Un peu de cinéma : The Criterion Channel

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À l’ère des plateformes numériques telles que Netflix, Prime Tv, Crave Tv et bientôt Disney+, les cinéphiles de ce monde peuvent désormais contenter facilement leur envie cinématographique en s’abonnant à l’une de ses chaînes. Cependant, la majorité de ces plateformes offrent, selon moi, le même type de contenu, soit une majorité de superproductions américaines et quelques films indépendants et internationaux. Il existe un vide en ce qui a trait au cinéma d’auteur et aux classiques du septième art. Par conséquent, dans cette première chronique de la saison, il sera question de The Criterion Channel.

Qu’est-ce que The Criterion Channel?

The Criterion Collection est une compagnie américaine qui se spécialise dans la distribution de films classiques et contemporains. Les produits Criterion sont en fait des éditions de collections de nombreux films indépendants et d’auteurs importants. Bien que remarquables et contenant de nombreuses heures de documentaires, ces éditions coûtent excessivement cher au Canada. En ce sens, The Criterion Channel est une alternative intéressante, puisqu’un abonnement mensuel coûte environ 13 dollars canadiens.

Il s’agit d’une excellente manière de découvrir le cinéma, mais aussi de s’initier au cinéma de répertoire.

Une grande variété de contenu

La plateforme The Criterion Channel propose de nombreux films et courts-métrages, soit plus de 1800 titres datant des années 1920 à nos jours. Afin de garder une offre intéressante, certains films demeurent en permanence sur la plateforme, tels que les films de Ingmar Bergman, Andreï Tarkovski, Krzysztof Kieslowski, Federico Fellini, Carl Dreyer, Agnès Varda, Pier Paolo Pasolini et Akira Kurosawa, pour ne nommer que ceux-ci. L’offre cinématographique ne demeure pas statique. De nouveaux titres sont ajoutés mensuellement et d’autres sont malheureusement retirés. Il s’agit d’une excellente manière de découvrir le cinéma, mais aussi de s’initier au cinéma de répertoire, souvent jugé aride, lent, difficile d’approche et généralement introuvable. Tous les styles et les courants cinématographiques sont présents, que l’on pense à l’expressionnisme allemand des années 1920, le néoréalisme italien et à la nouvelle vague française des années 1960.

Bien que l’offre soit très intéressante, il n’en demeure pas moins que plus de la moitié de la programmation soit en fait des films dramatiques avec près de 950 titres. On y retrouve aussi 220 documentaires, 330 comédies et 101 films d’action. En ce qui a trait au cinéma d’horreur et de science-fiction, l’offre demeure très limitée, puisque l’on ne retrouve que 56 films dans la catégorie horreur et 26 films dans la catégorie science-fiction. Ce phénomène s’explique par le fait que durant de nombreuses décennies, le cinéma d’horreur et de science-fiction n’était pas un genre prisé par les différents réalisateurs de cinéma d’auteur.

Une manière intéressante de découvrir le cinéma

The Criterion Channel propose différentes manières de découvrir le cinéma. À l’aide de l’onglet «recherche» (contrairement à Netflix et autres plateformes), les abonné.es sont en mesure d’effectuer des recherches par réalisateurs.trices, par genres et par décennies. Il est notamment possible d’effectuer une recherche parmi 54 pays. L’offre cinématographique se veut diversifiée par les genres, mais aussi par la présence de différentes cultures et origines. La plateforme permet une ouverture sur le monde cinématographique et sur les différentes cultures qui nous les proposent. 

Pour avoir visionné de nombreux films des années 1960 et 1970, il est intéressant de constater les différences de genre, de ton et de style, que nous offre d’une part, la cinématographie européenne et d’autre part, le cinéma asiatique à la même époque.

Il est intéressant de constater les différences de genre, de ton et de style, que nous offre d’une part, la cinématographie européenne et d’autre part, le cinéma asiatique.

De plus, il y a la formule des présentations doubles, où deux films sont présentés selon des thématiques similaires.  Afin de promouvoir la découverte de cinéastes émergent.e.s, de nombreux films peuvent être visionnés en programme double avec un court-métrage. En outre, toutes les deux semaines, un réalisateur.trice parmi le catalogue est mis de l’avant et on y propose ses longs métrages ainsi que des documentaires, des entrevues et des analyses afin de découvrir ses œuvres. Depuis sa mise en ligne au mois d’avril 2019, les œuvres de David Lynch, d’Agnès Varda, de Werner Herzog et de Rainer Werner Fassbinder font partie de ceux mis de l’avant.

La plateforme propose aussi de découvrir le cinéma de genre. Il est possible de consulter des dossiers de cinéastes féminins, tels que Agnès Varda et Rebecca Miller. De nombreuses entrevues de réalisatrices sont disponibles et les témoignages de celles-ci permettent de comprendre l’émergence de la place de la femme au sein du cinéma, qui reste encore très masculin.

Du contenu canadien et québécois sur The Criterion Channel?

La présence de contenu canadien et québécois sur la plateforme Criterion n’est pas très impressionnante, cependant, on y retrouve des longs métrages tels que J’ai tué ma mère (2009) de Xavier Dolan, Emporte-moi (1999) de Léa Pool et The Brood de David Cronenberg. De plus, des courts métrages québécois sont disponibles tels que Next-Floor (2008) de Denis Villeneuve ainsi que Fauve (2018) de Jérémy Comte.

Suggestions de la semaine sur The Criterion Channel :

  1. Persona (1966) Ingmar Bergman
  2. The Mirror (1974) Andreï Tarkovsky
  3. Fauve (2018) Jérémy Comte -Court-métrage
  4. La double vie de Véronique (1991) Krzysztof Kieslowski
  5. The Burden (2017) Niki Lindroth von Bahr -Court-métrage

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