Visages de la recherche: Anne-Sophie Allain, les souris et le cerveau

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Anne-Sophie Allain
Anne-Sophie Allain, étudiante à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire, obtiendra son diplôme au cours de la session d’hiver 2021. Crédit: Gracieuseté


Anne-Sophie Allain, étudiante à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire, complète actuellement sa deuxième année au deuxième cycle. L’enthousiasme de la jeune Nord-Côtière est évident lorsque celle-ci parle de ses recherches et de ses amies, les souris.

Née à Sept-Îles, Anne-Sophie a complété l’ensemble de son parcours collégial jusqu’au cégep dans sa ville natale. Après avoir étudié en sciences de la nature, elle décide de s’installer à Trois-Rivières pour faire le baccalauréat en biologie médicale. Ayant un frère qui faisait de la recherche dans la ville de Québec, l’étudiante a développé durant ses années au premier cycle une curiosité ainsi qu’un intérêt marqué envers cet univers; c’est ainsi qu’elle choisit de continuer à la maîtrise afin d’expérimenter plus en profondeur avec les manipulations en laboratoire.

Débrouillardise et patience

Un stage réalisé avec le professeur Michel Cyr à la fin de son baccalauréat lui confirme son désir d’évoluer au deuxième cycle auprès de lui. Dirigée par ce dernier, elle se retrouve seule dans le laboratoire pour effectuer ses manipulations. En effet, en raison de la pandémie, les laboratoires sont fermés de mars à juin; les quelques chanceux et chanceuses qui peuvent y mettre les pieds doivent le faire en suivant d’importantes restrictions. C’est notamment pour cette raison qu’Anne-Sophie est la seule étudiante de sa cohorte qui graduera à la session d’hiver 2021, les autres étudiantEs ayant été retardéEs par la pandémie de façon majeure.

« Le cerveau, c’est très compliqué. »

N’ayant d’autres choix que de se débrouiller par elle-même pour apprendre les diverses techniques liées à ses recherches, Anne-Sophie est allée chercher de l’aide auprès d’ancienNEs étudiantEs pour mener à terme son projet, en plus d’utiliser la traditionnelle méthode d’essais et d’erreurs. Anne-Sophie précise que les manipulations en laboratoire requièrent une très grande patience; l’étudiante a dû faire des essais pendant six mois avant d’obtenir des résultats concluants.

Les souris et le modèle de la maladie de Parkinson

Pour faire ses manipulations, Anne-Sophie avait besoin d’un petit rongeur bien important: la souris. En raison de la pandémie, l’étudiante a dû patienter plus longuement qu’à l’habitude pour recevoir sa cargaison de souris. Malgré tout, elle s’estime « chanceuse » d’avoir pu apprendre de façon indépendante et d’avoir réussi à terminer ses manipulations dans les délais prévus.

Les découvertes faites lors de ses recherches pourraient potentiellement être des cibles pour les maladies motrices comme la maladie de Parkinson.

Avec son projet de recherche, qui est axé sur le côté moléculaire de l’apprentissage et la mémorisation motrice, Anne-Sophie a tenté de comprendre quels sont les phénomènes moléculaires qui se passent dans le cerveau et qui permettent aux individus d’apprendre des gestes moteurs. Pour ce faire, Anne-Sophie injectait des molécules pharmacologiques aux souris pour empêcher certaines protéines dans le cerveau de fonctionner. Par la suite, elle observait ce qui se passait dans leur apprentissage via divers tests qui n’étaient pas sans rappeler la série de films Mission Impossible. L’étudiante souligne qu’elle a été surprise de voir à quel point il pouvait être amusant de travailler avec les souris. Cette dernière avance que son travail auprès de ces petits rongeurs consistait principalement à leur apprendre des trucs afin d’observer leurs réactions.

Une découverte importante

Anne-Sophie a découvert que l’une des deux molécules pharmacologiques qui a été injectée aux souris, la PF4708671, aurait un impact important à l’intérieur d’une même séance d’entraînement. Ce serait, somme toute, une découverte assez importante, car cette molécule serait une nouvelle molécule pharmacologique.

La molécule PF4708671, lorsqu’injectée aux souris, empêcherait l’action de la protéine P70.  Selon l’étudiante, « la protéine P70 serait à la base d’un apprentissage moteur. Ceci nous permettrait, à long terme, de cibler cette protéine pour des traitements de pathologie du mouvement tel le Parkinson. »

« On ne peut pas demander aux patients de nous donner leur cerveau donc en ce moment on utilise les souris. »

La jeune femme avoue qu’elle a toujours été intéressée par le cerveau et son fonctionnement. Plus jeune, c’est en pratiquant la danse qu’elle commence à se questionner sur les façons dont le cerveau apprend au cours de la nuit, d’un entraînement à l’autre.

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Anne-Sophie avoue avoir être surprise du plaisir qu’elle a ressenti en travaillant avec les souris. Crédit: Unsplash

Curieuse de nature et déterminée, Anne-Sophie est une passionnée du laboratoire et de l’entraide. Que ce soit avec des stagiaires ou avec d’autres étudiantEs, Anne-Sophie se voit bien, dans un futur proche, devenir une personne ressource à l’intérieur d’un laboratoire afin de partager ses connaissances avec autrui. Bien qu’elle n’ait pas encore décroché son diplôme du deuxième cycle, l’étudiante a déjà réussi à se trouver un emploi au CHUL de Québec dans un laboratoire de neurologie. À travers son implication universitaire au sein de son programme et au sein de l’AGE par les années passées, Anne-Sophie se démarque certainement par sa rigueur académique, mais aussi par sa volonté extraordinaire d’aider ceux et celles qu’elle côtoie.

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