Visages de la recherche: Claire Letanneur et la Melampsora larici-populina

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Claire Letanneur
Claire Letanneur est candidate au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire. Crédit: Gracieuseté

Originaire de Toulouse en France, Claire Letanneur en est à sa dernière année d’étude au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire. Dans le cadre de sa thèse doctorale, Claire étudie certaines protéines produites par la Melampsora larici-populina, un champignon qui attaque les peupliers et les mélèzes.

Après avoir complété un DUT (Diplôme universitaire de technologie) axé sur l’industrie agroalimentaire et biologique en France, l’étudiante s’installe au Québec pour commencer un baccalauréat en biochimie et biotechnologie à l’UQTR. Devenant quelque temps après l’assistante de recherche du professeur Hugo Germain, Claire découvre en travaillant dans le laboratoire de ce dernier l’univers de la biologie. Et pour elle, cette découverte fût tout sauf anodine.

Un champignon, des protéines et des arbres

C’est son expérience au sein du laboratoire du Dr. Germain, qui est aujourd’hui devenu son directeur de thèse, qui lui a permis de faire un passage direct au doctorat. Son expérience d’assistante de recherche lui ayant fait découvert une passion pour la biologie, Claire a décidé de poursuivre dans ce domaine auprès du Dr. Germain et du Dr. Duplessis. Espérant défendre sa thèse au cours du mois de juillet 2022, l’étudiante s’avoue choyée d’avoir pu bénéficier d’autant de liberté dans la mise en place de sa recherche.

« J’ai eu la liberté de pouvoir vivre ma recherche comme je le voulais. »

Ainsi, l’étudiante s’est rapidement intéressée au champignon Melampsora larici-populina. Ce champignon, nous explique-t-elle, affectent certains arbres, soit le peuplier et le mélèze, en produisant des protéines qui permettent le développement de la maladie au sein de l’organisme végétal. La Melampsora larici-populina n’infiltre pas l’organisme; il reste plutôt en surface de la feuille et vient y injecter des protéines qui, elles, viennent propager l’infection. Ces protéines, qui sont appelées des effecteurs candidats, doivent être caractérisées afin d’être comprises. Or, « le défi, c’est qu’il y en a 1800 » dit Claire. Pour cette raison, Claire a décidé de se concentrer sur 9 d’entre elles en s’appuyant sur des critères bien particuliers.

Un champignon et son impact

Comme l’être humain, continue-t-elle, le champignon doit s’adapter pour survivre. S’il n’est pas assez performant pour infecter ces arbres, il s’éteindra. C’est pour cette raison qu’il doit être suffisamment agressif et utiliser de stratégies qui impliquent certaines protéines qui sont essentielles à sa survie. Dans ses recherches, Claire en a isolé quelques-unes pour comprendre leur rôle ainsi que l’importance qu’elles ont par rapport au champignon étudié.

Considérant que le bois de peuplier et de mélèze est un bois très utilisé, et ce, au sein de divers domaines, il est impératif de trouver des façons d’empêcher le champignon d’attaquer ces végétaux. Ce problème de Melampsora larici-populina toucherait autant l’Amérique du Nord que l’Europe. De plus, il ne faut pas penser que ce champignon est le seul fauteur de troubles; il a une quantité impressionnantes de cousins qui utiliseraient les mêmes stratégies pour attaquer des plantes comme le blé, le maïs et le soja. Ainsi, connaître la stratégie du Melampsora larici-populina pourrait aider à connaître les façons de faire de ces autres pathogènes.

Claire et la communication scientifique

Claire Letanneur
L’étudiante Claire Letanneur lors du concours de Ma thèse en 180 secondes. Crédit: Neo UQTR

Ayant remporté en 2019 le premier prix du cours Ma thèse en 180 secondes, l’étudiante n’est pas étrangère à la pratique de la vulgarisation scientifique. Étant également impliquée auprès au sein des groupes de vulgarisation de CapScience et de l’Experimentarium UQTR, Claire a d’ailleurs remporté l’an dernier le prix de l’engagement étudiant de l’UQTR.

Affiliée au Centre SÈVE qui est centré sur la recherche en sciences du végétal, l’étudiante avance être très stimulée par le milieu de la recherche. Pour elle, c’est très stimulant de savoir que sa recherche aide, de façon très concrète, l’avancement des connaissances. En effet, il y a déjà deux étudiantEs qui ont repris une partie des données qu’elle a recueillies pour sa thèse pour effectuer leur propre recherche.

« c’est extrêmement excitant de se dire qu’il n’y a que moi qui ait ces données-là »

Réfléchissant à la possibilité d’effectuer un post-doctorat, Claire ignore pour l’instant où l’avenir la mènera. Toutefois, ses impressionnantes habiletés, autant au niveau de la vulgarisation scientifique que des relations sociales, lui permettront de se tailler une place de choix pour la suite des choses. Curieuse, allumée et humaine, l’étudiante de l’UQTR trace déjà sa voie au sein du domaine de la biologie cellulaire et moléculaire.

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