Samuel Champagne: La communauté LBTQ+ dans un contexte universitaire

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Samuel Champagne est présentement en train de réaliser un postdoctorat à l’Université Laval en plus de travailler sur divers projets d’écriture. Crédit: France Sévigny

Le 15 septembre dernier, Statistique Canada a publié les résultats d’une étude axée sur la discrimination fondée sur le genre, l’identité de genre ou l’orientation sexuelle dans les établissements canadiens d’études postsecondaires. Les statistiques, bien que non surprenantes, sont choquantes: en 2019, unE étudiantE LGBTQ+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel(le), Transgenre, Queer ou autre) sur trois aurait subi de la discrimination en raison de son genre, de son identité de genre et/ou de son orientation sexuelle.

Ainsi, le Zone Campus s’est entretenu avec l’auteur jeunesse et post-doctorant Samuel Champagne afin d’en savoir plus sur la réalité de la communauté LBTQ+ dans le contexte universitaire.

Études supérieures et transidentité

Auteur de près d’une dizaine de romans aux Éditions de Mortagne, Samuel Champagne se spécialise dans la littérature jeunesse LBGTQ+. Lui-même transgenre et homosexuel, il a obtenu son doctorat en lettres de l’UQTR à l’automne 2019 et réalise présentement un post-doctorat à l’Université Laval en sciences sociales.

S’intéressant aux réalités des minorités sexuelles dans la littérature jeunesse, il oriente ses recherches et ses écrits vers la représentation. «Tout ce que je fais, c’est pour montrer que c’est possible, que ça existe. C’est pour défaire certains préjugés, mais aussi donner une voix, même fictive, à des personnes. Il y a 10 ou 15 ans, il n’y avait pas d’études LGBT, il n’y avait pas de voix qui se faisaient entendre.»

«Si ce n’est pas moi qui le fait, il va y avoir quelqu’un d’autre qui va le faire, mais dans combien de temps?»

-Samuel Champagne

Ayant étudié dans quatre universités différentes et côtoyé plusieurs professeurEs, Samuel dit avoir vécu de très beaux moments à l’université: «J’ai eu la chance d’avoir des profs qui ont embarqué dans mes projets et qui ont voulu, eux aussi, aller un petit peu plus loin dans leur connaissances. […] Ils avaient conscience que ce que je faisais, ça avait été rarement fait.»

Défricher le terrain

Samuel avance qu’étudier la communauté LGBTQ+ vient avec son lot d’incompréhensions. Samuel avoue avoir souvent eu à expliquer ses projets pour réussir à les concrétiser: «il y a des présupposés autour de la littérature jeunesse et autour des études LGBT. Quand tu leur dis que tu fais les deux en même temps, il y a des gens qui ne comprennent pas ou qui diminuent l’importance de la littérature jeunesse.»

Samuel Champagne est en période de recrutement pour sa recherche à l’Université Laval. Il invite les personnes intéressées à le contacter. Crédit: Samuel Champagne

Il souligne aussi le manque criant de références québécoises dans le domaine des études LGBT. «Si je cherche sur Google « littérature LGBT Québec », il y a trois noms qui ressortent, dont le mien.»

Samuel mentionne toutefois que les financements sont très difficiles à obtenir pour ce type de projet: «C’est un préjugé constant que ce genre d’études ne touche pas un assez grand public pour que ça vaille la peine d’y investir et de s’y essayer.[…] C’est une discrimination systémique, ce n’est pas une discrimination envers tel ou tel groupe d’individus, c’est plus un préjugé général.»

Représentations différentes

Samuel explique qu’il n’y a pas beaucoup de colloques qui adoptent l’angle des minorités sexuelles. Il n’y aurait apparemment aucunE professeurE titulaire au Québec qui serait une personne trans; pourtant, ce ne serait pas par manque de personnes trans qualifiées.

«On a besoin de toute l’aide qu’on peut parce qu’il y a encore tellement d’avenues à explorer.»

-Samuel Champagne

«C’est certain que si tu veux te servir (des études LGBTQ+) pour te bâtir une carrière de chercheur, ça va être beaucoup plus difficile», affirme-t-il. Finalement, Samuel encourage les étudiantEs de la communauté à foncer: «C’est beaucoup mieux que c’était. Si jamais ça allait mal, ce qui est très peu probable, la loi est derrière eux. Du côté légal, ils n’ont pas trop à s’en faire et du côté personnel, s’ils veulent travailler sur le LGBTQ+, il y a encore tellement d’avenues à explorer!»

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