Provinciales 2022: les candidats des Trois-Rivières donnent de la voix

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L’Université du Québec à Trois Rivières a servi de cadre au débat politique organisé le mardi 20 septembre par l’Association générale des étudiants (AGE). Il se déroulait directement sur le campus, au 1012 du pavillon de la vie étudiante. Le tout en marge des prochaines provinciales du 3 octobre. Quatre des cinq principaux partis politiques (CAQ, PLQ, QS et PQ) ont répondu présents à cet exercice démocratique. Les principaux partis, sauf le Parti conservateur.

La rédaction invite d’ailleurs toute la population étudiante, et plus largement trifluvienne, à aller voter. Et c’est très simple sur le campus!

Les quatre candidats ayant participé au débat organisé par l’AGE UQTR. De gauche à droite : Laurent Vézina du Parti Québécois, Jean Boulet de la Coalition Avenir Québec, Adams Tekougoum du Parti Libéral du Québec et Steven Roy-Cullen de Québec Solidaire. Crédit : journaliste

La population des Trois-Rivières se rendra aux urnes le 3 octobre prochain pour renouveler les 125 députés qui composent l’Assemblée nationale, actuellement dominée par les caquistes. À quelques jours de ce grand rendez-vous démocratique, l’heure est aux derniers réglages dans différents états-majors des partis politiques. Chaque candidat cherche à jeter ses dernières forces dans la bataille. 

Ils ont tous, à quelques exceptions près, abordé les questions d’importance nationale de la même manière. Les enjeux liés au changement climatique, l’immigration, l’éducation et l’emploi, toutes ces thématiques ont été passées au peigne fin par les candidats de ces différents partis. Même si le Parti Québécois ne cessait de mettre le curseur sur l’indépendance totale du Québec en vue de répondre efficacement à toutes ces questions, répétait son candidat Laurent Vézina.

Priorité aux énergies propres

En matière des enjeux liés à l’environnement, première thématique du débat, la CAQ, a fait savoir par son candidat Jean Boulet, qu’elle mise sur la carboneutralité. Objectif qu’il a décliné en quatre principaux engagements.
« Nous allons d’abord demander à Hydro-Québec de procéder à l’acquisition de l’électricité et à la construction des parcs éoliens supplémentaires de charge totale de plus de 3 000 MW. Le gouvernement de la CAQ va demander des études nécessaires en vue de la construction de nouvelles installations de production électrique, notamment des barrages. La CAQ va également doubler le nombre de bornes de recharge de niveau 2, pour les porter à 21 600. Afin de stimuler la filière batterie, on va soutenir financièrement la construction d’un centre d’intégré de batteries électriques dans le cadre du projet de la vallée de la transition énergétique Bécancour, Shawinigan et Trois-Rivières. »

Au sujet de la destruction des zones humides qui pourront avoir des conséquences directes sur la vie des populations, le ministre du Gouvernement Legault n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. « En matière de santé et sécurité de la population, on ne peut plus faire des compromis. Il faut se développer, mais à l’intérieur des périmètres environnementaux acceptables, respectueux des lois et aussi de la qualité de l’environnement ».

L’inaction coûte cher

Les enjeux environnementaux, qui semblent passer pour le thème central de cette campagne électorale, ont été aussi abordés par Québec Solidaire qui estime avoir une longueur d’avance en matière des enjeux liés au changement climatique sur les autres partis.

Pour son candidat Steve Roy Cullen, le Parti québécois travaille sur le « Plan vision 2030, qui vise à réduire de 55% les gaz à effets de serre (GES). » ça comprend des investissements massifs pour une véritable révolution en matière de transport », a-t-il reconnu.

Mais ce candidat rappelle en même temps que  »l’inaction nous coûtera trop cher. À l’heure actuelle, le parti prévoit un financement du transport collectif pour faire en sorte que ce mode de transport soit efficace, fiable et accessible. »

Sur ce même sujet, Adams Tekougoum, candidat du Parti libéral, qui croit dur comme fer à la victoire de sa formation politique, rappelle que le PL a à cœur les enjeux liés au changement climatique. « C’est pourquoi nous avons mis en place un projet qui s’appelle ECO, qui associe l’écologie et l’économie. Il vise à réduire de 45% l’émission des gaz à effets de serre au Québec d’ici à 2030 ».

Et dans l’hypothèse de la victoire électorale de son parti, Adams prévient que toutes les questions liées au changement climatique relèveront directement de la Première ministre. « Nous voulons sortir Québec des énergies fossiles », a-t-il conclu.

