Vernissage à la Galerie R3: Pipi. Caca. Poil.

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La femme objet de désir est à l’honneur dans cette exposition qui se veut choquante et dérangeante. Photo: Marie-Christine Perras
La femme objet de désir est à l’honneur dans cette exposition qui se veut choquante et dérangeante. Photo: Marie-Christine Perras

Une poignée d’étudiants du Département des arts a accueilli le public dans la Galerie r3 de l’UQTR afin de marquer l’aboutissement de leur travail qui a duré toute la session. C’est donc le jeudi 4 décembre dernier que le coup d’envoi de l’exposition S’exposition et perceptions fût lancé par les cinq étudiants lors d’un vernissage quelque peu différent de la formule traditionnelle.

Cette exposition collective, dont aucune œuvre n’est signée personnellement, est le fruit d’un consensus et d’un laborieux travail d’équipe. Dans le cadre du cours Projet synthèse interdisciplinaire, les étudiants de divers horizons artistiques doivent présenter au grand public un évènement artistique. Chapeautée par la professeure Marie-Josée Plouffe, la cuvée automne 2014 s’en est donné à cœur joie dans le phallus et l’image de la femme comme objet de désir.

«Les étudiants proviennent de différentes disciplines, de différents programmes, donc ils n’ont pas l’habitude d’utiliser le même vocabulaire artistique. On a axé beaucoup beaucoup sur le processus de création», souligne la professeure. Inspirée du modèle de Kolb, elle les a guidés suivant les principes d’expérience, d’explicitation et d’expérimentation.

L’exposition est destinée aux 18 ans et plus, en raison de son contenu explicite. Loin de choquer, c’est plutôt une exposition coquine. C’est qu’il est difficile d’ébranler la morale en 2014. Entre sexualité, pénis démesuré en verre et corps féminin idéalisé, l’exposition propose un mélange de médiums et de pièces. Au centre de la galerie, au cœur de l’exposition, se trouvent trois pots Mason qui contiennent respectivement du pipi, du caca et du poil, certifiés réels et authentiques. Cela donne le ton à ce qui est présenté tout autour, du moins, l’intention du message envoyé.

Entre sexualité, pénis démesuré en verre et corps féminin idéalisé, l’exposition propose un mélange de médiums et de pièces.

«Au départ, ç’a commencé par une satire de vernissage. On a fait un prototype qui était super le fun, puis d’œuvre en œuvre on s’est rendu compte qu’on avait des thèmes provocateurs, plus sexuels. On s’est dit on laisse faire la satire et pis on s’en va vraiment vers l’hypersexualisation. On s’est enligné vers ça et on s’est arrangé pour avoir du dérangeant», affirme Sylvain Robert, étudiant au certificat en nouveaux médias et au certificat en interprétation théâtrale. L’ébauche d’anti-vernissage a laissé son empreinte à la boîte aux commentaires, qui s’avère être une déchiqueteuse à papier camouflée et par le choix des rafraîchissements: les spectateurs étaient en effet accueillis avec de la boisson forte plutôt que le traditionnel vin d’honneur.

L’hybridation, le numérique et l’installation sont des forces dans cette production interdisciplinaire. Photo: Marie-Christine Perras
L’hybridation, le numérique et l’installation sont des forces dans cette production interdisciplinaire. Photo: Marie-Christine Perras

L’hypersexualisation est présente notamment par les silhouettes de femmes numérisées et projetées. L’une d’entre elles est projetée sur un très grand pan de mur. L’image est saturée de rouge, mais l’on devine facilement la petite culotte de la femme très mince et hautement sensuelle. Aussi, par la représentation d’un énorme pénis de bois suspendu qui fait face à un gong. Le spectateur peut saisir la trique et l’envoyer se heurter contre la cible métallique. Loin de dénoncer cette hypersexualisation et la facilité déplorable de l’accès à la sexualité explicite dans les nouveaux médias, c’est plutôt le jeune homme en admiration devant son phallus qui se ressent. Rien de véritablement choquant, mais la naissance d’une réflexion autour de ce sexe un peu trop exploité et parfois de façon facile et gratuite.

Les cinq artistes ont visiblement été inspirés par le mouvement Dada, mais se sont laissé entraîner dans le cabotin, mais un cabotin fort assumé.

Une des pièces fortes est une installation composée de ceintures modelées suspendues dans un mouvement fort dynamique et très réussi. Les ceintures représentent des spermatozoïdes qui se dirigent vers une culotte féminine.

Les cinq artistes ont visiblement été inspirés par le mouvement Dada, mais se sont laissé entraîner dans le cabotin, mais un cabotin fort assumé. La dimension participative, les installations, l’exploitation de l’image numérique et du son ainsi que l’hybridation viennent tout à fait s’inscrire dans l’art contemporain. C’est d’ailleurs la grande force de l’exposition, celle de venir s’inscrire à l’aube de 2015 avec des médiums d’aujourd’hui et en exploitant un thème qui n’a jamais été autant sur la place publique.

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