-il vraiment voir des centaines de matchs chaque année? Doit-il cacher son statut quand il regarde une partie? Passe-t-il son temps au bureau central de l’équipe? Il a pu répondre à toutes mes questions et je n’ai pas été étonnée de réaliser que la plupart de mes stéréotypes sont… faux!

Les joueurs Frédéric Allard et Samuel Girard accompagnés par Jean-Philippe Glaude. Photo: Gracieuseté J-P Glaude
Les joueurs Frédéric Allard et Samuel Girard accompagnés par Jean-Philippe Glaude. Photo: Gracieuseté J-P Glaude

Il est vrai qu’il doit aller voir beaucoup de matchs pour être bon dans son métier, mais il ne suffit pas de se présenter dans les arénas sans savoir quoi chercher. Avant la saison, il prépare une pré-liste de tous les joueurs qui peuvent avoir quelque chose que les autres n’ont pas. Par la suite, il se fait un devoir de voir au moins un match de chaque équipe, même s’il n’y a pas de joueur qui l’intéresse, car il avoue lui-même qu’il peut y avoir des surprises et des intérêts différents de ce qu’il cherche habituellement. Le recruteur assiste à environ 80 matchs de la LHJMQ chaque année, plus deux à trois matchs des Patriotes. Il m’expliquait que certains recruteurs aux États-Unis ou en Europe vont en voir beaucoup plus, mais le Québec étant un large territoire à couvrir, il est plus difficile pour lui de voir autant de matchs, surtout qu’il travaille à temps partiel pour Nashville.

Martin Lefebvre… des Patriotes de l’UQTR! Ce dernier a joué une saison avec les Cyclones de Cincinnati, dans la ECHL.

Il n’a pas à cacher qu’il est un recruteur. Les séries ou films américains où les coachs disent à leur joueur vedette qu’un dépisteur est là pour le voir alors qu’il n’y en a pas d’habitude donnent une mauvaise image du sport. Il y a presque toujours au moins un recruteur à chaque match.

Après chaque partie, le recruteur doit faire un rapport. Il s’agit d’un résumé général du déroulement du match, ainsi qu’une description plus poussée des joueurs qui sont intéressants. Il a 24 heures pour l’envoyer aux Predators.

Il ne passe pas tout son temps au bureau central de l’équipe, loin de là. Il rencontre les autres recruteurs lors du tournoi des recrues en septembre, juste avant le début de la saison officielle, puis en janvier, lors de la réunion annuelle de mi-saison. Finalement, en mai, tous ces gens reviennent sur les joueurs les plus appréciés et débattent afin de faire une liste pour le repêchage qui a lieu un mois plus tard, en juin. Ils doivent être à l’aise avec leur choix et se préparer comme il se doit, car au moment du repêchage, il n’est plus question de changer d’idée.

J’espère avoir réussi à travers cette première chronique à démêler le vrai du faux de la profession de recruteur. En terminant, un merci à Jean-Philippe Glaude qui m’a ouvert la porte de son bureau afin de m’expliquer, à moi, passionnée mais ignorante, ce qu’était son travail.

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