Quand l’art devient une arme: Art War ⎯ documentaire poignant sur la révolution égyptienne

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Pour une première édition, le Centre culturel Pauline-Julien a créé un programme triple de films tirés de la sélection du Festival international des films sur l’art. Au total, ce sont cinq films et documentaires relatant des faits artistiques qui ont été présentés durant le mois de février. Art War est la troisième projection qui a été présentée, le 23 février dernier.

Réalisé par le producteur allemand Marco Wilms en 2014, ce film relate l’histoire de la révolution égyptienne entre 2011 et 2013. Deux années de grands bouleversements, de révolutions, de soulèvements et de morts. Après avoir été au pouvoir depuis 1981, Hosni Moubarak voit son départ précipité en février 2011 alors que des manifestations envahissent le pays dans le but de mettre fin au régime politique.

C’est durant ces deux années de grandes perturbations que les manifestants ont envahi la place Tahrir, devenue la place de la Libération, véritable symbole pour eux. Le Caire a ainsi connu les plus grands rassemblements de l’histoire de l’Égypte, et c’est à cet endroit que Marco Wilms a suivi les artistes contestataires qui font l’objet principal de son film.

Ammar Abo Bakr est un des nombreux graffiteurs à avoir envahi les murs du Caire, particulièrement sur la rue Mohamed Mahmoud, devenue une rue de commémoration et de contestation artistique.

Ces artistes se sont servis de leur art pour provoquer les autorités, pour faire passer leur message et pour conscientiser toute la population. C’était leur façon à eux de manifester et de montrer leur désaccord face aux événements. Certains se sont servis des murs de la ville pour y produire d’énormes graffitis frappants de par leur message. D’autres ont choisi la chanson pour revendiquer leur position. Art War, c’est leur histoire.

Réflexion et conscientisation à travers l’art

Transposer leur histoire par des dessins muraux, cela fait partie de l’héritage des Égyptiens. Depuis les pyramides, ce type d’art a toujours fait partie de leur culture. Ammar Abo Bakr est un des nombreux graffiteurs à avoir envahi les murs du Caire, particulièrement sur la rue Mohamed Mahmoud, devenue une rue de commémoration et de contestation artistique. Ses murs sont devenus un véritable support pour l’expression populaire, pour conscientiser le peuple et leur rappeler les nombreuses victimes des événements.

Ramy Essamy, en tant que chanteur, a également profité de son talent pour y faire passer des messages contestataires. Victime de la répression causée par la censure et l’abus de force de l’armée égyptienne, cet homme de talent a voulu dévoiler à travers ses chansons la gravité de la situation politique et inciter les gens à se soulever contre le président et dictateur du pays.

Le Caire a ainsi connu les plus grands rassemblements de l’histoire de l’Égypte, et c’est à cet endroit que Marco Wilms a suivi les artistes contestataires qui font l’objet principal de son film.

Ganzeer et Mohamed Khaled sont d’autres graffiteurs muraux à avoir participé à la révolte artistique au Caire, et qui ont continué de le faire longtemps après le début de la révolution. Encore aujourd’hui, les murs de béton de la rue Mohamed Mahmoud sont une commémoration aux nombreux martyres ayant connu la mort dans cette même rue lors d’une importante manifestation en 2012.

Cette révolte artistique aura permis à la population égyptienne de se rappeler les risques qu’ont pris les artistes, mais aussi les manifestants, pour faire valoir leurs idées, car c’est au péril de leur vie que beaucoup d’entre eux ont pratiqué leur art. Le plus important finalement, c’est le courage indéfectible des manifestants et des artistes mis en scène dans le film de Marco Wilms qui demeure gravé sur les murs des rues égyptiennes, et encore plus dans la mémoire de ses habitants.

La 34e édition de la FIFA sera présentée à Montréal du 10 au 20 mars prochains. Plus d’informations sont données sur le site www.fifa-37.webself.net/accueil.

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