Côté Parti Québec, la solution est simple, dit Laurent Véniza. « Il faut nationaliser les eaux et multiplier par dix le nombre de véhicules électriques. Chaque année, le Québec met dix milliards dans le pétrole qui vient d’ailleurs. L’avenir c’est deux choses : l’eau et l’énergie. On a 3% des ressources en eau qu’il faudrait nationaliser, on a aussi toutes les formes des énergies propres : il faut les surutiliser ».

Immigration

Au chapitre de l’immigration, les candidats ont nommé l’importance de ce secteur pourvoyeur de main-d’œuvre, surtout en cette période de pénurie. Région réputée pour l’accueil des immigrants, travailleurs qualifiés comme étudiants internationaux, les candidats ont été d’avis pour l’assouplissement des conditions d’établissement et d’intégration des personnes immigrantes. Ils ont tous plaider pour l’accélération du traitement des dossiers relatifs à la demande des titres de séjour.

Sur ce registre, le Parti Québécois et Québec Solidaire n’ont pas hésité à pointer du doigt Ottawa, l’accusant de retarder le processus d’entrée au Québec des immigrants francophones au profit des demandeurs des titres de séjour depuis les pays anglophones.

Au-delà d’une simple langue de communication, la langue française représente un enjeu majeur pour le Québec, seul coin de l’Amérique du Nord qui continue de la pratiquer. C’est ici que Laurent Vézina a encore profité pour présenter l’indépendance du Québec comme « la seule alternative » aux « caprices d’Ottawa ».

Si la CAQ a également reconnu le retard délibéré d’Ottawa dans le traitement des dossiers des gens qui veulent immigrer précisément au Québec, elle ne voit pas plutôt la solution dans l’indépendance du Québec. Son candidat, Jean Boulet, a néanmoins reconnu la nécessité de négocier avec Ottawa pour permettre au Québec d’avoir des coudées franches en matière de l’immigration.

Plus de financements pour les universités

Pour ce qui est des enjeux universitaires,, tous les candidats se sont montrés favorables à la réduction des frais de scolarité. Le Parti Québécois est allé jusqu’à exiger la gratuité pure et simple.  

Pour le candidat du Parti Québécois, les étudiants québécois sont moins scolarisés que la moyenne canadienne. D’où, suggère-t-il : « Il faut augmenter les financements au niveau universitaire et tendre finalement vers la gratuité scolaire de la maternelle au doctorat. Il faut aussi favoriser l’enseignement universitaire dans les régions ».

Sur ce même sujet, Adam Tekougoum du PL a fait le parallélisme entre la formation des jeunes et la pénurie de main-d’œuvre. « Nos institutions universitaires et les CÉGEP ont grandement besoin du financement, surtout en cette période de pénurie de main-d’œuvre. Il faut former beaucoup de jeunes afin de s’assurer d’une main-d’œuvre de qualité en fonction des besoins sur le marché du travail. Ce n’est pas le moment de réduire les financements dans les universités ». S’il est élu député, ce Québécois d’origine camerounaise promet de suivre particulièrement cet aspect.

Pour sa part, Jean Boulet a noté que dans les dernières années, les financements dans les universités et collèges ont été augmentés de 21%. Il a, par ailleurs, révélé l’existence d’un plan de financement de 450 millions de dollars, étalé sur cinq ans, pour encourager le taux de diplomation au Québec.

« Ce qui nous préoccupe beaucoup, c’est l’accessibilité aux études universitaires », a-t-il avoué. Parlant des étudiants internationaux, le ministre sortant du Travail a rappelé la décision prise par le gouvernement consistant à réduire, à partir d’automne prochain, les frais de scolarité des étudiants internationaux jusqu’à 3 000 dollars, au lieu de plus de 20 000 dollars qu’ils payaient avant. Une mesure qui va dans le sens de favoriser l’immigration étudiante, bien que certaines conditions s’appliquent, a-t-il fait observer.

Selon Steve Roy Cullen, candidat de Québec Solidaire, son parti mise beaucoup plus sur les financements des universités en fonction des besoins de différentes régions. « Il faut financer davantage les recherches et éviter que beaucoup de financements universitaires proviennent des entreprises. Il faut équilibrer les financements, sans forcément les ramener à 50-50 ».

Ce n’est pas fini. Les candidats ont encore quelques beaux jours devant eux, pour puiser de nouvelles idées et approches dans leur imagination, susceptibles de séduire même les indécis. 

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