Pyrrhotite: L’UQTR parmi les victimes

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Une des sections du CAPS touchées par la pyrrhotite. Photo: D. Janvier
Une des sections du CAPS touchées par la pyrrhotite. Photo: D. Janvier

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) apprenait dernièrement qu’elle comptait parmi les victimes de la pyrrhotite. En effet, le rapport d’analyse de la firme LVM de Trois-Rivières révélait une présence non conforme de pyrrhotite dans le pavillon de la santé et dans le Centre de l’activité physique et sportive Léopold-Gagnon (CAPS).

Une inspection au début de 2013, par le service de maintenance du CAPS, avait permis de découvrir des bosses sous les planchers de certains gymnases. À la suite de quoi la firme LVM a reçu le mandat, en mai dernier, d’effectuer l’analyse de la concentration en pyrrhotite par carottage du plancher, des bases de colonnes et des fondations du bâtiment. Cette analyse a donc permis de révéler que les dalles des trois nouveaux gymnases, construits en 2004-2005, ainsi que le bloc sanitaire, présentaient une concentration de 0,61% en pyrrhotite. Cela représente une concentration deux fois plus élevée que la norme québécoise à 0,30%. Au total, c’est 3240 mètres carrés, au CAPS seulement, qui sont affectés.

Quant au pavillon de la santé, construit en 2008 pour 15 millions de dollars, les carottes de béton prélevées révèlent la présence de pyrrhotite à 0,23% par volume de béton. Bien qu’il s’agisse d’une quantité moindre, l’Université devra tout de même effectuer des réparations. En effet, lors du procès sur pyrrhotite, les experts Charles Tremblay et Raymond Juneau expliquaient que bien qu’il s’agisse d’une faible quantité, des dommages dans les structures atteintes sont à prévoir dès qu’il y a présence de pyrrhotite, bien qu’ils apparaissent plus lentement.

Une question de sécurité

L’Université assure toutefois que la présence en pyrrhotite ne compromet en rien la sécurité des usagers. Afin d’assurer la sécurité, l’UQTR mettra en place toutes les mesures nécessaires à la surveillance des ouvrages du béton. Des travaux sont à prévoir dans les deux bâtiments. Bien qu’aucune date ne soit précisée, l’UQTR assure que ceux-ci seront réalisés «lors d’une période qui permettra de minimiser les inconvénients pour tous les usagers». La vice-rectrice à l’administration et aux finances, Johanne Giguère, estime qu’il faudra prioritairement amorcer les travaux dans les gymnases du CAPS, où se trouve de la pyrrhotite en plus grande quantité. «Ma priorité, bien sûr, c’est le CAPS. Je ne peux pas étirer ce dossier-là», fait-elle savoir. En ce qui a trait au pavillon de la santé, l’UQTR verra, dans les prochaines semaines et en fonction de l’étendue du problème, les procédures à suivre. Il est à noter que pour le cas du pavillon de la santé, les fondations ont été imperméabilisées lors de la construction, ce qui a pour effet de ralentir la progression des agents oxydants.

L’Université étudie présentement les actions légales pouvant être entreprises. En effet, Madame Giguère affirme «qu’il ne faut pas se fermer de portes», d’autant plus qu’il s’agit de «l’argent public». L’UQTR a aussi l’intention de se tourner vers le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie afin d’obtenir de l’aide financière. À ce stade, il est difficile d’évaluer le cout des réparations. «Je vais faire le montage financier après avoir pris connaissance des couts de réfection», assure Madame Giguère.

Un sujet loin d’être clos

La régie du bâtiment du Québec définit la pyrrhotite comme une espèce minérale qui peut provoquer des fissures dans le béton. Le minéral est ajouté au mélange de béton et, avec l’humidité, provoque un gonflement qui entraine des fissures sur les murs et
toutes les structures qui comportent du béton. Dans la région, plusieurs maisons et
édifices sont touchés par le problème. Jusqu’à présent, on évalue approximativement
à 1300 propriétaires résidentiels le nombre de victimes de la pyrrhotite en
Mauricie, et ce nombre ne cesse d’augmenter. De nombreux édifices s’ajoutent aussi à ce nombre, dont le palais de justice de Trois-Rivières, le complexe sportif Alphonse-Desjardins, l’École nationale de police de Nicolet ainsi que le pont de la route 138, pour n’en nommer que quelques-uns. L’arrivée de la pyrrhotite dans le béton en Mauricie suscite encore bien des questions quant aux normes et aux contrôles. Les cas de pyrrhotite les plus anciens connus à ce jour remontent à 1996. Un procès s’échelonnant sur une période de près de six mois s’est tenu sur le sujet rassemblant une centaine de victimes. Bien que ce procès soit terminé, le dossier de la pyrrhotite n’est toutefois pas clos, puisque de nouvelles victimes font leur apparition.

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