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Théâtre musical: La vie bohème n’a pas chômé

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La production comptait 18 comédiens-chanteurs-danseurs, un défi énorme pour une première expérience. Photo: Maurice Dussault
La production comptait 18 comédiens-chanteurs-danseurs, un défi énorme pour une première expérience. Photo: Maurice Dussault

Pour la première fois sur les planches, Le théâtre de la vie bohème s’est produit à la Salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières. C’est avec la comédie musicale Rent que les artistes ont offert le fruit d’un travail colossal. Leur entrée dans le monde du spectacle trifluvien s’est déroulée le vendredi 19 décembre 2014.

Pour deux soirs seulement, la troupe a démontré sa rigueur et sa témérité. Fondé en mars 2014, Le théâtre de la vie bohème s’est mobilisé pour se produire à peine neuf mois après sa mise sur pieds. Effervescents de rencontres et de complicité lors d’une production antérieure, les fondateurs ont élaboré une formule autour d’une passion commune, la comédie musicale.

Le décor sur échafauds métalliques contribue également à consolider l’esthétique dépravée des années 90.

Rent propose un univers glauque campé dans les années 90. Une jeunesse new-yorkaise marginale se heurte au sida et à tout le lot de problèmes engendré par une vie de bohème à l’aube du nouveau millénaire. À travers leurs histoires d’amour et la force de l’amitié, c’est un grand cri qui est lancé, celui du désir de vivre. Confrontés à la réalité de la pauvreté, les protagonistes verront leur situation se dégrader, ils apprendront à apprivoiser la mort.

La passion est au cœur de ce spectacle.

S’attaquer à ce classique américain pour une première production était ambitieux, presque naïf. Les personnages sont nombreux, les propos difficiles et les défis techniques importants. Le metteur en scène et directeur artistique Gabriel Meagher-Gaudet a une formation en théâtre musical de la Randolph Academy for the Performing Arts de Toronto, ce qui paraît sur scène. Ces expériences multiples sur la scène lui ont procuré une expérience de jeu et de chant évidente et une place de prédilection pour observer le travail de mise en scène. Le travail pour Rent demeure incomplet, mais la passion et la rigueur sauront le mener là où il le veut.

La recherche pour les costumes témoigne du travail colossal des artistes. Photo: Maurice Dussault
La recherche pour les costumes témoigne du travail colossal des artistes. Photo: Maurice Dussault

Ce sont dix-huit comédiens-chanteurs qui occupent la scène, en plus des musiciens. C’est d’ailleurs une grande force de la production. Sous la direction de Frédéric Rivest, les musiciens augmentent la qualité du son en amenant la musique en direct. Malgré le fait qu’ils soient un peu cachés, leur présence appuie l’univers de la rue dans lequel les comédiens évoluent. Le décor sur échafauds métalliques contribue également à consolider l’esthétique dépravée des années 90. La recherche des costumes est impressionnante, une fois de plus, la passion est au cœur de ce spectacle.

Bien que les écarts de jeu et de chant soient remarquables, l’ensemble du spectacle est bien rendu. Le chanteur-danseur Charles C. Simoneau revendique un rôle de travesti atteint du sida. Le jeu est ici surprenant et juste. L’évolution du personnage est réussie, la caricature est évitée. Simoneau, qui a participé à quelques comédies musicales dans le passé, signe les chorégraphies pour cette production, assisté de Gabriel Meagher-Gaudet.

Toutes ces personnes qui se sont mobilisées pour le plaisir du jeu, du chant et de la danse, c’est très impressionnant.

La brochette d’artiste est belle, la technique est correcte. Aucun désastre, mais encore beaucoup à apprendre. Une initiative qui vaut la peine d’être soulignée. Toutes ces personnes qui se sont mobilisées pour le plaisir du jeu, du chant et de la danse, c’est très impressionnant. Les amateurs de comédies musicales de la région ont désormais une autre troupe amateur, avec la vigueur de la jeunesse et une détermination de guerrier, pour les servir.

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