Vaches en Cavale, une œuvre brute

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Photo de couverture : Page Facebook du Collectif le Clandestin

Le lundi 17 avril et le mardi 18 avril, le collectif Le Clandestin présentait sa pièce Vaches en Cavale. Dès 19h30, les portes de la salle Rodolphe-Mathieu se sont ouvertes. Les neuf artistes et étudiantes en interprétation théâtrale ainsi que leur professeure et metteuse en scène, Véronique Basile Hébert, présentaient le fruit de leur travail pour le cours de production théâtrale. Cette œuvre était un mélange de plusieurs textes de grand.e.s auteur.e.s féministes ainsi que de Chloé Péloquin, également actrice dans la pièce. C’était une pièce intense et forte en émotions qui visait à éduquer et sensibiliser sur des enjeux qui touchent toutes les femmes. Sans être trop radicale, cette pièce percutante offrait un sentiment d’union ainsi que des pistes de réflexion plus que pertinentes.

Suite à la performance surprise au Bistro la Chasse-galerie le 8 mars dernier, le collectif Le Clandestin a présenté sa pièce les Vaches en Cavale 17 et 18 avril dernier. Celui-ci a performé à la salle Rodolphe-Mathieu, c’est-à-dire au local 2063 du pavillon Michel-Sarrazin. Il s’agissait d’une production du département de lettres et communication sociale, plus spécifiquement par les étudiant.e.s du certificat en interprétation théâtrale. Le tout était sous la supervision artistique de Véronique Basile Hébert. Elle était également la metteuse en scène.

Photo de la pièce Vaches en cavale. Crédits: Page Facebook du Collectif le Clandestin

Ce spectacle était présenté dans le cadre du cours de production théâtrale. Les artistes étaient Chloé Péloquin, Coralie Roy, Laurie-Anne Serafini, Noémie-Jade Fisher-Choinière, Émy Durocher, Félissa Dolan Jutras, Angélique Desroches, Carolane Clermont de Foy ainsi que Lou Ouellette-Huet et Francis Vallée (techniciens). Avant la présentation, une petite table était également aménagée afin de présenter l’acteur et les actrices ainsi que certaines de leurs œuvres autres.

L’œuvre

Petite table avant de rentrer dans la salle. On y présentait des oeuvres des artistes de la pièce. Crédit : journaliste

Le spectacle était en fait « un montage dramaturgique de textes féministes » divisé en 17 tableaux. Les auteurs sélectionnés étaient Jovette Marchessault, Nelly Arcand, Rebecca Deraspe, Eve Ensler, Philippe Van Der Schrieck, Edmond Rostand, Marjolaine Beauchamp et Denise Boucher. Nous avons pu également connaître la plume de Chloé Péloquin, étudiante du programme et actrice dans la pièce. En effet, quatre des tableaux étaient des textes d’elle.

Chloé Péloquin. Crédit : Page Facebook du collectif Le Clandestin

L’essence de la pièce était d’éduquer sur les différents enjeux féministes. Les textes sélectionnés racontaient divers enjeux qui touchent inévitablement les femmes. Par exemple, la pilosité, la maternité, la rivalité ou la jalousie entre femmes, le corps, les violences à caractère sexuelles, le viol, l’âge, le sexisme, etc.

Critique

La principale critique négative, qui n’en ai pas véritablement une, serait que les spectateurs se devaient d’avoir un minimum de culture féministe. Celle-ci offrait des repères et permettait de mieux contextualiser certaines scènes. Toutefois, le spectacle restait tout de même accessible pour tous les auditoires.

Sinon, l’oeuvre en soi était un mélange de beaucoup de textures. Elle regorgeait de musique, de bruits, de chants, de projections, de danses, d’humour, de mouvements et de rythmes différents. C’était des scènes qui s’enchaînaient offrant une compréhension spontanée et propre à chacun. On y présentait beaucoup d’idées décousues qui se fusionnaient entre elles, pour n’en donner qu’une : une vie, une vie de femme.

La salle juste avant la pièce. Crédit : journaliste

L’idéologie derrière ladite pièce n’était pas non plus d’un féminisme radical. Certes, on y décriait l’oppression du patriarcat sur les femmes au cours de l’histoire, mais sans tomber dans l’extrême ou en prônant une vie dépourvue de toute compagnie masculine.

Assurément que cette pièce est une brute, un tyran. Elle arrive, nous prend de force, nous percute, nous désabuse et nous éduque. Les actrices, les vaches, étaient animales. Gracieuses et en contrôle, elles semblaient toujours être sur le bord d’un précipice ; sauter et vivre sa vie de femme ou rester en retrait prisonnière de son genre ?

Cette pièce était rustre, car elle déshabillait, brutalement, la condition féminine, qui elle, est fragile et vulnérable. On nous présentait des femmes, des personnages, issues de partout et de nulle part ; des femmes ordinaires, des femmes extraordinaires, des femmes jeunes, des femmes vieilles, des femmes ignorantes, des femmes éduquées, enfin, des femmes différentes et intemporelles aux prises avec les mêmes ennuis. Cette pièce illustre des enjeux que ma mère a vécus, que moi, je vis et que ma petite sœur vivra. Elle nous offrait un sentiment d’unité et de force collective et individuelle.

Photo de couverture : crédits : Page Facebook du Collectif Le Clandestin.

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