Retour aux études : La volonté comme ressource (2)

0
L’étudiante en communication écrite Marie-Christine Genest. Crédit photo: Daniel Genest.

Plusieurs personnes se remettent en question lorsqu’elles avancent tranquillement en âge. Elles se demandent si elles ont fait les bons choix professionnels et si elles ne pourraient pas faire autre chose pour gagner leur vie. Le retour aux études peut alors devenir une option. Mais une petite voix dit à ces personnes qu’il est sans doute trop tard, qu’elles ont des responsabilités familiales à assumer. Le sentiment qu’elles ne seront pas à leur place dans une classe de jeunes peut également en freiner plusieurs.

Débuter ou recommencer une formation universitaire dans la trentaine, ou la fin de la vingtaine demande donc une certaine dose de volonté et de courage. Zone Campus est allé à la rencontre de quelques étudiants et étudiantes ayant pris la décision de se renouveler ou tout simplement de se perfectionner. Deuxième d’une série de deux textes.

Tourner la page

L’étudiante à la maîtrise en communication, Christiane Boli.

Christiane Boli est originaire de la Côte d’Ivoire, où elle a exercé le métier d’ingénieure en informatique durant une dizaine d’années. Arrivée au Québec en 2016, elle a d’abord complété un baccalauréat en communication sociale, avant d’être admise à la maîtrise cette année.

«J’ai toujours eu un penchant pour les communications. J’ai donc voulu changer de carrière en changeant de pays».

Christiane est venue directement à Trois-Rivières avec sa fille, où elle fut accueillie par sa cousine qui y résidait déjà.

«J’ai voulu changer de carrière en changeant de pays».

-Christiane Boli

Elle débute son parcours à l’UQTR au même moment où sa fille de 6 ans entre à l’école. «On a commencé ensemble!»

Travailler, étudier et s’occuper d’un enfant en même temps demande cependant de la discipline. Pour s’aider, Christiane affiche son emploi du temps sur le réfrigérateur afin de suivre une ligne de conduite rigoureuse.

«J’ai trouvé ma première année difficile, mais je n’ai pas lâché. J’avais un peu de misère avec le système des notes et aussi la langue, mais une amie québécoise m’a donné un coup de main pour ça. Je voulais vraiment m’intégrer et sortir de ma coquille!»

«J’ai mis les bouchées doubles et j’ai embarqué dans le beat».

Virgil Blais

Tracer son chemin

Le diplômé en communication Virgil Blais. Crédit photo: Virgil Blais

Bien qu’il n’ait pas de diplôme d’études collégiales, Virgil Blais s’est fait admettre en tant qu’étudiant libre en communication à l’UQTR à l’âge de 25 ans. «J’avais été refusé au Cégep en technique ambulancière et je tournais un peu en rond. Puis, en regardant les programmes de l’UQTR, j’ai trouvé que la liste de cours en communication était intéressante. Comme je suis un gars sociable, je me suis dit que c’était pour moi!»

La partie n’était pas jouée pour autant. Virgil devait obtenir une moyenne de 2.7 sur ses dix premiers cours afin d’être admis au programme régulier. Il réussit son pari, non sans avoir été surpris par la charge de travail : «Ç’a été un choc. Je ne pouvais plus faire comme à la polyvalente et ne pas trop étudier en dehors des classes. Après deux ou trois semaines, j’ai frappé un mur. J’ai mis les bouchées doubles et j’ai embarqué dans le beat».

Il faut dire que Virgil en avait vu d’autres. Il a notamment terminé son quatrième et cinquième secondaire à l’éducation aux adultes, avant d’aller compléter un DEP en électro mécanique. Cependant, il ne se sent pas vraiment à sa place dans ce domaine, une fois arrivé sur le marché du travail.

«Je crois que je manquais un peu de maturité à ce moment-là. Je ne me voyais pas travailler à temps plein dans une usine. J’ai préféré me trouver un emploi dans un bar en attendant de savoir quoi faire de ma vie».

