Pratique sage-femme : Des étudiantes impliquées dans les négociations

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Depuis juin 2011,  l’association professionnelle des sages-femmes et le Regroupement des sages-femmes du Québec (RSFQ) sont en négociation avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Par contre, depuis juin 2013, les négociations ont été rompues et, depuis, les moyens de pression se succèdent. Leur principale demande vise à faire reconnaitre le travail des sages-femmes au même titre que le travail de tous les professionnels de la santé. L’UQTR est la seule université au Québec à offrir le programme de formation en pratique sage-femme et ce, à environ 80 étudiantes.

Les futures sages-femmes reçoivent une formation d’une durée de quatre ans et demie et y développent les compétences pour assumer les responsabilités du suivi prénatal, de l’accouchement ainsi que du suivi postnatal jusqu’à six semaines, autant pour la mère et que pour le nouveau-né. Leur formation met l’emphase sur la continuité relationnelle, démontrée pour diminuer la prématurité et les interventions obstétricales. Les membres de l’Association des étudiantes en pratique sage-femme du Québec (AÉSFQ) affirment être formés pour être disponibles pour les femmes et les familles. «Lorsque nous allons graduer, cette garde et ces horaires défavorables ne seront même pas rémunérés.»

En effet, le modèle de pratique des sages-femmes permet aux femmes et aux familles de choisir le lieu de naissance. Pour ce faire, les sages-femmes à temps complet sont de garde 24 heures sur 24, 10 jours sur 14, et reçoivent une prime de 1$ de l’heure, contrairement aux autres professionnels de la santé qui doivent assurer une garde et qui reçoivent une heure de salaire pour huit heures de garde. À l’inverse des autres professionnels de la santé, les sages-femmes n’obtiennent aucune prime d’horaires défavorables. Aussi, les sages-femmes sont appelées à se déplacer à toute heure du jour et de la nuit pour se rendre à des accouchements, qui peuvent avoir lieu dans divers lieux, en plus d’effectuer des visites. Toutefois, leur entente ne contient aucune modalité adaptée pour le remboursement de frais de déplacement. Elles revendiquent aussi des changements concernant les modalités de progression dans les échelons salariaux.

«Au-delà du salaire, c’est la philosophie de la pratique qui est en jeu. Les perspectives globales de reconnaissance de notre profession, qui est encore jeune, ne nous rassurent pas du tout.»

Lors de l’Assemblée générale à l’automne de l’AÉSFQ, qui a été créée en 2001, les membres se sont positionnés en faveur du maintien de la négociation des sages-femmes. De plus, l’Association a «grandement» invité ses membres à participer aux diverses actions du RSFQ. Pour elles, il faut travailler en étroite collaboration avec le RSFQ, puisque ses négociations concernent les futures conditions de travail de ses membres. Pour ce faire, la responsable des affaires externes de l’AÉSFQ, Jessyka Boulanger, siège sur le comité de mobilisation du RSFQ, ce qui «facilite la communication et la concertation». Cela permet «d’intensifier et de diversifier les moyens de pression».

Pour les étudiantes en pratique sage-femme, cette brisure dans les négociations génère beaucoup de frustration. «Au-delà du salaire, c’est la philosophie de la pratique qui est en jeu. Les perspectives globales de reconnaissance de notre profession, qui est encore jeune, ne nous rassurent pas du tout.» Si les négociations n’aboutissent pas, ces femmes considèrent que les conséquences «seront très grandes pour toute les femmes et les familles du Québec». «C’est ce qui nous donne l’énergie de continuer à faire ce qui nous passionne. Si les négos n’avancent pas, on va continuer à lutter avec les femmes pour que leurs droits soient respectés.»

Présentement, l’association est en train d’organiser une campagne virale de photos sur le web et d’autres actions sont à venir. Il est important pour elles de préciser que cette mobilisation est une initiative étudiante. De plus, l’instance universitaire n’a pas pris officiellement position par rapport à un appui éventuel aux négociations.

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