Plein potentiel: Les erreurs à éviter pour motiver unE athlète

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francis lapointe plein potentiel chroniqueIl n’est pas toujours facile pour les entraineurs et entraineuses de trouver la bonne façon de motiver leurs athlètes. Même lorsqu’ils et elles ont les meilleures intentions du monde, il leur arrive malgré tout de faire certaines erreurs qui vont finalement nuire à la performance des troupes. Dans cette chronique, je vous présente 10 erreurs à éviter quand vient le temps de motiver un athlète. Pour chacune de celles-ci, des explications seront fournies et certaines alternatives seront proposées.

Note: Cette chronique est basée sur un précédent texte que j’ai écrit pour le site Dans les coulisses en 2015 et que j’ai légèrement modifié. Le contenu a été inspiré du livre Sport psychology: From theory to practice (Anshel, 2011).

Erreur #1: Utiliser des exercices pour punir

Il s’agit de la plus commune des formes de punition utilisée par les coachs et les professeurEs d’éducation physique.

Voici trois raisons pour éviter cette façon de faire:

  1. Les athlètes ne devraient pas associer l’exercice physique à quelque chose de négatif surtout si les coachs veulent que leurs athlètes restent en bonne forme physique.
  2. Le but de punir une personne est de prévenir la récurrence de certains comportements indésirables. Ainsi, la punition doit être une expérience désagréable et l’athlète doit le comprendre comme une conséquence directe pour son mauvais comportement.

La non-participation à une compétition est probablement une meilleure façon de punir un athlète qui ne fait pas assez d’efforts ou qui ne suit pas les règles d’équipe. UnE athlète qui est mis à l’écart pour un match peut être fouettéE dans son orgueil et cela peut avoir comme effet de le ou la motiver. Bien évidemment, chaque individu est différent et il est aussi possible que cette action ait un effet négatif sur certainEs athlètes. Pour cette raison, il est important de bien connaitre ses joueurs et joueuses en tant que coach avant de prendre une décision.

Dans certains sports, une autre façon de punir une personne est de lui réduire son temps de jeu… à condition que cette technique soit bien utilisée. Si l’entraineur ou l’entraineuse utilise cette punition trop souvent, l’athlète peut se mettre à jouer de façon nerveuse et avoir peur de commettre la moindre gaffe, ce qui occasionne souvent des erreurs. Il faut aussi faire attention à ce que la relation avec l’athlète reste bonne et cela est souvent possible avec une bonne communication. Il faut expliquer à la personne pourquoi elle a été punie et ce qu’elle aurait pu faire de mieux.

  1. Si unE athlète associe l’exercice physique à quelque chose de négatif, il y a plus de chance que cetTE athlète devienne sédentaire lorsque sa carrière sportive se terminera.

Erreur #2: une mauvaise utilisation du «pep talk» d’avant-match

Le pep talk (ou discours de motivation d’avant-match) du coach est moins important que ce que l’on croit. En fait, plusieurs facteurs influencent la réponse de l’athlète à ce discours et il existe une grande variabilité individuelle. Alors que certaines personnes préfèrent un discours plus agressif, d’autres veulent le moins de distraction et de bruit possible avant un match. Les gardienNEs de but au hockey ou au soccer, par exemple, préfèrent généralement être «dans leur bulle».

CertainEs coachs en profitent pour revoir les stratégies du match une dernière fois. Le pep talk doit être bref, simple et direct. Il est aussi très important de ne pas utiliser la culpabilité («Il ne faudrait pas qu’on perde contre cette équipe minable.»), la menace («Si vous ne la gagnez pas ce soir, vous allez le payer demain à l’entrainement.») ou un ton condescendant («Si vous ne pouvez pas gagner contre eux, vous n’avez rien à faire dans cette équipe.»).

Erreur #3: prendre l’adversaire à la légère

Il ne faut JAMAIS prendre une équipe à la légère. Pourquoi?

  1. Chaque match est différent et il existe tellement de facteurs qui entrent en compte dans l’équation qu’il est impossible de prévoir les vainqueurs d’une partie.
  2. Si l’équipe perd, les athlètes vont se sentir encore plus humiliéEs que s’ils ou elles avaient perdu face à une équipe meilleure. Si l’équipe gagne, les joueurs ou joueuses vont attribuer la victoire à une tâche facile (plutôt que leurs propres habiletés et efforts). Les athlètes veulent penser que leur succès est dû à leurs compétences, leur niveau de préparation, d’entrainement et d’effort et non parce que l’autre équipe est mauvaise.
  3. C’est irréaliste de penser qu’une équipe n’a que des faiblesses et aucune force. Chaque équipe peut gagner.
  4. Les athlètes ont généralement de l’empathie et du respect entre eux et elles. CertainEs athlètes croient que critiquer une autre équipe compétitrice n’est pas éthique et que c’est déloyal.

Les conséquences d’une défaite contre une équipe qui, à première vue, semble beaucoup plus faible peuvent être grandes. Dans le sport, rien n’est gagné facilement.