C’est durant son bac que Virgil s’est joint à la réserve des Forces armées. Il souhaitait vivre une nouvelle expérience qui pouvait également lui permettre de faire carrière dans un avenir rapproché.

«Ils payaient la moitié des frais de scolarité et on travaillait une fin de semaine sur deux, plus les mardis. C’était parfait pour étudier».

Avancer grâce à l’apprentissage

Marie-Christine Genest est inscrite à temps partiel au certificat en communication écrite depuis l’automne 2018. «J’étais encore en congé de maternité et enceinte de mon deuxième quand je me suis décidée. Je trouvais que c’était le bon moment…»

Formée en mode et en graphisme, Marie-Christine voulait améliorer la qualité de son français écrit, autant pour le travail que pour sa satisfaction personnelle. «Dire que je pensais que j’étais bonne en français avant de commencer cette formation…» raconte-t-elle à la blague pour souligner qu’il en reste toujours à apprendre.

«L’université. il n’y a pas d’âge pour ça. C’est pour tout le monde».

-Marie-Christine Genest

«Les cours allaient loin dans la compréhension de la langue. Ça va m’aider pour la rédaction de contenu publicitaire».

Marie-Christine avoue s’être demandé si elle ne se sentirait pas un peu seule avec les plus jeunes. «En arrivant, j’ai vu qu’il y avait d’autres étudiants de mon âge et ça m’a rassurée… L’université, il n’y a pas d’âge pour ça. C’est pour tout le monde».

Prendre son envol

Christiane Boli aimerait un jour posséder sa propre boîte de communication pour travailler sur le web et la conception graphique. Elle n’exclut pas non plus d’inclure un volet événementiel à son entreprise, histoire d’être flexible. Elle était d’ailleurs en train d’effectuer un stage au FestiVoix de Trois-Rivières lorsque la pandémie a éclaté. L’expérience s’est peut-être arrêtée brusquement, mais Christiane a tout de même eu le temps d’en tirer de précieux enseignements.

Aujourd’hui inscrite à la maîtrise en communication, Christiane regarde vers l’avenir. Si une occasion d’emploi se présentait, elle l’évaluerait avec grand intérêt, mais terminer mon diplôme de deuxième cycle demeure sa priorité. «Je le fais pour moi. Jumeler le travail et les études serait une condition essentielle pour accepter cette offre!» nous explique celle qui a définitivement tourné le dos au génie informatique.

Pour la camaraderie et la fraternité

Bachelier en communication depuis le printemps, Virgil demeure à l’emploi de la réserve des Forces. Il est en poste à Trois-Rivières à temps plein, en tant que sergent aux opérations. «Je suis gestionnaire de projets. Je prépare les exercices et je gère les activités de cohésion du régiment».

Il ne tient pas à se joindre aux Forces régulières pour l’instant. «Je suis bien à Trois-Rivières».

«J’ai tissé des liens avec d’autres personnes comme jamais dans ma vie».

-Virgil Blais

De plus, Virgil ajoute n’avoir jamais retrouvé autant de camaraderie que dans l’armée. « On est tous dans le même bateau. On perd ensemble. On gagne ensemble. J’ai tissé des liens avec d’autres personnes comme jamais dans ma vie».

Une carrière d’enseignante et d’autrice, qui sait?

Marie-Christine Genest a commencé à enseigner la mode l’hiver dernier et caresse même des projets d’écriture. Avide de connaissance, la native de Trois-Rivières s’intéresse également à l’histoire de l’art et n’exclut pas de débuter un autre certificat par la suite. «J’adore l’école!  C’est encore loin, mais j’aimerais aussi faire un bac par cumul».

«L’université m’a donné confiance pour l’enseignement. J’ai réussi le test de français haut la main lorsque j’ai été engagée».

«Le certificat ne nous apprend pas comment écrire des histoires, par contre!» ajoute Marie-Christine en laissant entendre que des projets d’écriture pourraient peut-être se matérialiser un jour ou l’autre.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here