« Plus une de plus » : Un cri de colère contre les violences sexistes à l’aube de 2026

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Le TCMFM a mobilisé les organismes communautaires pour une mobilisation express contre les violences sexistes. Crédits : Journaliste.

Jeudi le 8 janvier dernier, alors que le bilan des féminicides s’alourdit déjà de façon alarmante en ce début d’année, les rues de la Mauricie ont résonné d’un cri de colère. Au croisement des boulevards Laviolette et Saint-Maurice, une dizaine de manifestantes et manifestants se sont unis pour dénoncer l’inertie d’un système face aux violences faites aux femmes.

Pas de pause pour les violences

À l’initiative de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), les organisations de différentes municipalités du territoire se sont mobilisées pour dénoncer l’inertie systémique face aux violences sexistes. Dans une atmosphère mêlant deuil et détermination, le rassemblement a été rythmé par les slogans, les noms des victimes scandés et les klaxons de soutien des automobilistes, illustrant un front commun résolu à briser le silence qui tue.

« Elles ne reviendront pas, la rue crie, le silence tue ! »: ce slogan donnait le ton d’une mobilisation brève, mais nécessaire. Après seulement une semaine dans la nouvelle année, deux féminicides ont déjà été recensés au Québec. « Deux de trop », comme l’affichaient les pancartes. Les noms de Mary Tukalak-Iqiquq et de Tadjan’ah Désir, toutes deux assassinées le 5 janvier 2026, l’une à Puvirnituq et l’autre à Montréal, ont été portés par les manifestant.e.s pour rappeler que derrière les chiffres, il y a des visages.

Un front uni pour dire «C’est assez»

Le Centre de santé des femmes de la Mauricie, la Maison de connivence, le CALACS, le FAR: dans quatre municipalités (Trois-Rivières, Shawinigan, Sainte-Thècle, Louiseville) les organismes de soutien, d’accompagnement, de santé, et d’hébergement des femmes ont répondu présent pour porter la voix de celles que l’on n’entend plus.

« Un décès, c’est déjà trop. » pouvait-on entendre parmi les manifestants. Bien que la région de la Mauricie n’a pas été le témoin de féminicides récemment, il n’en demeure pas moins que, derrière les chiffres, les réalités sont tout autres. « Vous ne savez pas toutes celles qui sont passées proches », a rappelé le FAR, qui oeuvre au quotidien auprès de femmes en situation de violences conjugales. Si les chiffres officiels s’arrêtent aux décès, il occulte les milliers de femmes qui vivent quotidiennement dans la « zone rouge« .

Briser les violences institutionnelles

Au-delà de la dénonciation des conjoints violents, les manifestants ont pointé du doigt l’actuel système judiciaire, perçu comme un frein majeur. La peur de porter plainte reste omniprésente, nourrie par le sentiment de ne pas être protégée une fois le seuil du tribunal franchi.

Visuel de C’est ASSEZ. Crédits: cestassez.og

Les participantes ont insisté : l’absence de drame local récent en Mauricie ne doit pas rimer avec complaisance. Ce n’est pas une question de chance, mais de vigilance. On n’augmente pas des statistiques; on protège des vies.

L’éducation comme rempart

Pour sortir de ce cycle, les revendications se tournent vers l’éducation primaire afin de déconstruire les rapports de domination dès l’enfance. En attendant ce changement profond, si les institutions restent sourdes, la rue, elle, continuera de crier.

Si vous ou vos proches vivez une situation de violence, n’hésitez pas à contacter les organismes de votre région afin d’obtenir de l’aide et du soutien adéquat avec les événements. Ne restez pas seule. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site du mouvement « C’est assez« .

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