Erreur #4: «Notre but est de gagner»

Le but premier ne doit pas être de gagner. Bien qu’il s’agisse évidemment de l’objectif de chaque compétition, il est préférable de se concentrer sur les performances individuelles et le processus plutôt que sur le résultat final puisque cela est plus productif et motivant. La victoire doit plutôt être un objectif secondaire.

Des exemples de buts plus motivants:

Au tennis: «Je veux réussir au moins 60% de mes premiers services»

Au hockey: «Je ne veux pas qu’un but soit compté par l’autre équipe quand je serai sur la glace aujourd’hui».

Si vous êtes un entraineur ou une entraineuse, misez plutôt sur des aspects techniques et sur le plan de match pour motiver vos athlètes: être davantage offensif ou défensif, garder un effort constant, être intense, etc.

Erreur #5: Ne pas traiter tous les joueurs et joueuses de la même façon

Démontrer du favoritisme ou de l’inconsistance envers un ou des joueurs ou joueuses aurait un impact négatif sur la motivation des troupes. Être plus sévère avec unE athlète en particulier peut avoir un impact négatif non seulement sur cette personne, mais sur toute l’équipe. Certains membres de l’équipe sont très proches et sont de bons amiEs à l’extérieur de la glace. Voir unE amiE qui n’est pas traitéE à sa juste valeur peut affecter un joueur ou une joueuse et nuire à sa concentration.

Erreur #6: croire que s’ils ne se plaignent pas, c’est parce qu’ils sont heureux

Un membre de l’équipe silencieux n’est pas nécessairement heureux. Une attitude négative peut être un poison pour le climat de l’équipe et peut réduire la cohésion du groupe. Un joueur ou joueuse qui ne parle pas dans le vestiaire ressent peut-être de la frustration. Cet individu sait peut-être que «ça ne donne rien» d’en parler et que le ou la coach ne l’écoutera pas.

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Erreur #7: ne pas être à l’écoute de son équipe

Les bonNEs coachs communiquent de façon constructive avec leurs athlètes durant les pratiques et les parties. Les athlètes peuvent en apprendre au coach. Par exemple, si un jeu n’a pas marché, le joueur ou la joueuse a peut-être une idée sur la raison pour laquelle ça n’a pas fonctionné.

Les membres de l’équipe peuvent avoir des réponses à certaines questions que le ou la coach se pose:

  • Quelles sont nos faiblesses sur lesquelles nous devrons travailler?
  • L’autre équipe a-t-elle une faiblesse que nous pouvons utiliser à notre avantage?
  • Sur lesquelles de nos forces devrait-on miser?

Erreur #8: un mauvais discours d’après match

Une bonne performance doit être renforcée après la compétition. Le ou la coach ne devrait jamais attribuer une victoire à de la chance ou à des adversaires plus faible. Dans une partie, les deux équipes souhaitent généralement gagner, donc pourquoi s’enlever le crédit si notre équipe a effectivement remporté la victoire? Le ou la coach devrait plutôt mettre l’accent sur l’effort, les compétences de ses joueurs ou joueuses et le niveau de compétitivité de son équipe.

Lorsqu’unE coach dit que son équipe manque de chance, ses membres ne se sentent ainsi plus responsables pour les défaites et peuvent être portés à fournir moins d’effort lors de la rencontre suivante (car la chance se chargera de leur donner la victoire). Ce qui est plus dur dans le discours d’après-match, c’est de rester rationnelLE et professionnelLE à la suite d’une défaite. Il ne faut pas parler de détails sur les stratégies après une rencontre, ce n’est pas le bon moment.

Erreur #9: utiliser l’agressivité

CertainEs coachs aiment renforcer leur rôle de leader en étant agressifs ou agressives, en criant et en ayant des remarques colériques. Ce n’est pas une très bonne idée. Les bonNEs coachs font que tous les membres de l’équipe se sentent responsables des résultats de l’équipe.

Dans la LNH, on a entendu plusieurs histoires sur John Tortorella et son attitude colérique avec ses joueurs. Il est possible que ça fonctionne avec certaines personnes, mais de façon générale, il s’agit d’une attitude à éviter.

Erreur #10: utiliser la peur

CertainEs coachs aiment que leurs athlètes aient peur d’eux. En fait, la peur entraine du ressentiment et les joueurs ou joueuses se sentent moins fidèles envers le coach. Conséquences? L’athlète pourrait décider qu’il ou elle ne suit plus le plan de match et qu’il ou elle ne fait qu’à sa tête. La peur et l’anxiété diminuent le focus attentionnel, la vitesse et la précision du processus informationnel et compromettent l’effort optimal qu’unE joueur ou joueuse peut fournir.

Le fait d’être mis de côté après une seule contre-performance peut nuire à la confiance de l’athlète et instaurer un climat de peur et d’anxiété chez cette personne. Lorsque l’athlète réintègrera l’alignement, il ou elle risque d’avoir peur de faire une erreur.

Référence: Anshel, M. H. (2011). Sport psychology: From theory to practice. Pearson Higher Ed.

 

 

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