Premier album d’Émile Proulx-Cloutier: Aimer les monstres, ou aimer l’humanité

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Le premier album d’Émile Proulx-Cloutier, Aimer les monstres, est paru le 25 novembre dernier. Photo: Rolline Laporte
Le premier album d’Émile Proulx-Cloutier, Aimer les monstres, est paru le 25 novembre dernier. Photo: Rolline Laporte

Plus connu comme comédien, notamment dans les téléséries Toute la vérité et Les Hauts et les bas de Sophie Paquin, Émile Proulx-Cloutier a lancé, le lundi 25 novembre dernier, son premier album intitulé Aimer les monstres. Le premier projet de l’auteur-compositeur-interprète raconte les histoires de personnages ensevelis depuis sa tendre enfance dans son imaginaire.

Un désir de raconter

Les premiers pas d’Émile Proulx-Cloutier dans le monde de la musique sont à l’image de sa carrière dans le monde du théâtre, c’est-à-dire fulgurants, prodigieux et empreints d’une certaine naïveté. Cette transition entre ces deux mondes s’est très bien passée. Toutefois, il a gardé certaines habitudes de ce monde scénique.

En effet, les trames narratives de ses chansons rapprochent définitivement son album au monde de la théâtralité dont il est issu. «Pour moi, le récit est une façon idéale de faire voyager les gens, dit-il. Je veux forger, alimenter le film intérieur qui trame dans l’imaginaire des gens qui m’écoute.» L’artiste construit ses chansons comme un scénario avec des plans et des mécanismes utilisés au théâtre et dans les films.

Par exemple, le phénomène de cadrage est souvent utilisé dans les histoires qu’il chante, particulièrement dans la chanson Les Mains d’Auguste. Cette chanson raconte l’erreur d’un homme, mais la façon dont l’homme est présenté rappelle les films. Il s’agit d’abord d’une longue séquence de mots qui décrit un point bouger. Ensuite, on voit une personne, des bras, des mains et, finalement, les doigts d’un fumeur. «C’est ça le plaisir de la chanson, ça me permet de faire des plans sur des personnages que je n’aurais peut-être pas les moyens de faire au cinéma», avoue-t-il.

«J’ai un haut respect des mots et de la langue, avoue-t-il. Je veux que la langue française sonne, que les mots fassent image, mais en même temps que le sens et le son des mots puissent être riches lorsqu’ils s’entrechoquent.» – Émile Proulx-Cloutier

Les petites histoires chantées d’Émile Proulx-Cloutier sont paradoxalement grandioses, surtout dans les émotions qu’elles véhiculent. Les nombreux personnages présentés dans ces courts récits ont tous une part monstrueuse en eux. L’auditeur apprend tout de même à les aimer, d’où le titre Aimer les monstres. Le chanteur ne dit pas qu’il n’y a rien de mal en ce monde, mais il implore plutôt les gens de «regarder l’humain en pleine face». «Ce qui n’est pas beau peut être épouvantable et peut parfois mener à ta perte, mais ça peut aussi devenir une force, une fournaise qui fait que tu as envie d’avancer, de devenir meilleur.»

Une poésie chantée

Derrière la musique de l’artiste originaire de Montréal, il y a un désir de faire sortir la langue française de son carcan habituel. «J’ai un haut respect des mots et de la langue, avoue-t-il. Je veux que la langue française sonne, que les mots fassent image, mais en même temps que le sens et le son des mots puissent être riches lorsqu’ils s’entrechoquent.» Race de monde, cet air qui a des allures de rap français, est un terrain de jeux pour la musicalité des mots. Dans cette chanson, les mots et les phrases portent un message, mais ils sont aussi porteurs d’une sonorité et d’une rime unique.

Pour plus d’information sur l’album d’Émile Proulx-Cloutier, vous pouvez consulter son site web au www.emileproulxcloutier.com.

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