Vernissage d’une exposition poignante : Manawan 1977

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Mercredi le 3 avril à 16h, une soixantaine de personnes se sont réunies pour assister au vernissage de l’exposition Manawan 1977. C’est à la Galerie R3 de l’UQTR qu’étaient présentées les 25 photographies grand format capturées par Glauco Bermudez. Deux jours avant la sortie officielle en salle du film Soleils Atikamekw, le vernissage était l’occasion de dévoiler ces images prises à Manawan au début du processus de création du film. La cinéaste Chloé Leriche de même que l’acteur Jacques Newashish étaient présents pour présenter cette série photographique.

Jacques Newashish, acteur et artiste, aîné atikamekw en résidence à l’UQTR. Crédits : Journaliste.

Un drame en image

À l’instar du film Soleils Atikamekw, l’exposition prend sa source dans la tragédie survenue entre Saint-Michel-des-Saints et Manawan il y a 47 ans. Alors qu’une voiture transportait sept passagers, elle a quitté la route et est tombée dans une rivière. Cinq autochtones de la communauté Atikamekw ont péri noyés tandis que les deux autres, des Blancs, ont survécu. La lumière n’a jamais vraiment été faite sur ce drame. Il a vite été classé par les autorités comme un banal accident.

Comme l’a mentionné Stéphanie Lemay, responsable de la Galerie R3, l’exposition s’inscrit dans une volonté de « connaître et reconnaître les conséquences actuelles et passées de la colonisation ». Beaucoup de familles autochtones ayant participé au projet étaient présentes pour le dévoilement de ces clichés. Certains ont d’ailleurs pu découvrir leur visage, capturés quatre années auparavant. Trois personnes sont même reparties avec un exemplaire grand format de leur portrait.

Certaines photographies de l’exposition Manawan 1977. Crédits : Journaliste.

Une exposition qui rend hommage

Des enfants, des femmes, des hommes, jeunes et moins jeunes… mais avant tout, des visages. Des visages empreints d’une émotion toute particulière et des regards qui en disent long. Les sentiments qui ressortent de ceux-ci ne peuvent laisser personne indifférent. D’ailleurs, dans la salle de la galerie R3, les portraits captivent les spectateurs. Ils sont en réalité le souvenir d’un drame dont la vérité n’est toujours pas connue.

On nous explique que ces clichés sont une sélection restreinte d’un ensemble de 500 images qui ont été capturées sur trois ans. Celles-ci l’ont été grâce à un appareil photo analogique, laissant apparaître sur les portraits les encoches des négatifs. Mais l’unicité de ces images réside dans une technique utilisée avant impression : le jet de pigments de peinture. Ces grains de couleurs ont été lancés sur la pellicule totalement au hasard. C’est d’ailleurs cela qui donne ce résultat si particulier : les portraits sont pigmentés de manière unique.  

Photographie où l’on aperçoit les encoches des négatifs et les couleurs des pigments. Crédits : Journaliste.

Soleils Atikamekw

Devant à l’origine durer 3 semaines, l’exposition Manawan 1977 se veut être un préambule à la sortie du film Soleils Atikamekw. La COVID ayant causé beaucoup de retard, l’exposition ne durera finalement que 4 jours à la Galerie R3. Elle se baladera ensuite dans d’autres lieux, avant d’être soit achetée par un organisme de Manawan, soit retournée aux familles.

Chloé Leriche, la réalisatrice du film, était présente au vernissage. Elle a donc pu nous faire part de l’importance de ces images dans le processus créatif de Soleils Atikamekw. Elle énonce que « les photos ont servi à créer le langage cinématographique du film », d’où l’importance de les exposer. Le film sort en salle le 5 avril. Il est possible d’aller le visionner au cinéma Le Tapis Rouge à Trois-Rivières.

Affiche du film Soleils Atikamekw à l’exposition Manawan 1977. Crédits : Journaliste.

L’exposition Manawan 1977 se terminera le 8 avril. Ce jour-là, à partir de 12h15, un midi discussion est organisé avec la cinéaste Chloé Leriche. Merci à toute l’équipe pour cette belle exposition !

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